LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2106253

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2106253

vendredi 13 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2106253
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantADJA OKE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 septembre 2021, Mme B A, représentée par Me Adja Oke, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° A2021-53 du 19 mars 2021 par lequel le préfet de la Savoie a rejeté sa demande d'agrément en qualité d'agent de sécurité aéroportuaire ;

2°) d'annuler la décision n° 2020/00199-D1612 du 11 août 2020 par laquelle le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Chambéry a rejeté sa demande d'agrément en qualité d'agent de sécurité aéroportuaire ainsi que la décision du 7 décembre 2020 ayant rejeté son recours hiérarchique ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Savoie et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Chambéry de lui délivrer l'agrément sollicité dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'arrêté préfectoral du 19 mars 2021 a été signé par une autorité incompétente ;

- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;

- elle n'a pas été informée au préalable qu'elle était susceptible de faire l'objet d'une enquête administrative ;

- il appartient au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Chambéry et au préfet de la Savoie de démontrer que l'enquête administrative a été réalisée par un agent de police ou de gendarmerie spécialement habilité à cette fin ;

- les décisions attaquées reposent sur des erreurs de fait en indiquant qu'elle était l'autrice de violences ;

- la matérialité de ces faits de violence n'est pas établie en l'absence d'une décision revêtue de l'autorité de la chose jugée ;

- l'arrêté du 19 mars 2021 est dépourvu de base légale ;

- les faits qui ont fait l'objet de décisions de classement sans suite ne pouvaient, sans méconnaitre les dispositions de l'article 230-8 du code de procédure pénale, être pris en compte dans le cadre d'une enquête administrative ;

- le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Chambéry et le préfet de la Savoie ont commis une erreur d'appréciation en estimant que son comportement ne présentait pas les garanties requises à l'exercice de la profession d'agent de sécurité aéroportuaire.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 octobre 2022, le préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 11 août 2020 sont tardives et que les moyens ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Chambéry et au procureur général près la cour d'appel de Chambéry qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code des transports ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lefebvre, rapporteur,

- les conclusions de Mme Bourion, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société d'exploitation de l'aéroport Chambéry-Aix-les-Bains a, pour le compte de la société de surveillance Seris airport, demandé au préfet de la Savoie et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Chambéry de délivrer un agrément en qualité d'agent de sécurité aéroportuaire à Mme B A. Par une décision du 11 août 2020, notifiée le 28 septembre 2020, le procureur de la République a refusé l'agrément sollicité. Par une décision du 7 décembre 2020, la procureure générale près la cour d'appel de Chambéry, saisie du recours hiérarchique de Mme A, a confirmé la décision de refus du 11 août 2020. Par un arrêté du 19 mars 2021, le préfet de la Savoie a également refusé de délivrer à Mme A l'agrément sollicité. Mme A demande l'annulation de ces trois décisions.

Sur la recevabilité de la requête :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". L'article R. 421-5 du même code prévoit : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

3. Aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai () ". Aux termes de l'article L. 112-3 du même code : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception () ". Aux termes de l'article R. 112-5 de ce code : " L'accusé de réception prévu par l'article L. 112-3 comporte les mentions suivantes : / 1° La date de réception de la demande et la date à laquelle, à défaut d'une décision expresse, celle-ci sera réputée acceptée ou rejetée () / Il indique si la demande est susceptible de donner lieu à une décision implicite de rejet ou à une décision implicite d'acceptation. Dans le premier cas, l'accusé de réception mentionne les délais et les voies de recours à l'encontre de la décision. () ".

4. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières, dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

5. La présentation, dans le délai imparti pour introduire un recours contentieux contre une décision administrative, d'un recours administratif, gracieux ou hiérarchique, contre cette décision a pour effet d'interrompre ce délai. Il en va notamment ainsi lorsque, faute de respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, le délai dont dispose le destinataire de la décision pour exercer le recours juridictionnel est le délai découlant de la règle énoncée au point 3. Lorsque le recours administratif fait l'objet d'une décision explicite de rejet, un nouveau délai de recours commence à courir à compter de la date de notification de cette décision. Si la notification de la décision de rejet du recours administratif n'est pas elle-même assortie d'une information sur les voies et délais de recours, l'intéressé dispose de nouveau, à compter de cette notification, du délai découlant de la règle énoncée au point 4 pour saisir le juge. En cas de silence gardé par l'administration sur le recours administratif, le délai de recours contentieux de droit commun contre la décision administrative contestée recommence à courir dès la naissance d'une décision implicite de rejet du recours administratif lorsque l'autorité administrative a accusé réception de ce dernier recours et que l'accusé de réception comporte les indications prévues à l'article R. 112-5 du code des relations entre le public et l'administration. A défaut, l'intéressé dispose, pour introduire son recours contentieux contre la décision administrative qu'il conteste, à compter du jour où il a eu connaissance de la décision implicite de rejet de son recours administratif, du délai raisonnable découlant de la règle énoncée au point 4.

6. En l'espèce, si la décision du 11 août 2020, dont Mme A indique qu'elle ne lui a été notifiée que le 28 septembre 2020, comportait la mention des voies et délais de recours imposée par les dispositions précitées, Mme A a formé dès le 16 octobre 2020, dans le délai prévu par l'article R. 421-1 du code de justice administrative, un recours hiérarchique à l'encontre de cette décision. Dès lors que la décision expresse, en date du 7 décembre 2020, ayant rejeté son recours hiérarchique ne comportait pas les mentions requises par l'article R. 421-5 du code de justice administrative, le préfet de la Savoie, qui ne fait état d'aucune circonstances particulières, n'est pas fondé à opposer la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation des décisions du 11 août et 7 décembre 2020, présentées dans la requête enregistrée le 17 septembre 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

7. Pour rejeter la demande d'agrément présentée pour Mme A, le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Chambéry et le préfet de la Savoie ont retenu l'existence de faits de violence volontaire commis par la requérante, ayant donné lieu à des rappels à la loi le 8 septembre 2008, le 5 février 2010 et le 29 mars 2010.

8. L'existence et la teneur exacte de ces faits, contestés par Mme A et qui ne sont pas mentionnés sur l'extrait n°3 de son casier judiciaire qu'elle produit et qui est le seul relevé auquel les dispositions du code de procédure pénale lui permettent d'avoir accès, ne ressortent toutefois pas des pièces du dossier, en l'absence de production par les défendeurs d'éléments procéduraux, tels qu'une main courante ou un procès-verbal d'enquête ou d'audition.

9. Dans ces conditions, Mme A est fondée à soutenir que la matérialité des faits qui lui sont reprochés n'est pas établie et, par suite, qu'ils ne pouvaient justifier légalement les décisions de refus en litige.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. L'annulation de la décision du 11 août 2020 et de l'arrêté du 19 mars 2021, n'implique pas nécessairement, compte tenu du motif d'annulation retenu aux points 7 à 9, qu'il soit enjoint au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Chambéry et au préfet de la Savoie de délivrer à Mme A l'agrément sollicité. Il y a seulement lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre à ces autorités de réexaminer la demande de l'intéressée, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

11. Mme A ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Adja Oke, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat, le versement à Me Adja Oke de la somme de 1 200 euros.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 11 août 2020 du procureur de la République près le tribunal judiciaire de Chambéry, la décision du 7 décembre 2020 de la procureure générale près la cour d'appel de Chambéry et l'arrêté du 19 mars 2021 du préfet de la Savoie sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Chambéry et au préfet de la Savoie de réexaminer la demande d'agrément de Mme A dans un délai d'un moins à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me Adja Oke une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Adja Oke renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Chambéry, à la procureure générale près la cour d'appel de Chambéry, au préfet de la Savoie et à Me Adja Oke.

Délibéré après l'audience du 8 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. L'Hôte, président,

M. Lefebvre, premier conseiller,

M. Ruocco-Nardo, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.

Le rapporteur,

G. LEFEBVRE

Le président,

V. L'HÔTE

La greffière,

E. BEROT-GAY

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice et au ministre de l'intérieur en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions