vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2106566 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GERIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2021, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 juin 2021 par laquelle la section disciplinaire du conseil académique de l'université Grenoble Alpes l'a reconnue coupable de fraude et a prononcé à son encontre un blâme et la nullité de l'épreuve correspondante ;
2°) d'enjoindre à l'université Grenoble Alpes de l'inscrire en 2ème année de licence Sciences de la vie, parcours Sciences du vivant, pour l'année 2021-2022 ;
3°) de mettre à la charge de l'université Grenoble Alpes une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable, celle-ci ayant été introduite dans les délais de recours contentieux ;
- les membres de la commission de discipline ne justifient pas de leur compétence eu égard aux dispositions de l'article R. 811-15 du code de l'éducation ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été adoptée au terme d'une procédure irrégulière dès lors que le procès-verbal n'a pas été signé par M. D, témoin des faits de fraude qui lui sont reprochés, en méconnaissance de l'article R. 811-12 du code de l'éducation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait car la matérialité des faits de fraude n'est pas établie.
Par un mémoire, enregistré le 1er septembre 2023, le président de l'université Grenoble Alpes conclut au rejet de la requête.
En application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été fixée au 5 octobre 2023.
Une mesure d'instruction a été effectuée le 14 décembre 2023, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, tendant à la production du règlement des examens applicable à l'épreuve de seconde chance de l'UE STE101, découverte des sciences de la Terre, qui s'est déroulée du 1er au 2 juillet 2020.
Le président de l'université Grenoble Alpes a produit ces pièces le 18 décembre 2023 qui ont été communiquées le 19 décembre 2023.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, Mme B ne justifiant pas de son intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Mme B a été admise au bénéficie de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 24 janvier 2022.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Coutarel, première conseillère,
- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B était inscrite en première année de licence " sciences de la vie, parcours sciences du vivant " à l'université Grenoble Alpes pour l'année universitaire 2019-2020. A la suite d'un courrier de demande de saisine de la section disciplinaire au motif d'une suspicion de fraude au sujet de la copie rendue par Mme B dans la cadre de l'épreuve de seconde chance de l'UE STE101, découverte des sciences de la Terre, qui s'est déroulée du 1er au 2 juillet 2020, le président de l'université Grenoble Alpes a saisi la section disciplinaire du conseil académique pour examen de ce signalement. Par une décision du 22 juin 2021, notifiée par courrier du 21 juillet 2021, la commission de la section disciplinaire compétente à l'égard des usagers a prononcé à l'encontre de Mme B une sanction de blâme et la nullité de l'épreuve correspondante. Dans la présente instance, Mme B demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 811-14 du code de l'éducation : " La section disciplinaire du conseil académique compétente à l'égard des usagers comprend : / 1° Quatre professeurs des universités ou personnels assimilés au sens du collège A du I de l'article D. 719-4 ; / 2° Quatre maîtres de conférences ou personnels assimilés au sens du collège B du I du même article ; / 3° Huit usagers. () ". Aux termes de l'article R. 811-15 du même code : " Les membres des collèges définis aux 1° et 2° de l'article R. 811-14 sont élus au sein de la commission de la recherche et de la commission de la formation et de la vie universitaire du conseil académique par et parmi les représentants élus du collège auquel ils appartiennent. /
Les membres du collège défini au 3° du même article sont élus au sein de la commission de la recherche et de la commission de la formation et de la vie universitaire du conseil académique par et parmi les représentants élus titulaires et suppléants du collège auquel ils appartiennent."
3. Si Mme B soutient qu'il n'est pas démontré que les membres de la commission de discipline compétente à l'égard des usagers aient été valablement élus conformément aux dispositions précitées de l'article R. 811-15 du code de l'éducation, l'université Grenoble Alpes produit la proclamation des résultats de l'élection des membres de cette commission en date du 5 février 2021. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence des membres de la commission de discipline doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 811-39 du code de l'éducation : " La décision doit être motivée. "
5. La décision en litige vise le code de l'éducation, notamment les articles L. 811-5, L. 811-6 et 811-10 à R. 811-42 dont elle fait application. Elle mentionne que Mme B reconnait avoir été aidée techniquement sur la forme par une aide extérieure et qu'une telle faute doit être sanctionnée. Dans ces conditions, et alors que la régularité de la motivation d'une décision ne dépend pas du bien-fondé de ses motifs, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation.
6. En troisième lieu, Mme B, dont la fraude a été constatée ultérieurement s'agissant d'un examen passé à distance, en raison des mesures prises pendant la période d'urgence sanitaire qui s'est étendue du 24 mars au 10 juillet 2020, ne saurait utilement invoquer les dispositions de l'article R. 811-12 du code de l'éducation relatives au cas de flagrant délit de fraude.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 811-11 du code de l'éducation : " Relève du régime disciplinaire prévu aux articles R. 811-10 à R. 811-42 tout usager de l'université lorsqu'il est auteur ou complice, notamment : / 1° D'une fraude ou d'une tentative de fraude commise notamment à l'occasion d'une inscription, d'une épreuve de contrôle continu, d'un examen ou d'un concours ". Selon l'article R. 811-36 de ce code : " I.- Les sanctions disciplinaires applicables aux usagers des établissements publics d'enseignement supérieur sont, sous réserve des dispositions de l'article R. 811-37 : / 1° L'avertissement ; / 2° Le blâme ; () / Toute sanction prévue au présent article et prononcée dans le cas d'une fraude ou d'une tentative de fraude commise à l'occasion d'une épreuve de contrôle continu, d'un examen ou d'un concours entraîne, pour l'intéressé, la nullité de l'épreuve correspondante. ()".
8. Il ressort des pièces du dossier que lors de l'épreuve de seconde chance de l'UE STE101, découverte des sciences de la Terre, qui s'est déroulée en distanciel du 1er au 2 juillet 2020, l'intéressée a sollicité l'aide d'un tiers afin de retranscrire sa copie sur ordinateur, a utilisé des dictionnaires, le site " Bon Patron " pour corriger son devoir et s'est également servie d'internet et de ses cours. Sa copie, qui est qualifiée par son correcteur de " magnifique " " écrite de façon remarquable " et dont les " schémas sont de très bonnes qualités " a obtenu la note de 17,5 alors que la requérante avait obtenu la note de 4,5 lors de l'évaluation terminale de la même matière à la première session. Si Mme B soutient n'avoir pas eu l'intention de frauder, il ne ressort pas des consignes de la copie de l'examen en cause que l'aide d'une tierce personne ainsi que de documents ou support de cours auraient été permis à l'occasion de cette épreuve. Par suite, les faits reprochés, qui ne sont pas contestés par Mme B, caractérisent une fraude au sens de l'article R. 811-11 du code de l'éducation susceptible de faire l'objet d'une sanction alors même que celle-ci ne reconnait pas son intention de tricher.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 22 juin 2021 de la section disciplinaire compétente à l'égard des usagers de l'université de Grenoble Alpes. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, l'université Grenoble Alpes n'étant pas partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au président de l'université Grenoble Alpes.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Permingeat et Mme Coutarel, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
La rapporteure,
A. Coutarel
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. Palmer
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la rechercher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2106566
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026