jeudi 29 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2106579 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CARMIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 août 2021, transmise par ordonnance du président du Tribunal administratif de Marseille du 27 septembre 2021, M. B A, représenté par Me Carmier, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 25 février 2021 du préfet la Drôme en tant qu'il porte refus de délivrance d'un certificat de résidence de 10 ans et retire le certificat de résidence de 10 ans dont il bénéficiait ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Drôme de lui délivrer un certificat de résidence valable 10 ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de renouvellement de son certificat de résidence est entaché d'un vice de procédure faute de saisine préalable de la commission du titre de séjour ;
- ce refus méconnaît le droit au renouvellement automatique dont il bénéficie par application de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien sans que lui soit opposable la menace qu'il représenterait pour l'ordre public ;
- ce refus méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant retrait de son certificat de résidence a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire institué par l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le certificat de résidence dont il bénéficiait étant créateur de droit, son retrait est entachée d'erreur de droit en l'absence de fraude.
Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordé à M. A par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 7 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique le rapport de Mme Permingeat, premier conseiller.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien, est entré en France en 1990 à l'âge de 7 ans et s'y est maintenu depuis. Il a obtenu, en 2000, un premier certificat de résidence valable 10 ans. Ce titre a été renouvelé en 2010. Estimant toutefois qu'il présentait une menace pour l'ordre public, le préfet de la Drôme l'a, d'une part et par arrêté du 25 février 2021, retiré et, d'autre part, a rejeté la demande de l'intéressé, à qui il a délivré un certificat de résidence valable un an, tendant à son renouvellement. Dans la présente instance, M. A demande l'annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir :
2. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit () : () e) Au ressortissant algérien qui justifie résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de dix ans ". Il résulte de ces stipulations qu'aucune restriction n'est prévue au renouvellement du certificat de résidence tenant à l'existence d'une menace à l'ordre public. Dès lors, l'administration ne saurait légalement opposer à un ressortissant algérien l'existence d'une menace pour l'ordre public pour justifier le rejet d'une demande de renouvellement de son certificat de résidence.
3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le préfet de la Drôme ne pouvait légalement opposer au requérant la menace qu'il représente pour l'ordre public pour lui refuser le renouvellement du certificat de résidence valable 10 ans dont il bénéficiait. Par suite, les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir présentées par M. A contre l'arrêté du 25 février 2021 en tant qu'il porte un tel refus doivent être accueillies, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués par le requérant à l'encontre de ce refus.
4. Aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut () retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative () que si elle est illégale et si () le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ".
5. Le retrait du certificat de résidence dont M. A bénéficiait est intervenu plus de 4 mois après délivrance de ce titre. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que ce retrait méconnaît les dispositions citées au point précédent et à en demander, pour ce motif et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens qu'il invoque contre cette décision, l'annulation pour excès de pouvoir.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'annulation prononcée au point 3 implique nécessairement que, par application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, il soit enjoint au préfet de la Drôme de délivrer à M. A un certificat de résidence valable 10 ans. Il y a lieu de lui impartir, pour ce faire, un délai de 2 mois courant à compter de la date de notification du jugement.
Sur les frais du litige :
7. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Carmier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de ce dernier le versement à Me Carmier de la somme de 900 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la Drôme du 25 février 2021 est annulé en tant qu'il porte refus de renouvellement du certificat de résidence valable 10 ans de M. A et retrait du certificat de résidence de 10 ans dont il bénéficiait.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Drôme de délivrer à M. A un certificat de résidence valable 10 ans dans le délai de 2 mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Carmier une somme de 900 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Carmier et au préfet de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Permingeat, premier conseiller,
Mme Coutarel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.
Le rapporteur,
F. Permingeat
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
C. Billon
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2106579
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026