mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2106634 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS- CADOZ- LACROIX- REY- VERNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 octobre 2021, Mme A, représentée par Me Monnet demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 août 2021 par lequel le président du centre intercommunal d'action sociale de Grand Lac a refusé de la titulariser à l'expiration de sa période de stage ;
2°) d'enjoindre au centre intercommunal d'action sociale de Grand Lac de la réintégrer à compter du 11 août 2021 ;
3°) de mettre à la charge du centre intercommunal d'action sociale de Grand Lac la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- l'arrêté attaqué ne comporte pas la mention des voies et délais de recours ;
- il caractérise une sanction déguisée ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que les faits reprochés devaient conduire à un licenciement pour insuffisance professionnelle ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le rapport d'insuffisance professionnelle ne comporte aucun élément sur sa manière de servir ;
- il est entaché d'inexactitude matérielle des faits.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 février 2022, le centre intercommunal d'action sociale de Grand Lac, représenté par Me Verne, conclut au rejet de la requête et qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le centre intercommunal d'action sociale de Grand Lac fait valoir que :
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 92-849 du 28 août 1992 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pollet,
- les conclusions de M. C,
- et les observations de Me Benyahia, représentant du centre intercommunal d'action sociale de Grand Lac.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été nommée auxiliaire de soins stagiaire par un arrêté du 13 janvier 2020 au sein du centre intercommunal d'action sociale de Grand Lac. Par la décision du 6 août 2021, le directeur du centre intercommunal d'action sociale de Grand Lac l'a licenciée en fin de stage pour insuffisance professionnelle. Dans la présente instance, Mme A demande au Tribunal d'annuler pour excès de pouvoir cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Les conditions de notification d'une décision administrative étant sans incidence sur sa légalité, Mme A ne peut utilement faire valoir que la notification de la décision attaquée ne comportait pas toutes les mentions requises. Au demeurant, elle a été en mesure de contester la décision attaquée.
3. Aux termes de l'article 4 du décret du 28 août 1992 : " Les candidats recrutés en application du 1° de l'article 3 en qualité d'agent social, ainsi que les candidats inscrits sur une liste d'aptitude au grade d'agent social principal de 2e classe et recrutés sur un emploi d'une collectivité ou d'un établissement public sont nommés stagiaires pour une durée d'un an par l'autorité territoriale investie du pouvoir de nomination. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 6 du même décret : " La titularisation des stagiaires intervient à la fin du stage par décision de l'autorité territoriale au vu notamment d'une attestation de suivi de la formation d'intégration établie par le Centre national de la fonction publique territoriale. Lorsque la titularisation n'est pas prononcée, le stagiaire est soit licencié s'il n'avait pas préalablement la qualité de fonctionnaire, soit réintégré dans son grade d'origine. () ".
4. Un agent public ayant, à la suite de son recrutement ou dans le cadre de la formation qui lui est dispensée, la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. La décision de ne pas le titulariser en fin de stage est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur son aptitude à exercer les fonctions auxquelles il peut être appelé et, de manière générale, sur sa manière de servir, et se trouve ainsi prise en considération de sa personne.
5. L'autorité compétente ne peut donc prendre légalement une décision de refus de titularisation, qui n'est soumise qu'aux formes et procédures expressément prévues par les lois et règlements, que si les faits qu'elle retient caractérisent des insuffisances dans l'exercice des fonctions et la manière de servir de l'intéressé. Cependant, la circonstance que tout ou partie de tels faits seraient également susceptibles de caractériser des fautes disciplinaires ne fait pas obstacle à ce que l'autorité compétente prenne légalement une décision de refus de titularisation, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations.
6. Le refus de titularisation en fin de stage en litige a été pris en raison notamment du comportement général de Mme A en cours de stage tenant à des faits allégués de difficultés relationnelles avec ses collègues et les résidents de l'établissement, d'actes de maltraitance commis sur des résidents et d'absences injustifiées sur son lieu de travail. Si un tel comportement est de nature à avoir perturbé le bon fonctionnement du service, il est par ailleurs susceptible de caractériser une faute disciplinaire.
7. S'il est vrai que les faits reprochés à Mme A auraient été susceptibles de recevoir une qualification disciplinaire, et qu'une sanction disciplinaire a par ailleurs été infligée à Mme A le 30 juin 2021 pour des faits de violence à l'encontre d'un résident, ces circonstances ne sont pas, par elles-mêmes, de nature à donner à la mesure attaquée le caractère d'une sanction, dès lors qu'ainsi qu'il vient d'être dit au point 6, ces faits sont également susceptibles de caractériser une insuffisance professionnelle. Dès lors, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige constituait en réalité une sanction disciplinaire déguisée.
8. Il ressort des pièces du dossier que des insuffisances professionnelles ont été reprochées à Mme A au cours du stage. Néanmoins, la décision attaquée constitue un refus de titularisation de la requérante à l'issue de son stage, et ne peut être analysée comme une décision de licenciement pour insuffisance professionnelle intervenue en cours de stage. En tout état de cause, aucune disposition législative ou réglementaire n'imposait au centre intercommunal d'action sociale de Grand Lac de procéder au licenciement pour insuffisance professionnelle de l'intéressée en cours de stage. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
9. Contrairement à ce que soutient la requérante, il ressort des termes du rapport d'insuffisance professionnelle du 22 juillet 2021, mentionnés au point 6, que celui-ci porte tant sur l'insuffisance professionnelle de l'intéressée que sur sa manière de servir. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. Enfin, la requérante soutient que son insuffisance professionnelle a été appréciée de manière erronée. Toutefois, Mme A ne conteste pas la matérialité des faits mentionnés au point 6. Par suite, le moyen tiré de l'inexactitude matérielle des faits doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
12. Les conclusions présentées par Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administratives, la partie perdante, doivent être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par le centre intercommunal d'action sociale de Grand Lac.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre intercommunal d'action sociale de Grand Lac sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre intercommunal d'action sociale de Grand Lac.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, première conseillère,
Mme Pollet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
La rapporteure,
MA. POLLET
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026