mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2106755 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 octobre 2021, Mme A, représentée par Me Enard-Bazire demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés du 20 août 2021 et du 26 septembre 2021 par lesquels le président de Montélimar Agglomération l'a placée en disponibilité d'office ;
2°) d'enjoindre à Montélimar Agglomération de réexaminer sa situation et de la rétablir dans ses droits ;
3°) de mettre à la charge de Montélimar Agglomération la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- les arrêtés attaqués ont été signés par une autorité incompétente ;
- ils sont entachés d'un défaut de motivation ;
- ils sont entachés d'un vice de procédure à défaut pour le médecin du service de médecine préventive d'avoir adressé un rapport écrit au comité médical ;
- ils sont entachés d'une incompétence négative ;
- l'obligation de reclassement a été méconnue.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2022, Montélimar Agglomération représenté par Me Béguin, conclut au rejet de la requête
Montélimar Agglomération fait valoir que :
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pollet,
- les conclusions de M. E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est adjointe territoriale d'animation au sein de Montélimar Métropole. Par un arrêté du 1er juillet 2021, elle a été placée, à compter du 28 mai 2021 en disponibilité d'office, à titre conservatoire, dans l'attente de l'avis du comité médical. Par un arrêté du 20 août 2021, Mme A a été placée en disponibilité d'office pour la période du 28 mai 2021 au 27 août 2021. Par un arrêté du 26 septembre 2021, Mme A est placée en disponibilité d'office à compter du 28 août 2021 et jusqu'au 27 novembre 2021. Dans la présente instance, Mme A demande au Tribunal d'annuler pour excès de pouvoir ces deux dernières décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 20 août 2021 :
2. L'arrêté du 20 août 2021 a été signé par Mme D C, déléguée aux moyens généraux et au personnel de Montélimar Agglomération, qui disposait d'une délégation à cet effet par arrêté du 28 août 2020, régulièrement publié. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.
3. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que ce dernier comporte les éléments de droit et de fait sur lesquels il se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. Aux termes de l'article 24 du décret du 30 juillet 1987 : " Lorsque l'autorité territoriale estime, au vu d'une attestation médicale ou sur le rapport des supérieurs d'un fonctionnaire, que celui-ci se trouve dans la situation prévue à l'article 57 (3° ou 4°) de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 susvisée, elle peut provoquer l'examen médical de l'intéressé dans les conditions prévues aux alinéas 3 et suivants de l'article 25 ci-dessous. Un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive attaché à la collectivité ou établissement dont relève le fonctionnaire concerné doit figurer au dossier ()". Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. () 4° A un congé de longue durée, en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis, de trois ans à plein traitement et de deux ans à demi-traitement. Le fonctionnaire conserve ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. () ".
5. Mme A soutient qu'elle se situait dans l'une des deux hypothèses prévues par l'article 24 du décret du 30 juillet 1987 qui renvoie aux situations prévues aux 3° et 4 ° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 rappelées ci-dessus permettant à la collectivité de provoquer un examen médical sur le rapport écrit du médecin du service de médecine préventive. Toutefois, Mme A, qui n'a pas été placée en congé de longue maladie ou en congé de longue durée, ne peut utilement invoquer la méconnaissance de l'article 24 du décret du 30 juillet 1987 au soutien du moyen tiré du défaut de consultation du médecin du service de médecine préventive. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
6. Aux termes de l'article 7 du décret du 14 mars 1986 : " Les comités médicaux sont chargés de donner à l'autorité compétente, dans les conditions fixées par le présent décret, un avis sur les contestations d'ordre médical qui peuvent s'élever à propos de l'admission des candidats aux emplois publics, de l'octroi et du renouvellement des congés de maladie, de longue maladie et de longue durée et de la réintégration à l'issue de ces congés. () Ils sont consultés obligatoirement en ce qui concerne : () 6. La mise en disponibilité d'office pour raison de santé et son renouvellement ; () ".
7. Il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué que le président de Montélimar Agglomération se soit senti en situation de compétence liée à la suite des avis rendus par le comité médical. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence négative doit être écarté.
8. Mme A soutient que Montélimar Agglomération était tenue de lui proposer une période de préparation au reclassement ainsi qu'un reclassement.
9. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° À des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions () ". Aux termes de l'article 72 de cette même loi : " La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2° () de l'article 57 () ". L'article 81 de la loi du 26 janvier 1984 prévoit, quant à lui, que : " Les fonctionnaires territoriaux reconnus, par suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions peuvent être reclassés dans les emplois d'un autre cadre d'emploi ou corps s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes. Le reclassement est subordonné à la présentation d'une demande par l'intéressé ". Par ailleurs, aux termes de l'article 17 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa version alors applicable : " () Lorsque le fonctionnaire a obtenu () des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du comité médical. En cas d'avis défavorable, il est soit mis en disponibilité, soit reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis de la commission de réforme. () ". Selon l'article 1er du décret du 30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions : " Lorsque l'état physique d'un fonctionnaire territorial ne lui permet plus d'exercer normalement ses fonctions et que les nécessités du service ne permettent pas d'aménager ses conditions de travail, le fonctionnaire peut être affecté dans un autre emploi de son grade après avis de la commission administrative paritaire. () ".
10. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un fonctionnaire est reconnu, par suite de l'altération de son état physique, inapte à l'exercice de ses fonctions, il incombe à l'administration de rechercher si le poste occupé par ce fonctionnaire ne peut être adapté à son état physique ou, à défaut, de lui proposer une affectation dans un autre emploi de son grade compatible avec son état de santé. Si le poste ne peut être adapté ou si l'agent ne peut être affecté dans un autre emploi de son grade, il incombe à l'administration de l'inviter à présenter une demande de reclassement dans un emploi d'un autre corps.
11. Il ressort des pièces du dossier que, lors de sa séance du 29 juin 2021, le comité médical s'est prononcé en faveur du placement de Mme A en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 28 mai 2021, pour une période de trois mois, en raison de son inaptitude temporaire. Par suite, Montélimar agglomération n'était pas tenue de proposer à l'intéressé une période de préparation au reclassement, et a fortiori, un reclassement à la date de l'arrêté attaqué. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'obligation de reclassement doit être écarté.
En ce qui concerne l'arrêté du 26 septembre 2021 :
12. Il ressort des pièces du dossier que lors de sa séance du 7 septembre 2021, le comité médical s'est prononcé en faveur du placement de l'intéressée en disponibilité d'office pour la période du 28 août 2021 au 27 novembre 2021 en raison de son inaptitude totale et définitive à son poste actuel. Il relève toutefois qu'à l'issue de cette période, Mme A sera apte à l'exercice d'autres fonctions de son grade. Ainsi, l'avis rendu par le comité médical doit être regardé comme excluant l'exercice d'autres fonctions de son grade au titre de la période du 28 août 2021 au 27 novembre 2021. Par suite, Montélimar agglomération était tenue d'inviter Mme A à présenter une demande de reclassement. Ainsi, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 26 septembre 2021.
Sur les conclusions à fins d'injonction :
13. Le présent jugement implique que Montélimar agglomération réexamine la situation de la requérante dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
14. Il y a lieu de mettre à la charge de Montélimar agglomération une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à Mme A.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 26 septembre 2021 plaçant Mme A en disponibilité d'office est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à Montélimar agglomération de réexaminer la situation de Mme A dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Montélimar agglomération versera à Mme A la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à Montélimar Agglomération.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Fourcade, première conseillère,
Mme Pollet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
La rapporteure,
MA. POLLET
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026