LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2106848

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2106848

mardi 14 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2106848
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantBENSOUSSAN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi par la société Viamédis, gestionnaire du tiers payant pour des mutuelles, contestant des titres de recettes émis par le centre hospitalier Métropole Savoie dans le cadre d’une saisie administrative à tiers détenteur. La société soutenait notamment que les frais de transport médical d’urgence (SMUR) ne pouvaient être mis à la charge des mutuelles et que certains titres étaient infondés ou déjà payés. Le tribunal a rejeté l’exception de non-lieu à statuer soulevée par l’hôpital, faute de preuve suffisante de l’annulation d’un titre. Sur le fond, il a jugé que les frais de transport SMUR sont financés par la dotation nationale de missions d’intérêt général (article D. 162-6 du code de la sécurité sociale) et ne peuvent donc être facturés aux organismes complémentaires, annulant en conséquence les titres de recettes correspondants.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 11 octobre 2021 et le 27 juin 2024, la société Viamédis, représentée par Me Bensoussan, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler les titres de recettes visés par la saisie à tiers détenteurs tels que listés dans son tableau de synthèse et d’ordonner en conséquence la décharge du paiement des sommes correspondant à ces titres de recettes à hauteur de 4 702,60 euros ;

2°) de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier Métropole Savoie et de sa trésorerie la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, augmentée des intérêts au taux légal.

Elle soutient que :
- une partie des titres de recettes n’est pas fondé dès lors qu’aucun frais au titre des transports d’urgence ne peut être mis à la charge des mutuelles ;
- certains titres visés dans la saisie administrative à tiers détenteur (SATD) ont déjà été payés ;
- certains montants de titres ne sont pas conforme à la prise en charge consentie ;
- un titre est en attente de revalorisation.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 octobre 2024, le centre hospitalier Métropole Savoie, représenté par la SCP Saillet et Bozon, doit être regardé comme concluant au non-lieu à statuer partiel, au rejet du surplus des conclusions et à ce que soit mise à la charge de la société requérante une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que le titre n°2566371 a été annulé et que la contestation sur ce point a perdu son objet, pour les titres acquittés, Viamédis n’en conteste pas le bien-fondé et s’agissant des frais SMUR, il s’en remet à la sagesse du tribunal.

Vu :
les autres pièces du dossier ;
le code de la santé publique ;
le code de la sécurité sociale ;
le livre des procédures fiscales ;
le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Holzem,
- les conclusions de Mme A....

Considérant ce qui suit :

1. La société Viamedis, qui assure pour le compte d’organismes d’assurance maladie complémentaires le bénéfice du tiers payant pour la part des dépenses non couvertes par la sécurité sociale, s’est vu notifier une saisie administrative à tiers détenteur. Elle doit être regardée comme demandant l’annulation des titres de recettes concernés par cette saisie et la décharge de l’obligation de payer correspondante.

Sur l’exception de non-lieu à statuer partiel :

2. Si le centre hospitalier Métropole Savoie fait valoir, en défense, que la trésorerie a annulé le titre de recettes n°2566371, le document produit ne permet pas de s’assurer que l’annulation porte bien sur ce titre. Par suite, l’exception de non-lieu à statuer soulevée doit être écartée.

Sur le bien-fondé des titres de recettes émis au titre du transport médical d’urgence :

3. D’une part, aux termes de l’article L. 162-23-15 du code de la sécurité sociale : « I. Les établissements de santé exerçant les activités mentionnées aux 1°, 2° et 4° de l'article L. 162-22 bénéficient d'une dotation complémentaire lorsqu'ils atteignent des résultats évalués à l'aide d'indicateurs liés à la qualité et la sécurité des soins, mesurés tous les ans par établissement (…) III. Un décret en Conseil d'Etat précise les modalités de détermination et de mise en œuvre de la dotation complémentaire et de la pénalité financière (…) ». Par ailleurs, aux termes de l’article D. 162-6 du même code : « Peuvent être financées par la dotation nationale de financement des missions d'intérêt général et d'aide à la contractualisation mentionnée à l'article L. 162-22-13 les dépenses correspondant aux missions d'intérêt général suivantes : (…) 2° La participation aux missions de santé publique mentionnées ci-dessous : (…) j) L'aide médicale urgente constituée des missions des services d'aide médicale urgente mentionnées aux articles R. 6311-2 et R. 6311-3 du code de la santé publique et de l'ensemble des interventions des structures mobiles d'urgence et de réanimation mentionnées au 2° de l'article R. 6123-1 du même code, quel que soit le lieu de prise en charge du patient (…) ». A ce titre, l’arrêté du 28 juin 2016, puis l’arrêté du 4 mai 2017, fixant la liste des structures, des programmes, des actions, des actes et des produits financés au titre des missions d’intérêt général mentionnées aux articles D. 162-6 et D. 162-7 du code de la sécurité sociale, prévoient que l’aide médicale d’urgence, et notamment les transports assurés par le service mobile d’urgence et de réanimation, sont pris en charge au titre des missions mentionnées au 2° de l’article D. 162-6.

4. En outre, aux termes du deuxième alinéa de l’article D. 162-8 du code de la sécurité sociale : « Ces dotations participent au financement de ces missions dans la limite des dépenses y afférentes à l'exclusion de la part incombant à d'autres financeurs en application de dispositions législatives ou réglementaires et de celle déjà supportée par l'assurance maladie en application des dispositions législatives ou réglementaires relatives à la prise en charge des soins. ».

5. D’autre part, selon le I et le II de l’article L. 160-13 du code de la sécurité sociale, l’assuré acquitte une participation forfaitaire pour chacun des actes ou consultations prise en charge par l’assurance maladie, dont le montant sert de base au calcul des prestations qui lui sont servies. Par ailleurs, selon le III de ce même article, « en sus de la participation mentionnée au premier alinéa du I, une franchise annuelle est laissée à la charge de l'assuré pour les frais relatifs à chaque prestation et produit de santé suivants, pris en charge par l'assurance maladie : (…) 3° Transports mentionnés au 2° de l'article L. 160-8 du présent code effectués en véhicule sanitaire terrestre ou en taxi, à l'exception des transports d'urgence. » En outre, aux termes du II de l’article R. 160-16, pris pour l’application de l’article L. 160-14 qui fixe les hypothèses dans lesquelles la participation prévue au I de l’article L. 160-13 peut être intégralement supprimée : « II.- La participation de l'assuré est supprimée : (…) 2. Pour les frais de transport d'urgence entre le lieu de prise en charge de la personne et l'établissement de santé, en cas d'hospitalisation mentionnée au 2 du I ainsi que, en cas d'hospitalisation mentionnée au 3, pour les frais de transport entre les deux établissements ou entre l'établissement et le domicile en cas d'hospitalisation à domicile. ».

6. Il résulte de la combinaison de l’ensemble de ces dispositions qu’aucune participation et, a fortiori, aucune franchise, ne peut être mise à la charge de l’assuré à raison du transport médical d’urgence. En outre, si, en application de l’article D. 162-8 précité, la dotation est susceptible de financer les missions d’intérêt général pour la part qui n’est prise en charge ni par l’assurance maladie ni par aucun autre financeur, de telles dispositions ne sauraient avoir pour objet ni pour effet de faire supporter à l’assuré des frais pour lesquels sa participation a été intégralement supprimée par le code de la sécurité sociale. Il s’ensuit qu’en l’absence de dispositions prévoyant un autre mode de financement et notamment une prise en charge par les organismes subrogeant le patient dans ses droits, les frais liés au transport médical urgent sont réputés être financés par la dotation instituée par l’article L. 162-23-15 du code de la sécurité sociale.

7. Ainsi, c’est à tort que la somme de 287 euros correspondant à un transport d’urgence effectué par le SMUR a été réclamée à la société Viamédis par le titre de recettes n°2562292. Celle-ci doit donc être déchargée de l’obligation de la payer et le titre de recette doit être annulé.

Sur les titres de recettes mis en paiement par Viamédis :

8. La société Viamédis soutient avoir mis en paiement certains des titres de recettes visées dans la saisie à tiers détenteur et doit ainsi être regardée comme n’en contestant pas le bien-fondé. Ses conclusions aux fins d’annulation et aux fins de décharge de ces titres doivent dès lors être rejetées.

Sur le titre de recettes n°2566371 :

9. La société Viamédis fait valoir que ce titre a été émis alors qu’elle n’avait accordé de prise en charge que pour 31 nuits en chambre particulière. Le centre hospitalier ne conteste pas ces affirmations, de sorte qu’il y a lieu de prononcer l’annulation de ce titre de recette et la décharge de l’obligation de payer le montant correspondant soit 2 411 euros.

Sur le titre de recettes n° 2566376 :

10. La société Viamédis se borne sans plus de précision à indiquer dans ses motifs de contestation « en attente de revalorisation de la demande de prise en charge ». Faute d’une contestation utile et précise du bien-fondé de ce titre, la société Viamedis n’est pas fondée à demander l’annulation de celui-ci et la décharge de la somme en cause.


Sur les frais de procès :

11. En vertu des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par le centre hospitalier Métropole Savoie doivent dès lors être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la société Viamédis tendant à la condamnation du centre hospitalier à ce même titre.




D E C I D E :

Article 1er :
Les titres de recettes n°2562292 et 2566371 émis par le centre hospitalier Métropole Savoie sont annulés.

Article 2 :
La société Viamédis est déchargée de l’obligation de payer la somme de 2 698 euros.

Article 3 :
Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 :
Le présent jugement sera notifié à la société Viamédis et au centre hospitalier Métropole Savoie.
Copie en sera adressée à la direction départementale des finances publiques de la Savoie pour information.




Délibéré après l'audience du 30 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Bedelet, présidente,
Mme Holzem, première conseillère,
Mme Tocut, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2025.

La rapporteure,

J. Holzem
La présidente,

A. Bedelet


Le greffier,





P. Muller


La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions