vendredi 23 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2106968 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 octobre 2021, M. B, représenté par Me Huard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité née le 21 août 2021 du silence gardé sur son recours administratif préalable formé le 21 juin 2021 contre la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Est du 27 avril 2021 lui ayant refusé le renouvellement de sa carte professionnelle ;
2°) d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer une carte professionnelle ou à défaut de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la commission nationale d'agrément et de contrôle ne lui a pas communiqué les motifs du refus implicite qu'elle lui a opposé ;
- la commission locale a commis une erreur de fait en indiquant qu'il avait été condamné pour des faits de conduite sans assurance et sans permis en récidive ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à la gravité des faits qui lui sont opposés, à leur caractère isolé et ancien.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2023, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire doivent être regardées comme dirigées contre la décision expresse prise le 23 septembre 2023 ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bourion, première conseillère,
- les conclusions de M. Heintz, rapporteur public,
- et les observations de Me Huard, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande au tribunal d'annuler la décision implicite du 21 août 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité a rejeté son recours administratif préalable dirigé contre la délibération du 27 avril 2021 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-est avait refusé de lui renouveler sa carte professionnelle d'agent de surveillance et de gardiennage.
Sur la portée du litige :
2. Aux termes de l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure, alors en vigueur : " Tout recours contentieux formé par une personne physique ou morale à l'encontre d'actes pris par une commission régionale d'agrément et de contrôle est précédé d'un recours administratif préalable devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux ". La décision expresse du 23 septembre 2021, notifiée le 21 octobre, par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle a opposé à M. A, suite à son recours préalable obligatoire, un refus à la demande de renouvellement de sa carte professionnelle s'est substituée à la décision implicite du 21 août 2021 ayant le même objet. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision implicite doivent être regardées comme dirigées contre la décision expresse.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que le moyen tiré de l'absence de motivation de la décision implicite de rejet du 21 août 2021 est inopérant, la décision expresse du 23 septembre 2021 étant quant à elle motivée.
4. En deuxième lieu, est également sans incidence le moyen tiré de ce que la commission locale d'agrément et de contrôle aurait entaché sa décision d'une erreur de fait dès lors que seule la décision de la commission nationale, qui s'y est substituée, est susceptible de recours.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / () / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées () ".
6. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'elle est saisie d'une demande de délivrance d'une carte professionnelle pour l'exercice de la profession d'agent privé de sécurité, l'autorité administrative compétente procède à une enquête administrative. Cette enquête, qui peut notamment donner lieu à la consultation du traitement automatisé de données à caractère personnel mentionné à l'article R. 40-23 du code de procédure pénale, vise à déterminer si le comportement ou les agissements de l'intéressé sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat, et s'ils sont ou non compatibles avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité. Pour ce faire, l'autorité administrative procède, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à une appréciation globale de l'ensemble des éléments dont elle dispose. A ce titre, si la question de l'existence de poursuites ou de sanctions pénales est indifférente, l'autorité administrative est en revanche amenée à prendre en considération, notamment, les circonstances dans lesquelles ont été commis les faits qui peuvent être reprochés au pétitionnaire ainsi que la date de leur commission.
7. Il résulte de l'instruction et notamment du fichier de traitement d'antécédents judiciaires et du bulletin n° 2 de son casier judiciaire, que M. A a été condamné à des amendes de 500 euros, puis 120 jours d'amende à 10 euros pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis et sans assurance avec récidive commis le 15 février et le 9 août 2018 et qu'il a été mis en cause pour des faits de même nature le 16 février 2020. Ainsi, en dépit de deux condamnations, M. A a persisté à conduire sans permis et sans assurance durant une période d'au moins deux ans et, alors qu'il est titulaire d'un permis de conduire guinéen, il n'apporte aucun élément de nature à démontrer qu'il a engagé depuis son entrée en France en 2017 des démarches en vue de valider, sur le territoire français, son permis de conduire. Dans ces conditions, compte tenu du caractère continu de ces agissements et du mépris qu'ils témoignent pour le respect de la loi, la commission nationale d'agrément et de contrôle a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, estimer que les faits reprochés à M. A démontrent un comportement dangereux et de nature à porter atteinte à la sécurité publique et à celle des personnes, incompatible avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 23 septembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au Conseil national des activités privées de sécurité de lui renouveler sa carte professionnelle ou de procéder au réexamen de sa situation ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
9. Le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent, dès lors, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Huard et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 9 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
Mme Bourion, première conseillère,
M. Ruocco-Nardo, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2024.
La rapporteure,
I. BOURION
Le président,
V. L'HÔTE
La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026