jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2106980 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LOPEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 19 octobre 2021, le 4 novembre 2021, le 18 décembre 2021, le 27 juin 2022 et le 27 juillet 2022 M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 juillet 2019 par laquelle la Poste a rejeté sa demande de réintégration à la suite de sa disponibilité pour convenances personnelles ;
2°) de condamner la Poste à lui verser une indemnité de 71 080 euros au titre de son préjudice financier et une autre somme au titre de son préjudice moral.
Il soutient que :
- il a droit à une réintégration anticipée ;
- l'objectif de La Poste est de provoquer son licenciement en lui proposant un troisième poste loin de son lieu de résidence.
- la rupture conventionnelle accompagnée d'un dédommagement financier à la hauteur du préjudice subi est la seule solution acceptable au litige ;
- en raison des fautes commises, il subit un préjudice financier correspondant aux salaires non perçus depuis le 1er novembre 2019, date à laquelle il aurait dû être réintégré et un préjudice moral.
Par des mémoires en défense enregistrés le 9 décembre 2021 et le 6 octobre 2022, la Poste, représentée par Me Lopez, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. B de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas motivée conformément à l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- les conclusions d'annulation contre la décision du 19 juillet 2021 sont tardives au vu de la jurisprudence du Conseil d'Etat du 13 juillet 2016 n°387763 Czabaj ;
- les conclusions indemnitaires seront rejetées faute de liaison du contentieux par une demande indemnitaire préalable ;
- le préjudice moral demandé, au demeurant non chiffré, qui résulterait d'une prétendue faute de La Poste de ne pas lui proposer un poste de réintégration dans le Gard, constitue un litige distinct irrecevable ;
- il n'appartient pas au juge administratif de prononcer une rupture conventionnelle ;
- la Poste n'a pas commis une faute en ne procédant pas à sa réintégration anticipée ;
- le préjudice n'est pas justifié.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 modifiée, portant dispositions statutaires applicables aux fonctionnaires de l'Etat ;
- la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 modifiée relative à l'organisation du service public de La Poste et des télécommunications ;
- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 modifié relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'Etat et à certaines modalités de mise à disposition et de cessation définitive de fonctions ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ban,
- les conclusions de Mme Vaillant, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui exerçait les fonctions de moniteur des ventes bancaires à la Banque Postale au sein de la direction régionale du réseau La Poste Rhône Alpes Nord, a sollicité une disponibilité pour convenances personnelles à compter du 1er juillet 2012 qui lui a été accordée pour une durée de trois ans, renouvelée deux fois pour la même durée à sa demande. Par courriel du 4 juin 2019, M. B a demandé à La Poste s'il pouvait bénéficier du dispositif de temps partiel aménagé senior (TPAS) tout en étant en disponibilité, et si, à défaut, il pouvait être réintégré dans le Gard ou " au plus près " ou quelles démarches il devait accomplir et dans quelles conditions il pouvait bénéficier d'une réintégration anticipée. Par lettre du 9 juillet 2019, la Poste lui a indiqué que le bénéfice du TPAS était réservé aux agents en activité et a rejeté sa demande de réintégration au motif qu'elle devait être présentée trois mois au moins avant le terme normal de sa disponibilité. Par courrier du 2 mai 2021, M. B a demandé le renouvellement de sa disponibilité jusqu'au 3 juin 2022. Par courrier du 28 mars 2022, il a sollicité sa réintégration au 3 juin 2022 dans le département du Gard où il réside avec son épouse. Par courrier du 25 mai 2022, la poste lui a adressé une première proposition de poste de " responsable clientèle particuliers " sur le secteur d'Oyonnax que M. B a refusée. Par courrier du 21 juin 2022, un deuxième poste de conseiller spécialisé en patrimoine lui a été proposé sur le secteur de Ferney-Voltaire (01) qui a été également refusé. Par courrier du 27 juillet 2022, M. B a accepté le poste de responsable clientèle particuliers qui lui a été proposé sur le secteur d'Annecy.
2. Par sa requête, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 9 juillet 2021 par laquelle la Poste a rejeté sa demande de réintégration anticipée et comme demandant réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison des fautes commises par la Poste.
Sur la recevabilité des conclusions d'annulation de la décision du 9 juillet 2019 :
3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. M. B ne conteste pas avoir reçu la lettre du 9 juillet 2019 en temps utile, ce que confirme la chronologie des pièces du dossier et ses écritures qui font apparaitre qu'à la suite de la réception de cette lettre qui indique que sa demande de réintégration n'est pas validée, il n'a pas donné suite à ce refus et a sollicité, le 2 mai 2021, le renouvellement de sa disponibilité avant de se rendre compte que des informations inexactes lui avaient été données par la poste. Si le délai de recours contentieux de deux mois n'a pas commencé à courir faute d'information du requérant sur les voies et délais de recours, M. B a introduit son recours contentieux le 19 octobre 2021 au-delà du délai raisonnable d'un an qui est en l'espèce applicable en l'absence de circonstances particulières invoquées par l'intéressé intervenues pendant ce délai. Dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre fin de non-recevoir tirée du défaut de motivation de la requête, la Poste est fondée à soutenir que les conclusions d'annulation de la décision du 9 juillet 2019 sont tardives et, par suite, irrecevables.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
6. Alors même que cela lui est opposé en défense, M. B ne produit à l'instance aucun courrier par lequel il aurait demandé le versement d'une indemnité à la Poste. Dès lors, ses conclusions indemnitaires sont, en tout état de cause, irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de La Poste au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la Poste tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la Poste.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
M. Ban, premier conseiller.
M. Doulat, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
Le rapporteur,
J-L. Ban
La présidente,
A. Triolet
La greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026