mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2107353 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | HAAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 octobre 2021 et 4 octobre 2022, Mme F M, M. E M, M. K M, M. H L, Mme A B, M. C B et Mme G M B, représentés par Me Fiat, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Val d'Isère a refusé de dresser un procès-verbal d'infraction sur le fondement de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Val d'Isère de dresser un procès-verbal d'infraction et de le transmettre, sans délai, au Procureur de la République ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Val d'Isère la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent qu'en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, le maire était en situation de compétence liée pour faire dresser un procès-verbal d'infraction à l'encontre de la SCI Snow Fun qui a procédé à la démolition quasi complète des murs extérieurs du bâtiment existant en méconnaissance des permis de construire délivrés les 28 octobre 2019 et 7 septembre 2020 ;
Par un mémoire en défense enregistré le 19 août 2022, la commune de Val d'Isère, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle est mal dirigée ;
- à titre subsidiaire, le recours est sans objet dès lors qu'un permis de construire modificatif n°2 a été délivré le 3 août 2021 ;
- le moyen de la requête n'est pas fondé.
Par des mémoires enregistrés les 2 septembre 2022 et 24 mars 2023 (ce dernier non communiqué), la SCI Snow Fun, représentée par Me Haas, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt pour agir ;
- à titre subsidiaire, le moyen de la requête n'est pas fondé.
Par un mémoire enregistré le 17 janvier 2023, le préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen de la requête n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bedelet,
- les conclusions de Mme André,
- et les observations de Me Nallet-Rosado pour les requérants, de Me Corbalan pour la commune de Val d'Isère et de M. I pour la SCI Snow Fun.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 28 octobre 2019, le maire de la commune de Val d'Isère a délivré à la SCI Snow Fun un permis de construire portant sur la modification et l'extension d'un chalet existant. Par des arrêtés des 7 septembre 2020 et 3 août 2021, le maire a accordé des permis de construire modificatifs portant respectivement, d'une part, sur la modification de façades et de surfaces et, d'autre part, sur la démolition partielle du bâtiment. Par un courrier du 29 juin 2021 reçu le 1er juillet 2021, les requérants ont mis en demeure le maire de la commune de Val d'Isère de dresser un procès-verbal d'infraction sur le fondement de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme. Par la présente requête, ils demandent l'annulation de la décision implicite du maire de la commune de Val d'Isère refusant de faire droit à cette demande.
2. En premier lieu, la circonstance que le maire de la commune a, le 3 août 2021, délivré un permis de construire modificatif à la SCI Snow Fun n'est pas de nature à priver d'objet les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision implicite de rejet née le 1er septembre 2021 du silence gardé par le maire de la commune de Val d'Isère sur la demande des requérants tendant à ce qu'il soit dressé procès-verbal d'infractions commises par la SCI Snow Fun, qui n'a pas été retirée.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme : " () Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès-verbal. Copie du procès-verbal constatant une infraction est transmise sans délai au ministère public () ".
4. Il résulte des dispositions précitées du troisième alinéa de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme que le maire est tenu de dresser un procès-verbal lorsqu'il a connaissance d'une infraction mentionnée à l'article L. 480-4 du même code, résultant soit de l'exécution de travaux sans les autorisations prescrites par le livre IV du code, soit de la méconnaissance des autorisations délivrées.
5. Les requérants soutiennent que le maire de Val d'Isère était tenu de dresser un procès-verbal d'infraction à l'encontre de la SCI Snow Fun qui a procédé à la démolition quasi complète des murs extérieurs du bâtiment existant en méconnaissance des permis de construire délivrés les 28 octobre 2019 et 7 septembre 2020. Cependant, par arrêté du 3 août 2021, le maire a accordé un permis de construire modificatif portant sur la démolition partielle du chalet existant. Dans ces conditions, à la date de la décision attaquée, les travaux de démolition qui ont été régularisés par la délivrance d'un permis de construire modificatif ne constituent pas une infraction susceptible de justifier la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme.
6. Dans ces conditions et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions à fin d'annulation de la requête et, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
7. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par les requérants doivent dès lors être rejetées.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une quelconque somme au titre des frais exposés par les parties et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La requête n°2107353 est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de la commune de Val d'Isère et de la SCI Snow Fun présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme F M, à la commune de Val d'Isère, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la SCI Snow Fun.
Copie en sera adressée au préfet de la Savoie.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
La rapporteure,
A. Bedelet
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026