jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2107396 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP MILLIAND DUMOLARD THILL CHAMBERY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 novembre 2021 et un mémoire enregistré le 31 mai 2023, M. A B, représenté par Me Milliand, demande au tribunal :
1°) d'enjoindre à la commune de Valloire d'engager une procédure d'expropriation pour cause d'utilité publique des parcelles cadastrées n°H237, H238, H239, H571, H572 et H573 supportant les ouvrages de captage des sources de la Frédière ou d'envisager leur acquisition amiable, le tout dans le délai de trois mois courant à compter de la date de notification du jugement, sous astreinte journalière de 100 euros ;
2°) de fixer l'indemnité d'expropriation ou leur coût d'achat amiable à la somme totale de 333 952,40 euros ;
3°) de condamner la commune de Valloire au paiement d'une indemnité de 20 000 euros en réparation du préjudice qu'il a subi du fait de l'occupation irrégulière de sa propriété ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Valloire les dépens de l'instance chiffrés à 2 155,20 euros ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Valloire la somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les ouvrages de captage des eaux des sources de la Frédière ont été irrégulièrement implantés par la commune de Valloire sur sa propriété ;
- la commune ne justifie pas remplir les conditions posées par l'article 2261 du code civil pour l'acquisition d'une servitude de captage des eaux de cette source ;
- le cours de la prescription trentenaire prévue par cet article a été interrompu en septembre 1987 par une délibération de la commune de Valloire qui reconnaît son droit à indemnisation ;
- les dispositions de l'article 642 du code civil sont inapplicables en l'espèce ;
- le chiffrage proposé par l'expert désigné par le juge des référés du tribunal de céans est inférieur à la valeur réelle des sources de la Frédière ;
- la dépossession qu'il subit lui cause un préjudice évalué à 20 000 euros.
Par un mémoire enregistré le 3 mars 2022, la commune de Valloire conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la valeur des parcelles à exproprier ou acquérir fixées par l'expert judiciaire désigné par le juge des référés du tribunal est excessive ;
- elle a acquis le droit de capter les eaux des sources de la Frédière par le jeu de la prescription acquisitive et de l'article 642 du code civil ;
- la créance dont le requérant se prévaut au soutient de ses conclusions indemnitaires est prescrite et M. B ne justifie pas le montant du préjudice qu'il soutient avoir subi.
L'instruction a été close le 26 juin 2023 par ordonnance du 24 mai 2023.
Les parties ont été informées par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le jugement était susceptible d'être fondé sur trois moyens relevés d'office tirés de :
- l'irrecevabilité des conclusions à fin d'injonction dans la mesure où elles sont présentées à titre principal ;
- l'incompétence du juge administratif pour fixer l'indemnité d'expropriation ;
- et l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires en l'absence de liaison du litige.
M. B a répondu à ces moyens d'ordre public par un mémoire enregistré le 10 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Permingeat, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public ;
- et les observations de Me Clappier représentant M. B.
M. B a présenté une note en délibéré, enregistrée le 18 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est propriétaire de parcelles cadastrées n°H237, H238, H239, H571, H572 et H573 situées sur le territoire de la commune de Valloire (Savoie). En vue de la fourniture d'eau à ses habitants, la commune y a implanté, dans les années 1950, des ouvrages de captage des sources de la Frédière qui y prennent naissance. La procédure d'expropriation pour cause d'utilité publique de ces terrains, initiée en 1989, n'ayant pas été menée à son terme et aucun accord amiable n'ayant pu être conclu entre M. B et la commune de Valloire en raison d'un désaccord sur la valeur de ces parcelles, M. B demande au Tribunal, dans la présente instance, d'une part, d'enjoindre à la commune de Valloire d'engager une procédure d'expropriation pour cause d'utilité publique de ces parcelles ou d'envisager leur acquisition amiable, d'autre part, de fixer à 333 952,40 euros l'indemnité d'expropriation ou leur coût d'achat amiable et, enfin, de condamner la commune de Valloire au paiement d'une indemnité de 20 000 euros en réparation du préjudice qu'il a subi du fait de l'occupation irrégulière de sa propriété.
2. Les conclusions de M. B tendant à ce que le tribunal enjoigne à la commune de Valloire d'engager une procédure d'expropriation pour cause d'utilité publique des parcelles cadastrées n°H237, H238, H239, H571, H572 et H573 ou d'envisager leur acquisition amiable, sont présentées à titre principal. Elles sont donc, pour ce motif, irrecevables et doivent être rejetées comme telles.
3. Les conclusions de M. B tendant à ce que le tribunal fixe l'indemnité d'expropriation ou le prix d'acquisition amiable, par la commune, des parcelles cadastrées n°H237, H238, H239, H571, H572 et H573 ne relèvent pas de la compétence du juge administratif. Il y a donc lieu de les rejeter comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".
5. M. B a, par courrier du 22 juillet 2021, demandé à la commune de Valloire le paiement d'une somme totale de 333 952.40 euros correspondant au prix de cession amiable ou d'expropriation des parcelles cadastrées n°H237, H238, H239, H571, H572 et H573. Dans cette correspondance, il ne sollicite toutefois pas l'indemnisation des préjudices qu'il invoque devant le tribunal. Par suite, faute de liaison du litige, les conclusions correspondantes présentées par M. B doivent être rejetées comme irrecevables.
6. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".
7. Compte tenu de la qualité de partie perdante de M. B dans la présente instance, les frais d'expertise exposés dans l'instance de référé n°1902697 et liquidés à la somme de 2 1500.20 euros sont, par application des dispositions citées au point 6, mis à sa charge.
8. Eu égard à sa qualité de partie perdante dans l'instance, les conclusions présentées par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les dépens de l'instance de référé n°1902697 sont mis à la charge de M. B.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Valloire.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Permingeat, premier conseiller,
Mme Coutarel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
Le rapporteur,
F. Permingeat
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2107396
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026