mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2107634 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | TERRASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 15 novembre 2021, 29 mai 2022, et 30 janvier 2024 Mme B, représentée par Me Terrasson, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2021 par lequel la présidente du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Drôme a décidé de ne pas renouveler son engagement en qualité de sapeur-pompier volontaire ;
2°) de condamner le SDIS de l'Isère à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité fautive de la décision attaquée ;
3°) de mettre à la charge du SDIS une somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que l'arrêté contesté :
- a été édicté en méconnaissance de son droit d'être entendu rappelé par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;
- méconnaît le principe non bis in idem ;
- est entaché d'erreurs de fait.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 janvier, 25 août 2022, 21 mars 2023 et 20 février 2024, le SDIS de la Drôme conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son au rejet au fond et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante.
Le SDIS soutient que :
- la requête est irrecevable faute de comporter des moyens en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables faute de liaison du contentieux ;
- l'arrêté contesté est légal.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 mai 2023.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des moyens de légalité externe (hors incompétence) soulevés postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux (Conseil d'Etat, Intercopie, 20 février 1953).
Par lettre du 9 février 2024, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative l'instruction est susceptible d'être close le 1er mars 2024, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture de l'instruction a été prononcée le 2 mai 2024 par l'avis d'audience du même jour.
Vu :
- la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fourcade,
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public,
- et les observations de Me Terrasson, représentant Mme B, et de Mme A, représentant le SDIS de la Drôme.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, sapeur-pompier volontaire au sein de la caserne de Nyons, demande au tribunal d'annuler la décision du 14 octobre 2021 par laquelle le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Drôme a refusé de renouveler son engagement de sapeur-pompier volontaire à compter du 15 novembre 2021.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration ou sur une demande préalablement formée devant elle () ".
3. Les conclusions indemnitaires de la requête n'ayant pas été précédées d'une réclamation préalable en méconnaissance de l'article R.421-1 du code de justice administrative, le SDIS de la Drôme est fondé à faire valoir qu'elles sont irrecevables.
Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du 14 octobre 2021 :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense par le SDIS :
4. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. (). Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".
5. La requête de Mme B comporte des conclusions en annulation de l'arrêté du 14 octobre 2021, joint en annexe, et soulève le moyen tiré de la méconnaissance du principe non bis in idem. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense par le SDIS et tirée de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écartée.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 14 octobre 2021 :
6. L'arrêté attaqué a été pris au motif vague que " le comportement et la manière de servir [de l'intéressée] sont non-conformes et inadaptés aux dispositions du règlement intérieur et à la charte du sapeur-pompier volontaire ". Le SDIS a précisé les faits sur lesquels la décision attaquée est fondée dans le cadre de ses écritures contentieuses.
7. En premier lieu, les retards isolés et de courte durée reprochés à l'intéressée ne suffisent pas à caractériser un comportement non conforme de nature à justifier un refus de renouvellement d'engagement.
8. En deuxième lieu, les faits de refus d'obéissance et/ou de nonchalance et afférents aux journées des 8 et 18 mai et 21 juillet 2019 sont relatés de façon peu circonstanciée et demeurent isolés.
9. En troisième lieu, si à la suite d'une intervention n° 18982 relatée dans un courrier du 25 juillet 2019 son coéquipier émet des doutes sur la façon dont l'intéressée à pris les constantes d'un blessé, sous-entendant que l'opération aurait été trop rapide pour être sérieuse, aucune référence temporelle n'est précisée. En outre, l'intéressée, aide-soignante, expose être suffisamment expérimentée pour prendre des constantes dans un délai bref. En l'état de l'instruction, cet épisode ne saurait être regardé comme établissant des lacunes de Mme B dans l'exercice de ses fonctions.
10. En quatrième lieu, il est constant que l'intéressée souffrait d'une gastro-entérite le 9 novembre 2019 la mettant hors d'état d'exercer sa garde. Dans ces circonstances, le SDIS de la Drôme ne saurait ni lui reprocher des défaillances dans l'exécution de la manœuvre du jour ni de n'avoir pas réussi à se faire remplacer pour finir la garde, ce qu'elle a au demeurant tenté de faire ainsi qu'en témoignent les SMS adressés à ses collègues en ce sens.
11. En cinquième lieu, si le DSIS de la Drôme remet en cause la suffisance de la condition physique de l'intéressée il ne s'appuie sur aucun fait précis alors que l'intéressée justifie exercer au cours des années 2018/2019 un art martial à haut niveau.
12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la requérante est fondée à soutenir que la matérialité des faits qui lui sont reprochés n'est pas établie. Par suite, l'arrêté du 14 octobre 2021 doit être annulé.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du SDIS de la Drôme une somme de 1 500 euros à verser à Mme B. Les conclusions présentées par le SDIS de la Drôme, partie perdante, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 14 octobre 2021 par lequel le président du Conseil d'administration du SDIS de la Drôme a refusé de renouveler l'engagement de sapeur-pompier volontaire de Mme B est annulé.
Article 2 : Le SDIS de la Drôme versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au Service départemental d'incendie et de secours de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024 , à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Fourcade, première conseillère,
Mme Pollet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.
La rapporteure,
F. FOURCADE
Le président,
C. VIAL-PAILLERLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026