mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2107637 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CONCORDE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 novembre 2021 et 19 janvier 2022, M. D et Mme O I, M. E A, M. F M, M. P N, M. Q L, M. C K et M. J H, représentés par Me Petit, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 mai 2021 par lequel le maire de la commune de Challes-les-Eaux a délivré un permis de construire valant division parcellaire et permis de démolir à la SARL ADP, ensemble la décision implicite rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Challes-les-Eaux la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- la servitude de passage mentionnée sur les plans du dossier de demande de permis de construire ne bénéficie pas à la canalisation des eaux pluviales figurant sur le plan de gestion des eaux pluviales et le dossier de permis ne comporte pas la justification de la servitude d'accès et de passage en ce qui concerne les réseaux d'eaux pluviales et d'électricité sur la parcelle voisine cadastrée n°751 ;
- les caractéristiques du transformateur électrique ne sont pas précisées en méconnaissance des articles R. 431-8 et 431-9 du code de l'urbanisme et cette insuffisance a été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet aux règles d'urbanisme applicables à ce type d'installation par rapport aux limites séparatives, à l'emprise au sol, à la hauteur et à l'article UG9 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) habitat et déplacement de Grand Chambéry ; le service instructeur aurait dû inviter la pétitionnaire à compléter son dossier et ne pouvait procéder par le biais d'une prescription ;
- en l'absence de servitude de passage et de précisions sur les caractéristiques du transformateur électrique, la desserte électrique du projet ne peut être considérée comme assurée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 111-1 du code de l'urbanisme ;
- le service instructeur n'a pas pu vérifier la conformité du projet à l'article UG7 du règlement du PLUi relatif aux obligations en matière de stationnement et le projet méconnaît ces dispositions en raison des contradictions liées à l'implantation du transformateur électrique qui se situeraient sur deux places de stationnement nécessaires au projet ;
- le dossier de permis de construire comporte des contradictions s'agissant de la gestion des eaux pluviales, les données fournies par les bureaux d'études de la SAS Equaterre et du cabinet Aix Geo n'étant pas concordantes s'agissant des surfaces imperméabilisées et les autres documents de la demande de permis ne sont pas concordantes sur le coefficient de biotope par surface (CBS) ;
- le projet méconnaît l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme en l'absence de statut d'association syndicale des acquéreurs ;
- il méconnaît les dispositions du 1 de l'article UG3 du règlement du PLUi concernant la mixité sociale ;
- il méconnaît les dispositions du 2/ de l'article UG4 du règlement du PLUi relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;
- il méconnaît les dispositions du 5/ de l'article UG4 du règlement du PLUi relatives à la hauteur des constructions ;
- il méconnaît les dispositions du 3/ de l'article UG5 du règlement du PLUi relatives à l'aspect des constructions en ce qui concerne les volumes et les façades ;
- il méconnaît les dispositions du 2/ de l'article UG6 du règlement du PLUi relatives à la qualité des espaces libres ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG7 du règlement du PLUi s'agissant du nombre de box fermés ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG8 du règlement du PLUi et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions du 3/ de l'article UG9 du règlement du PLUi s'agissant de la gestion des eaux pluviales moyennes à fortes et les dispositions II.3 du plan de prévention du risque inondation (PPRi) du bassin chambérien relatives à la maîtrise de l'assainissement pluvial ;
- il méconnaît les dispositions du 4/ de l'article UG9 du règlement du PLUi concernant l'accessibilité du coffret technique électrique.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 2022, la commune de Challes-les- Eaux, représentée par la SCP Milliand/Dumollard/Thill conclut au rejet de la requête et à la condamnation solidaire des requérants à lui verser une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par des mémoires en défense enregistrés les 24 novembre 2021 et 2 mars 2022, la SARL ADP, représentée par Me Louche, conclut au rejet de la requête et à la condamnation des requérants à lui verser une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un courrier du 1er septembre 2022, les parties ont été avisées de ce que le tribunal était susceptible de sursoir à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dans l'attente de la régularisation du vice tenant à la méconnaissance des dispositions du 3/ de l'article UG5 du règlement du PLUi.
Des observations ont été produites le 5 septembre 2022 par la SARL ADP.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme G,
- les conclusions de Mme B,
- et les observations de Me Buffet pour les requérants, de Me Pierroz pour la commune de Challes-les-Eaux et de Me Louche pour la SARL ADP.
Les requérants ont produit une note en délibéré le 7 septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 12 mai 2021, le maire de la commune de Challes-les-Eaux a délivré un permis de construire valant division parcellaire et permis de démolir à la SARL ADP pour la construction de trois bâtiments pour un total de 44 logements. Les requérants demandent l'annulation de l'arrêté du 12 mai 2021 et de la décision implicite rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la composition du dossier de permis de construire :
2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme prévoit que le projet architectural comprend une notice précisant " 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain () ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder ".
4. D'une part, l'accès au terrain d'assiette du projet n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la servitude de passage depuis la voie publique, sur la copropriété de l'immeuble " Domaine des Cèdres " est mentionnée dans la notice descriptive de février et mars 2021 et figure sur le plan de division du dossier de demande de permis de construire. Ce plan fait apparaître son emplacement et ses caractéristiques. Par suite et dès lors que l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme n'exige pas que l'acte de servitude soit joint à la demande, le moyen tiré de l'insuffisance sur ce point du dossier de demande de permis de construire doit être écarté.
5. D'autre part, les autorisations d'urbanisme étant accordées sous réserve des droits des tiers, ces dispositions n'ont pas pour objet et ne sauraient avoir pour effet d'imposer aux pétitionnaires de justifier, dans leurs demandes d'autorisations d'urbanisme, des autorisations éventuellement nécessaires sur le fondement du droit privé pour assurer le raccordement aux réseaux publics des ouvrages projetés.
6. S'il est soutenu que le dossier de permis de construire déposé par la SARL ADP ne comportait pas la servitude de passage sur la parcelle cadastrée section H n°751 afin de permettre la réalisation du raccordement de l'immeuble au réseau des eaux pluviales et au réseau électrique, cette circonstance est sans incidence sur la complétude du dossier de permis de construire et n'est pas de nature à avoir faussé l'appréciation portée par le maire sur la conformité du projet à la législation en vigueur, dès lors que les autorisations d'urbanisme sont délivrées sous réserve des droits des tiers. Au demeurant, l'arrêté attaqué comporte une prescription selon laquelle " les branchements transiteront par le domaine des Cèdres " et la servitude de passage devra être fournie au service des eaux. Dès lors, le moyen tiré du défaut de servitude doit être écarté.
7. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'opération projetée nécessite la création d'un poste de distribution publique. Les requérants ne peuvent utilement soutenir que les caractéristiques du transformateur électrique ne sont pas précisées en méconnaissance du c) du 2°) de l'article R. 431-8 et du premier alinéa de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme et que la commune aurait dû inviter la SARL ADP à compléter son dossier afin de pouvoir vérifier la conformité du projet à la réglementation applicable relative aux règles de prospect, à l'emprise au sol et à la hauteur des constructions dès lors qu'un transformateur électrique ne constitue pas une construction ou un aménagement au sens de ces dispositions. Par ailleurs, l'arrêté délivrant le permis de construire comporte une prescription selon laquelle l'avis Enedis, qui précise les caractéristiques du transformateur, devra être respecté et qu'en particulier, le maître d'ouvrage devra se rapprocher d'Enedis afin de définir l'emplacement du poste de transformation. Bien que le " plan avant-projet " joint à l'avis d'Enedis matérialise ce poste à l'endroit où deux places de stationnement sont projetées, cette implantation n'est ni impérative ni définitive dès lors que ce plan ainsi que l'avis lui-même indiquent que " l'emplacement du poste sera défini conjointement avec Enedis lors de la demande de raccordement ". En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le transformateur électrique, qui n'a en tout état de cause pas nécessairement à être prévu et s'intégrer aux bâtiments ou aux clôtures, et le coffret technique ne puissent être implantés en un lieu accessible depuis l'espace public en méconnaissance du 4/ de l'article UG9 du règlement du PLUi. Ainsi, le moyen tiré de ce que le dossier de demande de permis de construire comporterait une contradiction sur l'implantation du poste de transformation de nature à fausser l'appréciation portée par le service instructeur sur la conformité du projet au 4/ de l'article UG9 et à l'article UG7 du règlement du PLUi doit être écarté. En outre, contrairement à ce qu'il est soutenu, le maire pouvait régulièrement assortir le permis d'une prescription tenant au respect de l'avis Enedis dès lors que celle-ci entraîne une modification sur un point précis et limité, qui ne nécessite pas la présentation d'un nouveau projet et a pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés à la réglementation applicable.
8. En troisième lieu, si les études de la SAS Equaterre, du cabinet Aix Géo et l'attestation de calcul de CBS par surface comportent des données qui ne concordent pas pour chaque type de surface de l'unité foncière, elles respectent toutes le taux de coefficient de biotope fixé en zone UGi par l'article UG6 du règlement du PLUi à 40% minimum de la superficie de l'unité foncière et les requérants n'apportent aucun élément pour le contester sérieusement. Ainsi, l'insuffisance entachant le dossier de permis de construire n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à l'article UG6 du règlement du PLUi relatif au coefficient de biotope.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété ou que le demandeur justifie de la conclusion avec la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent d'une convention prévoyant le transfert dans leur domaine de la totalité des voies et espaces communs une fois les travaux achevés ".
10. Les places de stationnements automobiles et vélos dédiées au lot 1 sont séparées de celles dédiées au lot 2. Il ressort du plan de division de la demande de permis de construire que le lot 1 sera grevé de servitudes de passage et de tréfonds permettant l'accès des piétons et des véhicules au lot 2 ainsi que le passage du réseau de chauffage tandis que le lot 2 sera grevé d'une servitude de passage permettant l'accès aux stationnements situé sur le lot 1. Par ailleurs, les bassins de rétention d'eaux pluviales présent sur chacun des deux lots ne communiqueront pas. Ainsi, contrairement à ce qu'il est soutenu, le projet contesté ne prévoit pas de voies ou d'espaces communs au sens de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne le respect de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme :
11. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 6 et 7, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la mixité sociale :
12. Le 1/ de l'article UG3 du règlement du PLUi prévoit que dans la commune de Challes-les-Eaux, " () les constructions neuves, opérations d'ensemble (autre que les lotissements) () créant plus de 5 logements ou plus de 350 m² de surface de plancher de logements doivent intégrer une part minimum de 35% de logements locatifs sociaux ordinaires (financés en PLS, PLUS et PLAI), en nombre et arrondi à l'entier le plus proche, ou, le cas échéant, à l'entier supérieur () ".
13. Le projet contesté qui prévoit la réalisation de 44 logements dont 15 logements locatifs sociaux ordinaires ne méconnaît pas les dispositions du 1/ de l'article UG3 du règlement du PLUi.
En ce qui concerne les distances d'implantation :
14. Le 2/ de l'article UG4 du règlement du PLUi relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives prévoit qu'au sein du secteur UGi, " les constructions doivent être implantées :
) soit en limite, à condition qu'il ne s'agisse pas d'une limite de zone et que l'une des conditions suivantes soit remplie : / que la construction à édifier soit en continuité d'un bâtiment existant sur le fond voisin lui-même construit en limite () / que la hauteur à l'égout du toit de la construction n'excède pas 3 m en limite.
) soit en retrait d'une distance comptée horizontalement de tout point d'une construction au point le plus proche de la limite séparative au moins égale à la moitié de la différence de hauteur entre ces deux points () ".
15. Aux termes de l'article 5 des dispositions générales du PLUi applicables à l'ensemble des zones urbaines, les limites séparatives " correspondent aux limites entre le terrain d'assiette de la construction, constitué d'une ou plusieurs unités foncières, et le ou les terrains contigus. En sont exclues les limites de l'unité foncière par rapport aux voies et emprises publiques () " et les voies " comprennent les espaces publics et privés ouverts à la circulation publique affectés aux déplacements quel que soit le mode d'utilisation (piéton, deux roues, véhicules), ainsi que les espaces végétalisés paysagers qui les accompagnent. Toutefois les espaces dédiés aux modes de déplacement doux (piéton, vélo, ) présentant une largeur inférieure ou égale à 4 m ne sont pas considérés comme des voies, mais comme des emprises publiques ". L'emprise publique correspond au sens du règlement du PLUi " aux espaces extérieurs ouverts au public qui ne répondent pas à la notion de voie ni de cheminements piétons et cycles : places et placettes, cours d'eau domaniaux, jardins publics, équipement publics, cheminements piétons inférieurs à 4 m, voie ferrée ".
16. D'une part, au vu de ces dispositions combinées, le chemin piétonnier situé à l'ouest du projet et qui à l'évidence présente une largeur inférieure à 4 mètres constitue une " emprise publique " au sens du règlement du PLUi même s'il appartient à des propriétaires privés. En l'absence de tout obstacle, et malgré l'apposition d'un panneau " chemin privé ", ceux-ci doivent être regardés comme ayant consenti à son ouverture à la circulation publique. Par suite, le moyen tiré de ce que le bâtiment A méconnaît le 2/ de l'article UG4 du règlement du PLUi relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives doit être écarté comme inopérant.
17. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que les façades est et sud du bâtiment B et les façades est et nord du bâtiment C ne méconnaissent pas la règle de prospect fixée au 2/ de l'article UG4 du règlement du PLUi.
En ce qui concerne la hauteur des constructions :
18. Le 5/ de l'article UG4 du règlement du PLUi relatif à la hauteur des constructions prévoit qu'au sein du secteur UGi, " la hauteur à l'égout du toit est fixée à 9 m maximum " et " la hauteur totale est fixée à 11 m maximum ".
19. Il ressort des pièces du dossier et notamment des plans de façade et des plans de coupe que la hauteur du bâtiment A et C est inférieure à 9 mètres à l'égout du toit. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du 5/ de l'article UG4 du règlement du PLUi doit être écarté.
En ce qui concerne l'aspect des constructions :
20. Aux termes du 3/ de l'article UG5 du règlement du PLUi relatif à l'aspect des constructions :
" () Volumes : Les constructions projetées doivent présenter une simplicité de volumes. Les gabarits doivent être adaptés à l'échelle générale des constructions avoisinantes (). En cas de grande longueur, le bâtiment doit être fractionné en plusieurs volumes.
Façades
() Les façades de grande longueur (supérieures à 15 m) devront être travaillées sur le plan architectural pour assurer son insertion qualitative dans le site et éviter l'effet de masse du bâti () ".
21. Le secteur d'implantation du projet se caractérise par une hétérogénéité des constructions. Si des maisons individuelles sont présentes dans l'environnement proche du projet contesté, deux bâtiments collectifs de type R+4 sont implantés sur la parcelle contiguë au terrain d'assiette du projet. Ainsi, les immeubles projetés n'apparaissent pas inadaptés à l'échelle générale des constructions avoisinantes. Par ailleurs, les façades de grande longueur des trois bâtiments projetés sont travaillées sur le plan architectural pour assurer leur insertion qualitative dans le site et éviter l'effet de masse du bâti compte tenu du jeu de couleurs, de relief et de profondeur proposé grâce aux balcons et terrasses.
22. En revanche, si le projet comporte trois bâtiments, en raison de leur grande longueur, chaque bâtiment doit être fractionné en plusieurs volumes. En l'absence de véritables décrochés de façades marqués, le bâtiment A ne peut être regardé comme fractionné en plusieurs volumes comme l'exige l'article UG5. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le permis de construire attaqué méconnaît les dispositions du 3/ de l'article UG5 du règlement du PLUi.
En ce qui concerne les espaces libres :
23. Le 2/ de l'article UG6 du règlement du PLUi relatif à la qualité des espaces libres prévoit qu'" Afin de conserver les caractéristiques paysagères du territoire ou de la commune, les arbres à haute tige doivent être conservés ou remplacés ".
24. Bien que le plan de masse du dossier de permis de construire emploie le mot " plante ", il ressort des pièces du dossier et notamment de la notice de la demande de permis de construire que les sept arbres de haute tige existants seront remplacés par quinze arbres également de haute tige d'essences diverses en favorisant les essences locales (bouleau commun, aulne, érable). Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du 2/ de l'article UG6 du règlement du PLUi doit être écarté.
En ce qui concerne le respect du 1/ de l'article UG7 du règlement du PLUi :
25. En premier lieu, les requérants soutiennent que le nombre de places de stationnement prévu par le projet serait insuffisant au regard de l'article UG7 du règlement du PLUI dès lors qu'Enedis a prévu, dans son avis du 29 mars 2021, l'implantation d'un transformateur électrique sur deux places de stationnement projetés. Cependant, compte tenu de ce qui a été dit au point 7, le moyen doit être écarté.
26. En second lieu, le 1/ de l'article UG7 du règlement du PLUi prévoit que " pour les constructions en logement collectif ou intermédiaire, les places couvertes ou aménagées dans le volume de construction principale peuvent être réalisées en box fermés uniquement pour les logements de l'opération qui comportent au moins une cave privative ou un cellier () ".
27. Il ressort de la notice descriptive du projet attaqué de mars 2021 que le lot 1 comportant 29 logements et 29 caves et le lot 2 comportant 15 logements dont 12 avec cellier prévoit respectivement la réalisation de 29 et 9 box fermés. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du 1/ de l'article UG7 du règlement du PLUi doit être écarté.
En ce qui concerne le respect de l'article UG8 du règlement du PLUi :
28. Aux termes de l'article UG8 du règlement du PLUi relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès au voies ouvertes au public :
" 1/ Conditions d'accès aux voies
Pour être constructible, une unité foncière doit être desservie par un accès à une voie publique ou privée () La mutualisation des accès entre plusieurs opérations nouvelles ou existante doit être privilégiée. Les accès débouchant sur les voies publiques doivent être aménagés en fonction de l'importance du trafic desdites voies, de façon à éviter toute contrainte et tout danger pour la circulation générale (). Les accès doivent présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civile et être adaptés à l'opération future (). Le raccordement de l'accès à la voirie ouverte au public sera conçu de manières à optimiser les conditions de sécurité, en privilégiant notamment :
) Un raccordement perpendiculaire à la voirie circulée ;
) La création d'une zone de stockage d'un véhicule à plat ou en tout état de cause avec une pente de 5% maximum au droit du raccordement ;
) Le dégagement de la visibilité (muret, clôture, haie)
2/ Voirie
La destination et l'importance des constructions ou installations doivent être compatibles avec la capacité de la voirie publique ou privée qui les dessert.
Les constructions et installations doivent être desservies par des voies ouvertes à la circulation publique ou privée dont les caractéristiques permettent notamment l'approche des moyens de lutte contre l'incendie et de protection civile. Les voies en impasse doivent être aménagées dans leur partie terminale de façon à permettre l'accès et le demi-tour des véhicules de secours ().
Les nouvelles voiries devront :
) avoir des caractéristiques répondant à l'importance ou à la destination de la construction ou de l'ensemble des constructions envisagées sur la ou les unités foncières desservies ;
) être conçues de façon à assurer la sécurité des déplacements des modes actifs (piétons, vélos, etc.) ou être en espace partagé ;
) être plantées et paysagées de façon à s'intégrer dans leur environnement urbain ;
) comprendre du stationnement sur voie. Cette règle ne s'applique pas aux voiries desservant moins de 5 lots.
Les obligations précédentes sont cumulatives ".
29. Selon l'article 5 des dispositions générales du PLUi applicables à l'ensemble des zones urbaines, " l'accès correspond à l'espace donnant sur la voie publique ou privée carrossable, par lequel les véhicules pénètrent sur le terrain d'assiette du projet. Des accès mutualisés privés sont autorisés jusqu'à 3 constructions maximum () En cas d'implantation d'une 4ième construction, l'élargissement de la voie devra être réalisé dans les conditions définies à l'article 8 du règlement de la zone ".
30. Le permis, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, si l'administration et le juge administratif doivent, pour l'application des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie, il ne leur appartient de vérifier ni la validité de cette servitude ni l'existence d'un titre permettant l'utilisation de la voie qu'elle dessert, si elle est privée, dès lors que celle-ci est ouverte à la circulation publique. Il résulte par ailleurs des dispositions des articles L. 1424-2 et L. 1424-4 du code général des collectivités territoriales que les services publics d'incendie et de secours sont dans le cadre de leurs missions de protection et de secours, en droit d'intervenir sur tout le territoire de la commune, sans que puisse leur être opposé le caractère privé des voies qu'ils doivent emprunter. Dès lors, pour apprécier les possibilités d'accès de ces services au même terrain d'assiette, il appartient seulement à l'autorité compétente et au juge de s'assurer que les caractéristiques physiques d'une voie d'accès permettent l'intervention de leurs engins, la circonstance que cette voie ne serait pas ouverte à la circulation publique ou grevée d'une servitude de passage étant sans incidence.
31. Il ressort de l'acte notarié du 13 septembre 2019 que le terrain d'assiette du projet est desservi depuis le chemin des Parelles par une servitude de passage grevant la parcelle cadastrée section H n°751 où se situe l'immeuble " Domaine des Cèdres ". L'emprise de cette servitude, matérialisée notamment sur le plan de masse du permis de construire, est suffisante pour permettre l'accès des véhicules de secours et de lutte contre l'incendie et la circulation induite par le projet, en plus de celle découlant de l'usage par les résidents de l'immeuble " Domaine des Cèdres ". Bien qu'elle ne comporte pas de trottoirs, la voie d'accès mutualisée depuis le chemin des Parelles qui est rectiligne et fermée par un portail impliquant une vitesse de circulation limitée présente des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de sécurité et l'accès débouchant sur le chemin des Parelles présente une vue dégagée et ne présente pas de dangerosité particulière. Enfin, si l'article 5 des dispositions générales du PLUi impose en cas d'implantation d'une 4ième construction, que " l'élargissement de la voie devra être réalisé dans les conditions définies à l'article 8 du règlement de chaque zone ", il renvoie aux dispositions de l'article 8 du règlement de chaque zone concernant les conditions d'accès aux voies et non à la voirie contrairement à ce que soutiennent les requérants. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG8 du règlement du PLUi et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doivent être écartés.
En ce qui concerne les eaux pluviales :
32. Le 3/ de l'article UG9 du règlement du PLUi prévoit pour la gestion des pluies moyennes à fortes que " Tout nouvel aménagement doit assurer la maîtrise des écoulements d'eaux pluviales générés par les pluies moyennes à fortes, par rétention temporaire et infiltration et/ou rejet à débit contrôlé, en respectant les règles imposées en termes de débit de rejet maximal autorisé (cf. zonage spécifique) et de période de retour d'insuffisance minimale à assurer (cf. zonage spécifique). L'infiltration doit être privilégiée () ". Le II.3 du PPRi, du bassin chambérien annexé au PLUi de Grand Chambéry, prévoit en outre que " Toute construction nouvelle devra être équipée de dispositifs de maîtrise des eaux pluviales permettant de ne pas aggraver les conditions d'écoulement et de concentration des eaux par rapport à l'état naturel ".
33. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'arrêté attaqué impose le respect strict de l'ensemble des prescriptions émises par le service des eaux du Grand Chambéry dans son avis et indique de manière suffisamment précise le dispositif de gestion des eaux pluviales retenu. L'ouvrage projeté pour la gestion des eaux pluviales du bassin versant amont (bâtiments A et B) devra disposer d'un dispositif de faible profondeur permettant d'optimiser la filtration par les sols pour la gestion des pluies courantes. La gestion des pluies fortes sera assurée par le dispositif d'infiltration en modules alvéolaires d'un volume utile de 66 m³. Ce dispositif ne devra pas être doté de trop plein, son débordement devra respecter un parcours à moindre dommage. Le bassin versant aval (bâtiment C) est constitué de surface à dominante perméable. La mise en place d'enrobé drainant permettra de gérer l'intégralité des pluies courantes à la source. Les pluies fortes seront collectées dans un bassin de rétention de 11,1 m³ qui disposera d'un débit de fuite de 1 l/s. Cette régulation de débit devra être assurée par régulateur de type vortex. Ce dispositif ne devra pas être doté de trop plein, son débordement devra respecter un parcours à moindre dommage. La circonstance que des débordements soient possibles en cas de pluies fortes n'est pas de nature à établir que le dispositif prévu ne permettra pas d'assurer la maîtrise des écoulements de ces pluies et de ne pas aggraver les conditions d'écoulement et de concentration des eaux par rapport à l'état naturel dès lors qu'il est imposé que ces débordements respectent un parcours à moindre dommage. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance du 3/ de l'article UG9 du règlement du PLUi et du II.3 du PPRi du bassin chambérien relatif à la maîtrise de l'assainissement pluvial doivent être écartés.
En ce qui concerne le respect du 4/ de l'article UG9 du règlement du PLUi :
34. Le 4/ de l'article UG9 du règlement du PLUi concernant l'électricité prévoit que " Le raccordement au réseau de distribution électrique est obligatoirement enterré. Les emprises pour les transformateurs doivent être préférentiellement prévues et intégrées aux bâtiments ou aux clôtures. Les coffrets techniques doivent être intégrés à la construction ou à un muret et doivent être accessibles depuis l'espace public ".
35. Compte tenu de ce qui a été dit au point 7, le moyen tiré de la méconnaissance du 4/ de l'article UG9 du règlement du PLUi doit être écarté.
Sur les conséquences de l'illégalité relevée :
36. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " () le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux () ".
37. En l'espèce, le vice relevé au point 22 du présent jugement est susceptible d'être régularisé sans remettre en cause la conception générale du projet. En conséquence, il doit être sursis à statuer dans l'attente de la délivrance d'un permis de construire modificatif qui devra intervenir dans un délai de six mois à compter de la date de notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er :Il est sursis à statuer sur la requête dans l'attente de la délivrance d'un permis de construire modificatif qui devra intervenir dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 2 :Tous droits des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. D et Mme O I, M. E A, M. F M, M. P N, M. Q L, M. C K et M. J H, à la commune de Challes-les-Eaux et à la SARL ADP.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La rapporteure,
A. G
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026