mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2108017 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SOUBEYRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 novembre 2021, M. A B, représenté par Me Soubeyrand, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 avril 2021 par lequel le président de la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo a refusé de reconnaître imputable au service l'accident du 20 juin 2019, ensemble la décision implicite prise sur recours gracieux ainsi que la décision du 27 septembre 2021 se prononçant sur la demande de communication des motifs ;
2°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo de réexaminer la demande d'imputabilité au service de l'accident, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 7 avril 2021 et la décision implicite prise sur recours gracieux sont insuffisamment motivées ;
- le président de Valence Romans Agglo s'est cru en situation de compétence liée par l'avis de la commission de réforme ;
- l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 a été méconnu.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2023, la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo conclut à la tardiveté de la requête, à son rejet et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est tardive et que les moyens soulevés ne sont en tout état de cause pas fondés.
Vu :
- la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pollet,
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public,
- les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, animateur principal de 1e classe, a déclaré un accident de service survenu le 20 juin 2019. Par un avis du 14 janvier 2021, la commission de réforme a estimé que l'accident n'était pas imputable au service. Par une décision du 7 avril 2021, le président de la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo a refusé de reconnaître imputable au service l'accident du 20 juin 2019. M. B a présenté un recours gracieux. Une décision implicite de rejet est née. Par une décision du 27 septembre 2021, la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo s'est prononcée expressément sur la demande de communication des motifs présentée par M. B.
Sur le périmètre du litige :
2. Si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
3. Il résulte de ce qui précède, que la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle le président de la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo a rejeté son recours gracieux contre la décision du 7 avril 2021 refusant de reconnaître imputable au service l'accident survenu le 20 juin 2019, doit être regardée comme dirigée contre la décision du 27 septembre 2021 par laquelle le président de la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo a expressément rejeté ce recours.
Sur les conclusions en annulation :
4. Il résulte des termes des décisions attaquées que celles-ci comportent les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles se fondent, notamment les éléments faisant obstacle à la reconnaissance par la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo de l'imputabilité au service de l'accident déclaré par M. B. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. Il ne résulte pas des termes des décisions attaquées que le président de la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo se soit senti lié par l'avis de la commission de réforme du 14 janvier 2021. Par suite, le moyen tiré de ce que le président de la communauté d'agglomération se serait senti lié par l'avis de la commission de réforme doit être écarté.
6. Aux termes de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 applicable à la date de la décision attaquée : " () II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. () Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. () ". L'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 a aussi, en conséquence de l'institution du congé pour invalidité temporaire imputable au service à l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, modifié l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 applicable au litige.
7. L'application de ces dispositions résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 était manifestement impossible en l'absence d'un texte réglementaire fixant, notamment, les conditions de procédure applicables à l'octroi de ce nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. Les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 ne sont donc entrées en vigueur, en tant qu'elles concernent la fonction publique territoriale, qu'à la date d'entrée en vigueur du décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale, soit le 13 avril 2019, et ne s'appliquent aux situations en cours que sous réserve du respect des exigences attachées au principe de non-rétroactivité qui exclut que de nouvelles dispositions s'appliquent à des situations juridiquement constituées avant leur entrée en vigueur. Les droits des agents publics en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie a été diagnostiquée.
8. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
9. Si la commission de réforme a considéré lors de sa réunion du 14 janvier 2021 que le syndrome d'épuisement professionnel décrit par M. B n'était pas imputable au service, les certificats médicaux produits issus de son médecin généraliste et de deux psychologues relèvent quant à eux que les troubles constatés chez le requérant étaient en lien avec son activité professionnelle. Y sont décrites des souffrances au travail en lien avec une organisation globale de travail. Or, ces éléments sont contredits par la déclaration d'accident du travail effectuée par l'intéressé y relatant un effondrement psychologique postérieur à une réunion du 20 juin 2019 portant sur l'organisation du service à compter de septembre 2019. En outre, il ressort des termes de l'avis de la commission de réforme que l'expertise médicale diligentée le 4 juin 2020 atteste de ce que les conditions de l'épuisement décrit par l'intéressé restent à déterminer. En tout état de cause, M. B n'apporte aucun commencement de preuve ni même n'allègue que le syndrome dont il souffre qui ne figure pas dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale, est à l'origine d'une incapacité permanente dont le taux s'élèverait au moins à 25 %. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur de droit que la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo a pu retenir que la pathologie n'était pas imputable au service.
10. Ainsi, il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
11. Les conclusions présentées par M. B partie perdante, doivent être rejetées. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, première conseillère,
Mme Pollet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
La rapporteure,
MA. POLLET
Le président,
C. VIAL-PAILLERLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026