lundi 27 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2108028 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BALLALOUD-ALADEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 25 novembre 2021, le 7 décembre 2021 et le 5 avril 2022, Mme C B, M. A B, Mme F B et M. G E, représentés par Me Olivier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 mai 2021 par lequel le maire de Saint-Jorioz a délivré un permis d'aménager modificatif à la SA Immobilier, ensemble la décision de rejet implicite de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Jorioz et à la SA Immobilier une somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le projet méconnaît le plan de prévention des risques naturels car le dossier ne comporte pas une étude géotechnique de sol rendue obligatoire par le règlement D du plan ;
- le permis d'aménager modificatif est contraire à l'article 3.2 du règlement de la zone UC relatif à la voirie et à l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2022, la SA Immobilier, représentée par Me Planchet, conclut au rejet de la requête, et, à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge solidairement des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de l'absence d'intérêt pour agir des requérants contre les changements apportés au permis d'aménager initial ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Une clôture d'instruction immédiate est intervenue le 24 avril 2022.
Le 29 avril 2022, la SA immobilier a produit un mémoire postérieurement à la clôture d'instruction, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de Me Olivier pour les requérants et de Me Planchet pour la SA Immobilier.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 avril 2020, la SA Immobilier a déposé une demande de permis d'aménager en vue de la construction d'un lotissement dénommé " Les vignes du Buloz " de quatre lots sur les parcelles cadastrées section AN n° 86, 101p1 et 461 situées chemin du Buloz sur la commune de Saint-Jorioz. Par un arrêté du 12 novembre 2020, la commune de Saint-Jorioz a délivré le permis d'aménager sollicité. La société pétitionnaire a déposé le 19 mars 2021 un permis d'aménager modificatif pour la suppression d'un lot, la création d'une aire de retournement et la mise en place d'un stationnement visiteurs et la réduction de la pente de voirie. Par un arrêté du 26 mai 2021, le maire de la commune de Saint-Jorioz a délivré le permis d'aménager modificatif. Par un courrier du 27 juillet 2021 réceptionné en mairie le 28 juillet 2021, Mme C B, M. A B, Mme F B et M. G E ont déposé un recours gracieux tendant au retrait de cet arrêté. Par la présente requête, ils demandent l'annulation de cet arrêté ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial ou après avoir épuisé les voies de recours contre le permis initial, ainsi devenu définitif, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Il appartient dans tous les cas au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées, mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction ou, lorsque le contentieux porte sur un permis de construire modificatif, des modifications apportées au projet.
4. Pour justifier de leur intérêt pour agir à l'encontre du permis d'aménager modificatif, les requérants font valoir la création de vues sur le projet, de nuisances pendant les travaux ainsi que d'un afflux de voitures supplémentaires.
5. D'une part, si le permis d'aménager initial délivré le 12 novembre 2020 a fait l'objet d'un recours gracieux, il est devenu définitif à défaut de toute contestation devant le juge administratif. Par suite, l'intérêt à agir des requérants contre le permis d'aménager modificatif ne peut être apprécié qu'au regard de la portée des modifications que celui-ci, délivré le 26 mai 2021, apporte au projet initialement autorisé.
6. D'autre part, le permis d'aménager modificatif se borne à réduire le nombre de lots de quatre à trois, à créer une aire de retournement sur le lot 3 et une place de stationnement visiteur et à réduire la pente de la voirie. Ainsi, le permis d'aménager modificatif n'a nullement pour effet de créer des vues ou un afflux de voitures supplémentaires. Dès lors que le projet initial prévoyait un lot supplémentaire et prévoyait déjà une voirie qui a d'ailleurs été raccourcie, le permis d'aménager a au contraire, pour effet, de diminuer les nuisances invoquées. En outre, ces modifications mineures ne sauraient faire regarder le permis d'aménager modificatif comme un nouveau permis d'aménager. Dès lors que les requérants ne justifient pas en quoi les modifications apportées au permis d'aménager initial seraient susceptibles d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien, leur intérêt pour agir, lequel comme il a été dit, doit être apprécié au regard des seules modifications apportées au projet initialement autorisé, n'est pas établi.
7. Il résulte de ce qui précède que, quand bien même les requérants sont voisins immédiats, ils ne justifient pas d'un intérêt pour agir eu égard à la portée des modifications apportées par le permis d'aménager modificatif du 26 mai 2021 au projet initialement autorisé. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense, tirée du défaut d'intérêt à agir, doit être accueillie et les conclusions à fin d'annulation de ce permis d'aménager modificatif doivent donc être rejetées.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Jorioz et de la SA Immobilier, qui ne sont pas les parties perdantes, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants une somme globale de 1 500 euros à verser à la SA Immobilier au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des consorts B et de M. E est rejetée.
Article 2 : Les requérants verseront la somme de 1 500 euros à la SA Immobilier sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B en application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la SA Immobilier et à la commune de Saint-Jorioz.
Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2023.
La rapporteure,
E. D
Le président,
J-P WYSS
La greffière,
C. JASSERAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026