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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2108062

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2108062

jeudi 2 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2108062
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCOUTELIER CABINET D'AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du 2 juin 2021 du maire d'Huez-en-Oisans autorisant des travaux sur un établissement recevant du public (ERP) pour un espace bar/billard et un magasin. Le requérant soutenait que le dossier de demande était incomplet au regard des articles R 111-19-17 et D 111-19-18 du code de la construction et de l'habitation et méconnaissait les règles d'accessibilité. Le tribunal a jugé que, malgré d'éventuelles insuffisances dans les documents produits, l'autorité compétente disposait d'éléments suffisants pour vérifier la conformité du projet à la réglementation applicable. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation, sans application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la rocédure suivante :
ar une requête et des mémoires, enregistrés les 23 novembre 2021, 21 décembre 2021 et 11 mars 2024 (ce dernier non communiqué), M. C... A..., re résenté ar la SELARL CDMF-avocats, affaires ubliques, agissant ar Me Fiat, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 2 juin 2021 ar lequel le maire de la commune d’Huez-en-Oisans a autorisé des travaux sur un établissant recevant du ublic délivré à M. B... our l’aménagement d’un es ace bar/billard et d’un magasin, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune d’Huez-en-Oisans le versement d’une somme de 3 000 euros en a lication des dis ositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- il a intérêt à agir ;
- le dossier de demande d’autorisation de travaux est incom let en l’absence de ièces du dossier devant être fournies au titre des articles R 111-19-17 et D 111-19-18 du code de la construction et de l’habitation ;
- il méconnait la réglementation a licable s’agissant de l’accessibilité our les ersonnes à mobilité réduite.


ar un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2022, la commune d'Huez-en-Oisans, re résentée ar la SELARL BG avocats, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du requérant une somme de 3 000 euros en a lication de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l’intérêt à agir du requérant n’est as établi ;
- les moyens de la requête ne sont as fondés.


Vu les autres ièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
Les arties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience ublique :
- le ra ort de Mme Barriol,
- les conclusions de Mme aillet-Augey, ra orteure ublique,
- et les observations de Me Vincent, re résentant le requérant, et de Me Rourret, re résentant la commune d’Huez-en-Oisans.

Considérant ce qui suit :
M. D... B... a souhaité aménager un es ace bar/billard et un magasin dans les anciens locaux d’un dé ôt de bus situé sur les arcelles cadastrées section AC n° 540, 548, 549, 550, 551, 532, 534 dans la station de ski de l’Al es d’Huez avenue de l’Eclose. Ces deux es aces constituant des établissements recevant du ublic de Ty e et N et de 5ème catégorie, sans locaux à sommeil, il a dé osé le 17 novembre 2020, en lus d’un ermis de construire, la demande d’autorisation de travaux révue ar l’article L. 111-8 du code de la construction et de l’habitation alors a licable. ar un arrêté du 2 juin 2021, le maire de la commune d’Huez-en-Oisans a délivré l’autorisation de travaux sollicitée. ar un recours gracieux du 28 juillet 2021 notifié le 30 juillet suivant, M. A... a sollicité le retrait de l’arrêté contesté. Il demande l’annulation de cette autorisation de travaux et de la décision de rejet de son recours gracieux du 24 se tembre 2021.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En ce qui concerne la com osition du dossier de ermis de construire :
D’une art, aux termes de l’article L. 111-8 du code de la construction et de l’habitation alors en vigueur : « Les travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du ublic ne euvent être exécutés qu'a rès autorisation délivrée ar l'autorité administrative qui vérifie leur conformité aux règles révues aux articles L. 111-7 (…) ». Aux termes de l’article L. 111-7 du même code : « Les dis ositions architecturales, les aménagements et équi ements intérieurs et extérieurs des locaux d'habitation, qu'ils soient la ro riété de ersonnes rivées ou ubliques, des établissements recevant du ublic, des installations ouvertes au ublic et des lieux de travail doivent être tels que ces locaux et installations soient accessibles à tous, et notamment aux ersonnes handica ées (…) ». Aux termes de l’article R. 111-19-14 du même code : « L'autorisation ne eut être délivrée que si les travaux rojetés sont conformes : a) Aux règles d'accessibilité aux ersonnes handica ées rescrites, our la construction ou la création d'un établissement recevant du ublic, à la sous-section 4 de la résente section (…) ».
D’autre art, aux termes de l’article R. 111-19-17 alors a licable du code de la construction et de l’habitation : « (…) Sont joints à la demande, en trois exem laires : a) Un dossier ermettant de vérifier la conformité du rojet avec les règles d'accessibilité aux ersonnes handica ées, com renant les ièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 ; / b) Un dossier ermettant de vérifier la conformité du rojet avec les règles de sécurité, com renant les ièces mentionnées à l'article R. 123-22 (…). Aux termes de l’article R. 111-19-18 du même code : « Le dossier, mentionné au a de l'article R. 111-19-17, com rend les ièces suivantes : (…) 1° Un lan coté en trois dimensions récisant les cheminements extérieurs (…), 2° un lan coté en trois dimensions récisant les circulations intérieures horizontales et verticales, les aires de stationnement (….) ».

Si la régularité de la rocédure d’instruction d’une autorisation de construire, d’aménager ou de modifier un établissement recevant du ublic requiert la roduction ar le étitionnaire de l’ensemble des informations exigées notamment ar les dis ositions récitées, la circonstance que les documents roduits seraient insuffisants, im récis ou com orteraient des inexactitudes ne constitue as nécessairement une irrégularité de nature à entacher la légalité de l’autorisation si l’autorité com étente est en mesure, grâce aux autres ièces roduites, d’a récier la conformité du rojet à la réglementation a licable.

D’une art, le dossier de demande du étitionnaire com ortait une notice d’accessibilité mentionnant la catégorie des établissements recevant du ublic (ER ) à laquelle a artient l’établissement, décrivant notamment les caractéristiques des circulations intérieures horizontales et verticales. En outre, le dossier com rend les lans de niveaux RDC et étage avec cote à l’échelle 1/100ème ermettant de situer l’ensemble de ces éléments et de mesurer les es aces et les circulations.

D’autre art, s’agissant des laces de stationnement, cette même notice récise que le rojet com orte deux laces ada tées aux ersonnes handica ées accessibles à roximité de chacune des deux entrées d’une dimension de 3,30 x 5 mètres. Cette notice décrit comment le rojet rend en com te l'accessibilité aux ersonnes handica ées et notamment les cheminements extérieurs. Il ne ressort as des ièces du dossier qu’elle est insuffisante au regard des dis ositions du 3° de l’article D. 111-19-18 du code de la construction et de l'habitation récité. La notice indique notamment que les deux ortes d’accès rinci ales sont accessibles de uis les laces de stationnement dédiées, que la ente est de 3% sans ressaut hormis au niveau de l’entrée de deux centimètres et que le demi-tour est ossible sur la totalité du cheminement de uis la voie ublique. En outre, le lan de masse du dossier ermet de localiser les deux laces de stationnement ada tées et le cheminement jusqu’aux entrées des deux établissements.

ar suite, le moyen tiré du caractère incom let du dossier de demande d’autorisation doit être écarté dans toutes ses branches.

En ce qui concerne les laces de stationnement :

Aux termes de l’article 3 de l’arrêté du 8 décembre 2014 fixant les dis ositions rises our l'a lication des articles R. 111-19-7 à R. 111-19-11 du code de la construction et de l'habitation, désormais codifiées aux articles R. 164-1 à R. 164-5 de ce code, et de l'article 14 du décret n° 2006-555 relatives à l'accessibilité aux ersonnes handica ées des établissements recevant du ublic situés dans un cadre bâti existant et des installations existantes ouvertes au ublic : « Dis ositions relatives au stationnement automobile. / Le résent article s'a lique à tout arc de stationnement automobile intérieur ou extérieur à l'usage du ublic et dé endant d'un établissement recevant du ublic ou d'une installation ouverte au ublic ainsi qu'aux arcs de stationnement en ouvrage, enterrés ou aériens. / I. - Usages attendus : / Tout arc de stationnement visé ar le résent article com orte une ou lusieurs laces de stationnement ada tées our les ersonnes handica ées et réservées à leur usage. (…) 3° Nombre : Les lace ada tées destinées à l'usage du ublic résentent au minimum 2 % du nombre total de laces révues our le ublic. Le nombre minimal de laces ada tées est arrondi à l'unité su érieure. (…) ».

Il ressort des ièces du dossier, notamment de la notice et du lan de masse, que le rojet révoit l’aménagement de huit laces de stationnement destinées aux deux établissements dont deux laces ada tées our les ersonnes handica ées et réservées à leur usage. Ainsi, le rojet res ecte le nombre minimal de laces ada tées induit ar le rojet. ar ailleurs, la commission consultative dé artementale de sécurité et d’accessibilité de l’Isère a émis, en ce qui concerne le rojet, un avis favorable en date du 12 avril 2021 sous réserve de la rise en com te de la rescri tion formulée relative à l’aménagement d’une surlongueur matérialisée au sol our les laces de stationnement créées en vue de signaler la ossibilité our une ersonne en fauteuil roulant de sortir ar l’arrière de son véhicule. Or, l’article 2 de l’arrêté contesté im ose le res ect de cette rescri tion dont il n’est as établi qu’elle n’est as réalisable.

En ce qui concerne la sécurité :

Le rojet est desservi ar l’avenue de l’Eclose d’une largeur de douze mètres et ermet de desservir en sécurité le bar et le commerce alors que le bâtiment était récédemment destiné aux bus et ce en dé it du fait que le rojet jouxte un tunnel routier. Il ne ressort as des ièces du dossier, au regard des caractéristiques et de la destination du rojet, que celui-ci résente des risques articuliers en matière de sécurité our les clients des deux établissements ni our les usagers de la route et ce quand bien même le règlement du lan local d'urbanisme autoriserait des constructions le long de la rue des asseaux.

Il résulte de tout ce qui récède, sans qu’il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir o osées en défense, que les conclusions à fin d’annulation résentées ar le requérant doivent être rejetées.

Sur les frais de l’instance :

Aux termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la artie tenue aux dé ens ou, à défaut, la artie erdante, à ayer à l’autre artie la somme qu’il détermine, au titre des frais ex osés et non com ris dans les dé ens. Le juge tient com te de l’équité ou de la situation économique de la artie condamnée. Il eut, même d’office, our des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a as lieu à cette condamnation. ». 

Les dis ositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d’Huez-en-Oisans, qui n’est as la artie erdante, une somme au titre des frais ex osés ar le requérant.

Il y a lieu, en revanche, en a lication de ces dis ositions, de mettre à la charge de M. A... le versement à la commune d’Huez-en-Oisans d’une somme de 1 000 euros au titre des frais non com ris dans les dé ens qu’elle a ex osés.




D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée

Article 2 : M. A... versera à la commune d’Huez-en-Oisans une somme de 1 000 euros en a lication de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le résent jugement sera notifié à M. C... A..., à la commune d'Huez-en-Oisans, à la réfète de l’Isère et à M. D... B....


Délibéré a rès l'audience du 18 se tembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Thierry, résident,
Mme Beytout, remière conseillère,
Mme Barriol, remière conseillère.


Rendu ublic ar mise à dis osition au greffe le 2 octobre 2025.


La ra orteure,

E. Barriol

Le résident,

. Thierry


La greffière,




A-A. Grimont

La Ré ublique mande et ordonne à la réfète de l’Isère en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les arties rivées, de ourvoir à l’exécution de la résente décision.

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