mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2108220 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | MESSERLY |
Vu la procédure suivante :
Par deux courriers enregistrés les 21 octobre et 15 novembre 2021, Mme D C, représentée par Me Messerly, demande au tribunal d'enjoindre au centre hospitalier rhumatologique d'Uriage de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n°s 1800250 et 1800255 du 16 juin 2020 par lequel le tribunal a condamné le centre hospitalier rhumatologique d'Uriage à lui verser l'équivalent du traitement indiciaire qu'elle aurait perçu si elle avait été classée à partir du 1er janvier 2012 au 3ème échelon du grade des assistants médico-administratifs dans le cadre d'un avancement à l'ancienneté moyenne jusqu'à la date de la notification du présent jugement, dans la limite de 7 100 euros ; a renvoyé Mme A C devant le centre hospitalier rhumatologique d'Uriage pour la liquidation du montant de la condamnation prononcée à l'article 1er et a condamné le centre hospitalier rhumatologique d'Uriage à lui verser la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans l'instance n° 1800255.
Elle soutient que :
- la décision telle que rendue par le tribunal n'a pas été correctement et intégralement exécutée ;
- le centre hospitalier rhumatologique d'Uriage fait application d'un avancement à la durée moyenne (2 ans) à compter du 1er janvier 2012 et procède à un passage à l'échelon 4 pour évaluer le préjudice au 1er janvier 2014 (et ainsi de suite pour les changements d'échelon) ; or, pour évaluer le préjudice, les changements d'échelon doivent se faire à la date du 20 octobre et non du 1er janvier ; le centre hospitalier aurait donc dû prendre en compte dans son calcul un passage à l'échelon 4 au 20 octobre 2012 et non au 1er janvier 2014 ; les calculs du centre hospitalier sont donc bel et bien erronés.
Par une ordonnance datée du 2 décembre 2021, le président du Tribunal administratif de Grenoble a prononcé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement n° 1800250-180255 rendu le 16 juin 2020 par le Tribunal administratif de Grenoble.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 janvier 2022, le Centre Hospitalier Rhumatologique d'Uriage, par son conseil, conclut au rejet de la requête et demande la condamnation de la requérante à lui verser la somme de 1500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requérante a reçu le règlement de la somme de 2 533,14 euros dès le 13 novembre 2020 ; le centre hospitalier avait effectivement oublié de régler la somme de 1 500 euros au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative, ce qui a été régularisé dès le 27 avril 2021 ;
- le Tribunal n'a pas ordonné le reclassement à l'échelon demandé, mais a uniquement retenu un préjudice financier et prévu des conditions pour la liquidation dudit préjudice ; concernant l'ancienneté, le jugement ne prévoit pas une reprise de l'ancienneté au 20 octobre 2010, contrairement aux demandes de l'agent, qui interprète la décision de justice ;
- le Centre hospitalier en exécution du jugement a reconstitué la situation de l'agent en
fonction des règles applicables.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2011-660 du 14 juin 2011 portant statuts particuliers des personnels administratifs de la catégorie B de la fonction publique hospitalière ;
- le décret n° 2011-661 du 14 juin 2011 portant dispositions statutaires communes à
divers corps de fonctionnaires de la catégorie B de la fonction publique hospitalière ;
- le décret n° 2017-1737 du 21 décembre 2017 modifiant l'échelonnement indiciaire de divers corps, cadres d'emplois et emplois de la fonction publique de l'Etat, de la fonction publique territoriale, et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public,
- les observations de Me Messerly, représentant Mme D C.
- les observations de Me Yver, représentant le Centre Hospitalier Rhumatologique d'Uriage.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A C a été recrutée comme agent contractuel par le centre hospitalier rhumatologique d'Uriage à compter du 9 octobre 2006 pour y exercer les fonctions de secrétaire médicale. Elle a été titularisée dans le grade des adjoints administratifs de 1ère classe, au 1er janvier 2010. Par décision rectificative n° 2012-008 du 6 février 2012, Mme A C a été nommée dans le grade d'assistant médico-administratif de classe normale, classée au 2ème échelon correspondant à l'indice brut 333 et à l'indice majoré 316, avec une ancienneté conservée au 20 octobre 2011. En dernier lieu, elle a été classée au grade d'assistant médico-administratif de classe normale à l'indice brut 389 et à l'indice majoré 356 à compter du 20 juin 2017, par décision n° 2017-272 du 24 août 2017. Par une requête n° 1800250, Mme A C a demandé l'annulation de cette décision en tant qu'elle n'a pas été classée au 5ème échelon du grade d'assistant médico-administratif de classe normale à l'indice brut 406 et à l'indice majoré 366 avec une ancienneté acquise au 20 avril 2016, ensemble la décision du 20 novembre 2017 portant rejet de son recours gracieux. Mme A C a présenté également des conclusions en injonction tendant à la reconstitution de sa carrière. Dans la requête n° 1800255, Mme A C a demandé la condamnation du centre hospitalier rhumatologique d'Uriage à lui verser la somme de 8 100 euros en indemnisation des préjudices subis dans sa carrière du fait de l'établissement. Par un jugement n°s 1800250 et 1800255 du 16 juin 2020, qui n'a pas donné lieu à appel, le tribunal administratif a rejeté les conclusions d'excès de pouvoir tendant à l'annulation de la décision n° 2017-272 du 24 août 2017, condamné le centre hospitalier rhumatologique d'Uriage à lui verser l'équivalent du traitement indiciaire qu'elle aurait perçu si elle avait été classée à partir du 1er janvier 2012 au 3ème échelon du grade des assistants médico-administratifs dans le cadre d'un avancement à l'ancienneté moyenne jusqu'à la date de la notification du présent jugement, dans la limite de 7 100 euros ; a renvoyé Mme A C devant le centre hospitalier rhumatologique d'Uriage pour la liquidation du montant de la condamnation prononcée à l'article 1er et a condamné le centre hospitalier rhumatologique d'Uriage à lui verser la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans l'instance n° 1800255. Par une lettre enregistrée le 21 octobre 2021, Mme D C, a saisi le tribunal d'une demande d'exécution de ce jugement. Par une ordonnance du 2 décembre 2021, le président du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue de prescrire, s'il y a lieu, les mesures qui seraient nécessaires à l'exécution intégrale de ce jugement.
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du même code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () la juridiction saisie () peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte / () ". Aux termes de l'article R. 921-5 de ce code : " Le président de la cour administrative d'appel ou du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. /Lorsque le président estime qu'il a été procédé à l'exécution ou que la demande n'est pas fondée, il en informe le demandeur et procède au classement administratif de la demande ". Et aux termes de l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent (), le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. () / L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet ".
3. Si le juge de l'exécution saisi, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, d'une demande d'exécution d'une décision juridictionnelle comportant déjà des mesures d'exécution édictées sur le fondement de l'article L. 911-1 peut préciser la portée de ces mesures dans l'hypothèse où elles seraient entachées d'une obscurité ou d'une ambiguïté, éventuellement les compléter, notamment en fixant un délai d'exécution et en assortissant ces mesures d'une astreinte, il ne saurait en revanche les remettre en cause. Il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 d'apprécier l'opportunité de compléter les mesures déjà prescrites ou qu'il prescrit lui-même par la fixation d'un délai d'exécution et le prononcé d'une astreinte suivi, le cas échéant, de la liquidation de celle-ci, en tenant compte tant des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision que des diligences déjà accomplies par les parties tenues de procéder à l'exécution de la chose jugée ainsi que de celles qui sont encore susceptibles de l'être.
4. Aux termes de l'article 13 du décret n° 2011-661 du 14 juin 2011 portant dispositions statutaires communes à divers corps de fonctionnaires de la catégorie B de la fonction publique hospitalière, dans sa version alors applicable : " () III. - Les fonctionnaires appartenant à un corps ou un cadre d'emplois de catégorie C ou de même niveau qui détiennent un grade situé en échelle 5, en échelle 4 ou en échelle 3 sont classés conformément au tableau de correspondance ci-après. () Au 3ème échelon si l'ancienneté dans l'ancien échelon est supérieure à un an. Ancienneté acquise au-delà d'un an () ".
5. Mme A C soutient que par une décision n° 2011-173 du 6 octobre 2011, il avait été procédé à son dernier classement dans son ancien grade d'adjoint administratif de 1ère classe, au 3ème échelon. Elle justifiait, ainsi, à cette date, d'une ancienneté décomptée à partir du 20 octobre 2010. Par suite, lors de sa promotion prononcée dans le corps d'assistant médico-administratif de classe normale au 1er janvier 2012, elle bénéficiait d'une ancienneté supérieure à un an et aurait dû être classée au 3ème échelon de son nouveau grade. Il est vrai que dans le cadre de la reconstitution de carrière opérée à la suite du jugement devenu définitif du 16 juin 2020, Mme A C, qui avait atteint le 3ème échelon de son ancien grade d'adjointe administrative de 1ère classe depuis le 20 octobre 2010, soit depuis plus d'une année à la date du 1er janvier 2012, aurait dû être reclassée au 3ème échelon avec reprise de l'ancienneté acquise au-delà d'un an, soit deux mois et onze jours pour la période comprise entre le 20 octobre 2011 et le 1er janvier 2012, en application des dispositions de l'article 13 du décret n° 2011-661 du 14 juin 2011 rappelées au point 4. Toutefois, aux termes de l'article 1er du jugement n°s 1800250 et 1800255 du 16 juin 2020, le centre hospitalier rhumatologique d'Uriage a uniquement été condamné à verser à la requérante l'équivalent du traitement indiciaire qu'elle aurait perçu si elle avait été classée à partir du 1er janvier 2012 au 3ème échelon du grade des assistants médico-administratifs dans le cadre d'un avancement à l'ancienneté moyenne, sans reprise de l'ancienneté acquise au-delà d'un an décomptée au 20 octobre 2010.
6. Dès lors, Mme A C n'est pas fondée à soutenir que dans le cadre de l'exécution de ce jugement, son préjudice aurait dû être calculé sur la base du 4ème échelon du 20 octobre 2012 au 19 octobre 2014, du 5ème échelon du 20 octobre 2014 au 19 octobre 2016, du 6ème échelon du 20 octobre 2016 au 19 octobre 2018 et du 7ème échelon du 20 octobre 2018 au 19 octobre 2020.
7. Il s'ensuit que, dans le cadre de la présente instance, le centre hospitalier rhumatologique d'Uriage, qui a calculé le préjudice sur la base d'une promotion de l'intéressée au 3ème échelon au 1er janvier 2012, du 4ème échelon (IB 359 et IM 334 ; durée de l'échelon sur 2 ans) au 1er Janvier 2014, du 5ème échelon (IB 381 et IM 351 au 1er Janvier 2016) et du 6ème échelon du 1er janvier 2019 au 10 juillet 2020, et qui soutient, sans être utilement contredit, que ce calcul a tenu compte des reclassements liés au grade et aux revalorisations de la grille indiciaire en conformité avec le décret n° 2016-637 du 19 mai 2016 et à l'arrêté du même jour, , de la revalorisation indiciaire liée au PPCR (Parcours professionnels, carrières et rémunérations) qui a été repoussée d'un an, soit au 1er janvier 2019 et non au 1er janvier 2018, aux termes du décret n° 2017-1737 du 21 décembre 2017, doit être regardé comme ayant exécuté le jugement du 16 juin 2020.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la demande de Mme A C doit être rejetée en toutes ses conclusions. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de condamner Mme A C à verser au centre hospitalier rhumatologique d'Uriage une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier rhumatologique d'Uriage au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au centre hospitalier rhumatologique d'Uriage.
Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président-rapporteur,
M. d'Argenson, premier conseiller,
Mme Fourcade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.
Le président-rapporteur,
C. E
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
PH. D'ARGENSON Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2108220
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026