mercredi 24 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2108235 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CAMILLE MIALOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 novembre 2021, la Société GE IMMO GROUP, représentée par Me Mialot et Me Poulard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 septembre 2021 par laquelle le directeur de l'Établissement public foncier de la Savoie (EPFL 73) a exercé le droit de préemption urbain à l'occasion de l'aliénation de l'immeuble bâti sur la parcelle cadastrée A n° 1785 ;
2°) d'enjoindre à l'EPFL 73 de lui proposer d'acquérir la parcelle A n° 1785 à un prix visant à rétablir les conditions de la transaction à laquelle l'exercice du droit de préemption a fait obstacle ;
3°) de mettre à la charge de l'EPFL 73 une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le droit de préemption urbain n'a pas été institué sur le territoire de la commune de Crest-Voland ;
- la décision attaquée n'a pas été précédée d'une convention signée entre l'EPFL 73 et la commune ;
- la délégation consentie à l'EPFL 73 est illégale et n'est pas devenue exécutoire ;
- l'EPFL 73 ne justifie pas d'une action ou d'une opération d'aménagement.
La requête a été communiquée à l'EPFL 73, qui n'a pas produit de mémoire.
Une mise en demeure a été adressée le 24 janvier 2023 à l'EPFL 73.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Naillon,
- et les conclusions de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Le 10 juin 2021, la société GE IMMO GROUP SA a signé un compromis de vente avec les consorts A, pour acheter un chalet sur la parcelle cadastrée A n°1785, dans la commune de Crest-Voland. Le 2 juillet 2021, la mairie a reçu la déclaration d'intention d'aliéner. Par délibération du 21 juillet 2021, le conseil municipal a " donné son accord de principe pour la préemption de ce bien par un portage foncier avec l'EPFL de la Savoie ". Par délibération du 12 août 2021, le conseil municipal a délégué l'exercice du droit de préemption urbain au profit de l'EPFL 73 afin de préempter le bâtiment en litige. Par l'arrêté du 28 septembre 2021, dont la société requérante sollicite l'annulation, le directeur de l'EPFL 73 a décidé d'exercer le droit de préemption à l'occasion de l'aliénation de l'immeuble.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Aux termes de l'article 14 des statuts de l'EPFL 73 : " Aucune opération de l'établissement public ne peut être réalisée sans l'avis favorable de la commune sur le territoire de laquelle l'opération est prévue. Cet avis est réputé donné dans un délai de deux mois à compter de la saisine de la commune. / La signature d'une convention opérationnelle précisera les engagements respectifs de l'établissement foncier et de la collectivité compétente. Elle précisera la destination de l'acquisition, le mode d'intervention (amiable, préemption, expropriation), la durée du portage, les modalités de paiement, la formation du prix de rétrocession ".
3. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
4. A l'appui de sa requête, la société soutient que la décision attaquée relative à l'exercice du droit de préemption n'a pas été précédée de la signature de la convention prévue par l'art 14 des statuts de l'EPFL. Si aucun texte législatif ou réglementaire n'impose la signature d'une telle convention, l'EPFL 73 a adopté cette règle qui figure dans ses statuts à l'article relatif à ses modalités d'intervention. Ces dispositions, qui peuvent être utilement invoquées à l'encontre de la délibération attaquée, doivent être regardées comme imposant la conclusion d'une convention opérationnelle entre l'EPFL 73 et la commune de Crest-Voland. Si elles ne précisent pas que la convention opérationnelle doit être signée avant l'exercice du droit de préemption, l'objet même de cette convention, qui consiste notamment à préciser la destination de l'acquisition, le mode d'intervention, la durée du portage, les modalités de paiement, la formation du prix de rétrocession, implique nécessairement qu'elle soit signée avant la décision de l'établissement public foncier local. Alors qu'une copie de la requête a été communiquée le 15 décembre 2021 à l'EPFL 73, celui-ci a été mis en demeure de produire le 24 janvier 2023, et n'a pas donné suite. L'inexactitude des faits allégués par la société requérante ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier. Dans ces conditions, l'EPFL 73 doit être réputé avoir admis leur exactitude matérielle conformément aux dispositions précitées de l'article R. 612-6 du code de justice administrative. Dès lors que l'absence de cette convention opérationnelle a privé l'intéressé d'une garantie, le moyen présenté en ce sens doit être accueilli.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 28 septembre 2021 doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Il ne ressort, en l'espèce, d'aucune pièce du dossier que le transfert de propriété soit intervenu, au sens de l'article L. 213-14 du code de l'urbanisme. Le présent jugement a pour effet de redonner la possibilité au propriétaire du bien préempté, d'en disposer librement, sans être tenu par les prix et conditions de la déclaration d'intention d'aliéner, et sans que le titulaire du droit de préemption puisse à nouveau préempter dans un délai d'un an, en application de l'article L. 213-8 du code de l'urbanisme. Dès lors, il n'y a pas lieu d'enjoindre à l'EPFL 73 de proposer aux vendeurs, puis à la société requérante, d'acquérir le bien préempté conformément aux dispositions de l'article L. 213-11-1 du code de l'urbanisme.
Sur les frais du litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'EPFL 73 une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société requérante et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : La décision du 28 septembre 2021 du directeur de l'EPFL 73 est annulée.
Article 2 : L'EPFL 73 versera à la société GE IMMO GROUP SA une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la Société GE IMMO GROUP SA et à l'Établissement public foncier de la Savoie.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président,
Mme Holzem, première conseillère,
Mme Naillon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2024.
La rapporteure,
L. Naillon
Le président,
J.-P. Wyss
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2108235
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026