jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2108371 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu les procédures suivantes :
I/ Par une requête enregistrée sous le numéro 2108371 le 7 décembre 2021, M. G I, représenté par Me Huard, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 25 octobre 2021 par laquelle F français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
3°) d'enjoindre à l'OFPRA de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. I soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides et les dispositions de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
M. I a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 février 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2022, F français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. I ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 13 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 13 décembre 2023.
II/ Par une requête enregistrée sous le numéro 2108372 le 7 décembre 2021, Mme E H, représentée par Me Huard, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 25 octobre 2021 par laquelle F français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
3°) d'enjoindre à l'OFPRA de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme H soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides et les dispositions de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Mme H a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 février 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2022, F français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme H ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 13 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 13 décembre 2023.
III/ Par une requête enregistrée sous le numéro 2108373 le 7 décembre 2021, M. C I, représenté par Me Huard, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 25 octobre 2021 par laquelle F français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
3°) d'enjoindre à l'OFPRA de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. I soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides et les dispositions de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
M. I a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 février 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2022, F français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. I ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 13 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 13 décembre 2023.
IV/ Par une requête enregistrée sous le numéro 2108374 le 7 décembre 2021, Mme D I, représentée par Me Huard, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 25 octobre 2021 par laquelle F français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
3°) d'enjoindre à l'OFPRA de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme I soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides et les dispositions de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Mme I a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 février 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2022, F français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme I ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 13 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 13 décembre 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Paillet-Augey,
- les conclusions de M. Lefebvre, rapporteur public,
- et les observations de Me Miran, substituant Me Huard, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées n° 2108371-2108372-2108373-2108374 présentées pour Mme H et autres posent à juger des questions similaires concernant les membres d'une même famille et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
2. Mme H, expose qu'elle est née le 22 mai 1974 en Yougoslavie (actuelle Serbie), et entrée irrégulièrement en France en 2019, accompagnée de ses trois enfants alors mineurs, nés en Italie respectivement en 2004, 2005 et 2007. Sa demande d'admission au statut de réfugié, présentée en tant que ressortissante serbe, a été rejetée par une décision du 25 mars 2020 de F français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 5 février 2021. Le 16 avril 2021, Mme H a présenté, pour elle-même et au nom de ses trois enfants, des demandes de reconnaissance de la qualité d'apatride. Par quatre décisions du 25 octobre 2021, le directeur général de l'OFPRA a refusé de faire droit à ces demandes. Les requérants demandent, chacun en ce qui le concerne, l'annulation de ces décisions.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Il ressort des décisions susvisées du 22 février 2022 que l'aide juridictionnelle totale a été accordée à chacun des requérants. Leurs conclusions relatives à l'aide juridictionnelle provisoire ont ainsi perdu leur objet et il n'y a plus lieu de statuer sur celles-ci.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme A, cheffe de bureau des apatrides, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature du directeur général par décision du 1er octobre 2021, régulièrement publiée sur le site internet public de l'OFPRA le 7 octobre 2021. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides. Ces personnes sont régies par les dispositions applicables aux apatrides en vertu de cette convention ". Le paragraphe 1 de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides définit le terme apatride au sens de cette convention comme désignant " une personne qu'aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation ".
6. La reconnaissance de la qualité d'apatride implique d'établir que l'Etat susceptible de regarder une personne comme son ressortissant par application de sa législation ne le considère pas comme tel. Il incombe à toute personne se prévalant de la qualité d'apatride d'apporter la preuve qu'en dépit de démarches répétées et assidues, l'Etat de la nationalité duquel elle devrait pouvoir se prévaloir a refusé de donner suite à ses démarches.
7. Pour rejeter la demande de reconnaissance du statut d'apatride présentée par Mme H, F français de protection de réfugiés et apatridies (OFPRA) a notamment relevé qu'à supposer que le document produit à l'appui de sa demande, présenté comme l'original de son acte de naissance, délivré le 3 août 2016, soit authentique, cette pièce mentionne que la personne intéressée par cet acte, née de deux ressortissants yougoslaves, est de nationale serbe. Par ailleurs, F a retenu que l'intéressée, entendue le 19 juillet 2021 avec l'assistance d'un interprète en langue italienne, a livré des indications lacunaires sur son action pour faire valoir ses droits à la nationalité serbe, qui ne se trouvent d'ailleurs étayées par aucun élément concret.
8. Pour rejeter la demande de reconnaissance du statut d'apatride présentée pour les trois enfants de Mme H, F français de protection de réfugiés et apatridies (OFPRA) a relevé qu'il n'a pas été démontré que Mme H est privée de toute nationalité, ni même que des démarches sérieuses, adéquates et répétées auraient été accomplies auprès d'un Etat susceptible de la reconnaitre comme son ressortissant.
9. Il ressort des pièces des dossiers qu'au soutien de leurs demandes, les intéressés produisent, d'une part, la copie précitée de l'acte de naissance de Mme H, d'autre part, l'acte de décès de M. B I, décédé en France le 27 septembre 2021, époux de Mme H et père des intéressés, et, enfin, trois actes de naissance italiens délivrés respectivement le 1er février 2022 pour M. G I et Mme D I et le 3 août 2022 pour M. C I. A supposer que les documents produits permettent d'établir leur identité et leur état civil respectif, ceux-ci ne démontrent pas que Mme H a mené des démarches sérieuses, suivies et adéquates auprès des autorités serbes pour que lui soit reconnue la nationalité serbe. Ils ne justifient pas davantage avoir effectué de telles démarches auprès des autorités de la Macédoine du Nord, pays dont leur père, aujourd'hui décédé, avait la nationalité.
10. Il s'ensuit que les requérants n'établissent pas que les décisions attaquées méconnaissent les stipulations de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides, ni les dispositions de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni qu'elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
11. En troisième et dernier lieu, la décision qui attribue ou refuse d'attribuer la qualité d'apatride n'a par elle-même ni pour objet ni pour effet de conférer ou de retirer au demandeur le droit de séjourner en France. Une personne dont la demande de reconnaissance de la qualité d'apatride a été rejetée ne saurait dès lors utilement soutenir que le refus qui lui a été opposé aurait porté à son droit au respect de sa vie familiale une atteinte contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté comme inopérant.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par les requérants et, par voie de conséquence, leurs conclusions aux fins d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions tendant au bénéfice, à titre provisoire, de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :Les requêtes n° 2108371-2108372-2108373-2108374 sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G I, Mme E H, M. C I, Mme D I, et à F français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024 à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme Beytout, première conseillère,
Mme Paillet-Augey, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.
La rapporteure,
C. PAILLET-AUGEY
Le président,
P. THIERRY
La greffière,
A. ZANON
La République mande et ordonne à F français de protection des refugiés et apatrides en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2108371-2108372-2108373-2108374
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026