lundi 18 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2108399 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BERGER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 décembre 2021 et le 13 juillet 2022, la société civile immobilière (SCI) BA, représentée par Me Paturat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Baldoph a refusé de lui accorder un permis de construire ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Baldoph de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai de quinze jours suivant la lecture du jugement, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Baldoph la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté de refus de permis de construire attaqué ne mentionne pas le nom et le prénom de son signataire en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est insuffisamment motivé ;
- le motif de refus tiré de ce que le dossier ne comporte aucun élément justifiant la nécessité d'un logement de gardiennage pour le bâtiment à usage de bureaux est infondé dès lors que l'article UAa 1 du plan local d'urbanisme intercommunal habitat et déplacements (PLUI-HD) Grand Chambéry permet d'implanter un logement de gardien d'une surface de 20 m2 maximum accolé au bâtiment principal ;
- la commune de Saint-Baldoph ne pouvait exiger la production d'un plan de coupe précisant l'implantation du projet par rapport aux réseaux publics humides ce document n'étant pas exigé par l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme.
La commune de Saint-Baldoph, représentée par Me Ducroux, a présenté un mémoire en défense enregistré le 12 mai 2022 par lequel elle conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés ;
- au besoin une substitution de motif peut être opérée : il ne ressort pas du dossier de demande de permis de construire que le logement de fonction projeté aurait un usage de gardiennage ;
- au besoin une substitution de motif peut être opérée : il ne ressort pas du dossier de demande de permis de construire que le projet serait conforme à l'article UA9 du règlement du PLUI-HD Grand Chambéry.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Coutarel, première conseillère ;
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public ;
- et les observations de Me Paturat pour la SCI BA et de Me Durant pour la commune de Saint-Baldoph.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 10 octobre 2021, le maire de Saint-Baldoph (Savoie), a refusé de délivrer à la société civile immobilière (SCI) BA un permis l'autorisant à construire un bâtiment de bureaux avec local gardien allée du Crye. Dans la présente instance, la société en demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".
3. En l'espèce, l'arrêté attaqué mentionne son auteur par sa seule qualité de maire, sans indiquer son nom et son prénom et ne comporte aucune mention permettant d'identifier l'auteur, la signature manuscrite étant illisible. Dans ces conditions, la société requérante est fondée à soutenir que l'arrêté est entaché d'un vice de forme en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas contesté, que le projet sollicité respecte les prescriptions du règlement de la zone UAa du plan local d'urbanisme intercommunal habitat et déplacements (PLUI-HD) Grand Chambéry qui autorise la création d'habitation à destination de logement pour le gardiennage et dans la limite de 20 m2 accolé au bâtiment principal. Si le maire de Saint-Baldoph a rejeté la demande de permis de construire présentée au motif que le dossier ne comporte aucun élément justifiant de la nécessité de ce logement, aucune prescription du règlement la zone UAa n'impose une telle justification. Par suite, le maire de Saint-Baldoph ne pouvait se fonder sur ce premier motif pour refuser de délivrer le permis de construire sollicité.
5. La commune ne peut davantage invoquer en défense qu'il ne ressort pas du dossier de demande que le logement de fonction projeté aurait un usage de gardiennage alors que la demande mentionne la création d'un local gardien à usage d'habitation et que l'arrêté contesté qualifie lui-même le logement de " gardiennage ". La demande de substitution de motif ne peut donc être accueillie.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. 431-33-1 ; / c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. / Pour l'application des articles R. 423-19 à R. 423-22, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations mentionnées au a et au b ci-dessus. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. "
7. Si le service gestionnaire des eaux a rendu un avis tendant à la production de pièces complémentaires au regard de l'implantation du projet sur des réseaux d'eau potable, d'eaux usées et d'eaux pluviales qui transitent en servitude sur la parcelle, le plan de coupe précisant l'implantation du projet par rapport à ces réseaux n'est pas au nombre des pièces devant figurer dans une demande de permis de construire au sens des dispositions précitées du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, ce second motif de refus est erroné et ne pouvait donc justifier le refus de permis de construire opposé par le maire de la commune.
8. Pour établir que l'arrêté de refus est légal, la commune fait valoir en défense que le permis de construire aurait dû être refusé sur le fondement de l'article UA 9 du règlement du PLUI-HD Grand Chambéry dès lors que l'absence de production du plan de coupe précisant l'implantation du projet par rapport aux réseaux humides méconnait nécessairement les dispositions de cet article.
9. Aux termes de l'article UA 9 du règlement du PLUI-HD : " Toute construction ou installation desservie qui requiert une alimentation en eau potable doit être raccordée au réseau public de distribution d'eau potable conformément à la réglementation en vigueur et aux préconisations technique du Service des eaux () ".
10. Il ressort des dispositions précitées que celles-ci concernent uniquement le raccordement des constructions au réseau public de distribution et non l'implantation du projet de construction par rapport aux réseaux publics humides présents sur la parcelle. Par suite, ce motif de refus ne permet pas davantage de justifier le refus de permis de construire et la demande de substitution de motif doit être rejetée.
11. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 10 octobre 2021 par lequel le maire de Saint-Baldoph a refusé le permis de construire sollicité doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
12. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à déclaration de travaux après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncé dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
13. En l'espèce, le présent jugement censure l'intégralité des motifs de refus opposés à la SCI BA et il ne résulte pas de l'instruction qu'un autre puisse justifier la décision attaquée. Par suite, eu égard à ses propres motifs, il implique nécessairement que le maire de Saint-Baldoph délivre à la SCI BA le permis de construire sollicité assorti, le cas échéant, de prescriptions. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SCI BA, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par la commune de Saint-Baldoph et non compris dans les dépens.
15. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune Saint-Baldoph la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SCI BA et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 10 octobre 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Saint-Baldoph de délivrer à la SCI BA le permis de construire sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Saint-Baldoph versera à la SCI BA une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la commune Saint-Baldoph relatives aux frais non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCI BA et à la commune de Saint-Baldoph.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Coutarel, première conseillère,
M. Derollepot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2024.
La rapporteure,
A. Coutarel
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2108399
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026