lundi 10 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2108428 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MIABOULA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2021, Mme D F épouse A, représentée par Me Miaboula, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2021-10-05 du 19 octobre 2021 par lequel la préfète de la Drôme a refusé de faire droit à sa demande de regroupement familial au bénéfice de sa nièce ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Drôme de faire droit à ladite demande dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte journalière de 150 euros, ou à défaut de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé, en particulier au regard de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- les dispositions des articles L. 434-2 et L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont méconnues ;
- les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'article 8 la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnues ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2022, la préfète de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme C a présenté son rapport. Les parties ne sont ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A, ressortissante congolaise âgée de 34 ans, est entrée sur le territoire français en 2004. Elle s'est mariée avec un ressortissant français le 23 mai 2015. Deux enfants sont nés en France les 21 décembre 2015 et 30 décembre 2018. Le 1er mars 2021, elle a sollicité le regroupement familial au bénéfice de sa nièce née en 2013, Elodie Madison B, dont elle a obtenu la tutelle légale par jugement du tribunal d'instance de Poto-Moungali à Brazzaville du 6 avril 2017. Par l'arrêté attaqué du 19 octobre 2021, la préfète de la Drôme lui a refusé le regroupement familial au bénéfice de sa nièce.
Sur les conclusions en annulation :
Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
2. Aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur des enfants doit être une considération primordiale. [] ". Il résulte de ces stipulations que dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
3. Il ressort des pièces du dossier que par une décision de justice du tribunal d'instance de Poto - Poto Moungali Brazzaville du 6 avril 2017, la tutelle de l'enfant Elodie B a été confiée à Mme A. Par ailleurs, la requérante justifie pourvoir à des dépenses pour l'entretien et l'éducation de sa nièce, notamment scolaires et alimentaires et envoyer de l'argent depuis le mois de novembre 2020. Si l'enfant avait été confié à sa grand-mère, après le décès de sa mère, elle est désormais confiée à son oncle maternel depuis le décès de sa grand-mère, survenu le 23 juillet 2020. Il ressort des attestations produites à l'instance que l'enfant est décrite par les autorités de l'école où elle est inscrite comme esseulée et souvent livrée à elle-même. Dans ces conditions, il y a lieu de retenir que l'intérêt supérieur de cet enfant est de résider en France auprès de sa tante, tutrice légale, de son époux et de ses cousins, plutôt que dans son pays d'origine. Ainsi, Mme A est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations précitées et à en demander l'annulation pour ce motif.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
4. Le présent jugement implique qu'il soit enjoint à la préfète de la Drôme de faire droit à la demande de regroupement familial présentée par Mme A au bénéfice de sa nièce, E B. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de cette date.
Sur les frais de justice :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il est mis à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à Mme A, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté n° 2021-10-05 du 19 octobre 2021 par lequel la demande de regroupement familial présentée par Mme A au bénéfice de sa nièce a été refusée est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la Drôme de faire droit à la demande de regroupement familial présentée par Mme A au bénéfice de sa nièce, E B, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de cette date.
Article 3 : Il est mis à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à Mme A, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D F épouse A et à la préfète de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Wegner, président,
Mme Letellier, première conseillère,
M. Heintz, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2022.
La rapporteure,
C. CLe président,
S. Wegner
La greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026