mardi 13 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2108433 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | KARJANIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 12 décembre 2021, le 14 décembre 2021, le 4 novembre 2022 et un mémoire non communiqué enregistré le 27 mars 2025, M. G E, représenté par Me Karjania, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 13 octobre 2021 par laquelle le directeur général de l'Ecole nationale des sports de montagne a décidé de ne pas proroger la durée de validité de son livret de formation du diplôme d'Etat d'alpinisme-accompagnateur en moyenne montagne, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 12 novembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'Ecole nationale des sports de montagne, à titre principal, de proroger le délai de validité de son livret de formation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Ecole nationale des sports de montagne une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- elle est entachée d'incompétence dès lors qu'il n'est pas établi que son signataire a été nommé, par un texte régulièrement publié, en qualité de directeur général de l'Ecole nationale des sports de montagne ;
- l'avis de la section permanente de l'alpinisme de la commission de la formation et de l'emploi du conseil supérieur des sports de montagne n'a pas été joint à la décision attaquée ; sa régularité n'est donc pas établie ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que le refus de prolongation qui lui est opposé constitue un retrait de la décision créatrice de droits du 27 septembre 2021 alors même que cette décision n'était pas illégale ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mars 2025, le directeur général de l'Ecole nationale des sports de montagne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du sport ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 3 juin 2019 relatif à la formation spécifique du diplôme d'Etat d'alpinisme-accompagnateur en moyenne montagne ;
- l'arrêté du 4 avril 1991 relatif à la publication des décisions concernant la situation individuelle de certains fonctionnaires des services extérieurs et des établissements relevant du secrétariat d'Etat à la jeunesse et aux sports ;
- l'arrêté du 13 mai 2020 portant diverses mesures d'adaptation de l'organisation générale de la formation des diplômes d'Etat des métiers d'enseignement, d'encadrement et d'entraînement des sports de montagne à la situation d'urgence sanitaire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pfauwadel, président,
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public,
- les observations de Mme B, représentant l'Ecole nationale des sports de montagne.
Considérant ce qui suit :
1. M. E a suivi la formation spécifique, assurée par le Centre national de ski nordique et de moyenne montagne (CNSNMM), en vue d'obtenir le diplôme d'Etat d'alpinisme-accompagnateur en moyenne montagne. Le 9 septembre 2021, M. E a formulé une demande de prolongation de son livret de formation via le téléservice " démarches simplifiées ". Le 23 septembre 2021, il a adressé une demande identique au directeur général du CNSNMM. Le 27 septembre 2021, la demande qu'il a présentée sur le téléservice a été acceptée. Par une décision du 13 octobre 2021, le directeur général de l'Ecole nationale des sports de montagne a refusé de proroger la durée de validité de son livret de formation. Le recours gracieux présenté le 25 octobre 2021 par M. E a été rejeté par le directeur général de l'Ecole nationale des sports de montagne le 12 novembre 2021. M. E demande l'annulation de ces deux décisions.
2. Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 13 mai 2020 portant diverses mesures d'adaptation de l'organisation générale de la formation des diplômes d'Etat des métiers d'enseignement, d'encadrement et d'entraînement des sports de montagne à la situation d'urgence sanitaire : " En tant que de besoin, la durée de validité des livrets de formation () peut être prorogée par le directeur général de l'Ecole nationale des sports de montagne () ". Aux termes de l'article D. 211-61 du code du sport : " Le directeur général de l'Ecole nationale des sports de montagne, () sont nommés par arrêté du ministre chargé des sports. ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 4 avril 1991 susvisé : " Sont publiées au Journal officiel de la République française les décisions portant nomination de fonctionnaires aux emplois énumérés ci-après : () / II.- Etablissements publics () / b) Ecoles nationales () Directeur de l'Ecole nationale de ski et d'alpinisme (). ". Enfin, aux termes de l'article D. 211-54 du code du sport : " L'Ecole nationale des sports de montagne est administrée par un conseil d'administration et dirigée par un directeur général, directeur de l'Ecole nationale de ski et d'alpinisme, assisté d'un directeur adjoint de l'Ecole nationale de ski et d'alpinisme et d'un directeur du Centre national de ski nordique et de moyenne montagne. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. C F a été nommé directeur général de l'Ecole nationale des sports de montagne, directeur de l'Ecole nationale de ski et d'alpinisme par un arrêté du 30 septembre 2020 de la ministre chargée des sports. Toutefois, alors qu'il résulte des dispositions précitées que le directeur de l'Ecole nationale de ski et d'alpinisme, qui exerce également les fonctions de directeur général de l'Ecole nationale des sports de montagne, est nommé par un arrêté du ministre chargé des sports publié au Journal officiel de la République française, l'arrêté du 30 septembre 2020 n'a pas fait l'objet d'une telle publication. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée doit être accueilli.
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. E a formulé une première demande de prolongation de son livret de formation sur le téléservice " Démarches simplifiées " le 9 septembre 2021, laquelle a été acceptée le 27 septembre 2021. Dès lors, la décision attaquée du 13 octobre 2021, par laquelle le directeur général de l'Ecole nationale des sports de montagne a refusé de proroger la durée de validité du livret de formation du diplôme d'Etat d'alpinisme-accompagnateur en moyenne montagne de M. E, à la suite de sa seconde demande du 23 septembre 2021, doit être regardée comme une décision de retrait d'une décision créatrice de droits, qui est au nombre de celles qui doivent être motivées en application des dispositions précitées de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
6. Si la décision attaquée vise les considérations de droit qui en constituent le fondement, elle se borne toutefois à indiquer la décision de " ne pas proroger la durée de validité du livret de formation du diplôme d'Etat d'alpinisme-accompagnateur en moyenne montagne de monsieur A E ouvert le 15 octobre 2016 ". Elle ne peut, dès lors, être regardée comme comportant l'énoncé des considérations de fait relatives à la situation personnelle de M. E qui en constituent le fondement. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit également être accueilli.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision du 13 octobre 2021 et la décision de rejet du recours gracieux du 12 novembre 2021 doivent être annulées.
8. L'annulation de la décision du 13 octobre 2021 n'implique pas qu'une nouvelle décision soit prise ni que la situation de M. E soit réexaminée, ce dernier bénéficiant de la décision créatrice de droits du 27 septembre 2021. Par suite, le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.
9. M. E a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Karjania, avocat de M. E, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement, à Me Karjania, de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 13 octobre 2021 par laquelle le directeur général de l'Ecole nationale des sports de montagne a décidé de ne pas proroger la durée de validité du livret de formation du diplôme d'Etat d'alpinisme-accompagnateur en moyenne montagne de M. E et la décision de rejet de son recours gracieux du 12 novembre 2021 sont annulées.
Article 2 : L'Etat versera au conseil de M. E la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que Me Karjania renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. G E, à Me Karjania et au directeur général de l'Ecole nationale des sports des sports de montagne.
Délibéré après l'audience du 10 avril 2025, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Permingeat, première conseillère,
M. Derollepot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2025.
Le président rapporteur,
T. Pfauwadel
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
F. Permingeat
Le greffier,
M. D
La République mande et ordonne à la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026