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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2108643

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2108643

jeudi 15 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2108643
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantGAILLARD OSTER ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoire enregistrés le 22 décembre 2021, le 2 décembre 2022 et le 13 octobre 2023 (ce dernier mémoire n'a pas été communiqué), les consorts G et Mme D I, représentés par la société d'avocats Gaillard Oster Associés, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° 136-2021 du 8 juillet 2021 par lequel le maire de Sevrier a délivré un permis de construire PC 074 26 721 X0007 à Mme F K valant autorisation de construire une maison individuelle d'une surface de 110,76 m², située sur la parcelle cadastrée à la section AD n° 48, Les Avollions, sur le territoire communal, ensemble le rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Sevrier une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les consorts G et Mme I soutiennent que :

- la requête est recevable ; en tant que voisins immédiats du projet de construction, ils ont intérêt pour agir ;

- le dossier de permis de construire est incomplet sur les risques d'inondation affectant la parcelle et les moyens de les prévenir, ainsi que sur les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'accéder au tènement ;

- le permis de construire méconnait l'article 3 U du règlement écrit du plan local d'urbanisme (PLU) communal ;

- le permis de construire méconnait l'article 4 U du règlement écrit du PLU ;

- le permis de construire méconnait l'article 9 U du règlement écrit du PLU ;

- le permis de construire méconnait l'article 10 U du règlement écrit du PLU ;

- le permis de construire méconnait l'article 12 U du règlement écrit du PLU.

Par un mémoire enregistré le 11 octobre 2022, Mme F K, représentée par la société d'avocats Adaltys-Affaires publiques, conclut au rejet de la requête, demande qu'il soit fait application, le cas échéant, de l'article L. 600-5-1 du code de justice administrative et qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme K fait valoir que les moyens sont infondés.

Par un mémoire enregistré le 13 octobre 2022, la commune de Sevrier, représentée par Me Duraz, conclut au rejet de la requête, demande qu'il soit fait application le cas échéant de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune de Sevrier fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 13 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été au 16 octobre 2023, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Le 20 novembre 2023, le tribunal a demandé à la commune de Sevrier de lui transmettre l'entier dossier de permis de construire, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.

La commune a transmis l'entier dossier de permis de construire le 20 novembre 2023, communiqué le jour même aux parties.

Par courrier du 27 novembre 2023, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de surseoir à statuer, sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, pour permettre la régularisation des vices tirés de l'incomplétude du dossier de permis de construire sur l'existence du titre de servitude de passage et sur la méconnaissance de l'article 3U du plan local d'urbanisme pour l'accès au tènement (en produisant le titre de servitude de passage).

Les parties n'ont pas présenté d'observations et n'ont produit aucune pièce.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 janvier 2024 :

- le rapport de Mme Letellier,

- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,

- les observations de Me Gaillard, pour les consorts G et Mme I, les observations de Me Montoyat, pour la commune de Sevrier et les observations de Me Buffet, pour Mme K.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 8 juillet 2021, le maire de Sevrier a délivré à Mme F K un permis de construire n° PC 074 26 721 X0007 pour la construction d'une maison individuelle d'une surface de 110,76 m², située sur la parcelle cadastrée à la section AD n° 48, Les Avollions. Le 23 septembre 2021 et le 27 septembre 2021, Mme I et les consorts G ont formé un recours gracieux réceptionnés respectivement en mairie le 1er octobre 2021 et le 28 septembre 2021. Par décisions du 26 octobre 2021, le maire de Sevrier a rejeté les recours gracieux. Par la présente requête, les requérants demandent l'annulation de l'arrêté du 8 juillet 2021, ensemble le rejet de leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le caractère incomplet du dossier de permis de construire :

2. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan. ". Le permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, si l'administration et le juge administratif doivent, pour l'application des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie, il ne leur appartient de vérifier ni la validité de cette servitude ni l'existence d'un titre permettant l'utilisation de la voie qu'elle dessert, si elle est privée, dès lors que celle-ci est ouverte à la circulation publique.

3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

4. En premier lieu, la notice descriptive mentionne que " la parcelle concernée () est accessible depuis la route des Avollions via plusieurs servitudes de passage () et que l'implantation de la maison est guidée : () par son accès via la parcelle attenante au Nord () ". En outre, l'accès au tènement est matérialisé sur le plan de masse PCMI 02 a. Plus précisément, il ressort du plan de masse que l'accès au tènement, totalement enclavé, se fait suivant trois parties. La première partie, depuis la route des Avollions, se fait par une voie privée située sur les parcelles AD n° 429 et n° 51 (devenue n° 598 et n° 599), qui est empruntée par plusieurs riverains, ce qui fait que cette voie est ouverte à la circulation du public. Ensuite, l'accès s'opère par la parcelle AD n° 50 qui appartient au père de la requérante et qui est ouvert à la circulation pour l'accès à la parcelle AD n° 49. Enfin, depuis la parcelle n° 50 jusqu'au tènement litigieux, le passage se fait sur la parcelle n° 49 qui appartient à Mme I. Ce dernier segment, desservant exclusivement la parcelle de la pétitionnaire, ne peut être qualifié de voie privée ouverte à la circulation du public. Dès lors, pour l'instruction du permis de construire, la pétitionnaire devait produit une servitude de passage. Il est constant qu'elle n'a pas produit de servitude de passage sur la parcelle n° 49 au service instructeur, ni même dans le cadre de la présente instance. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que le dossier de permis de construire était incomplet sur ce point et, eu égard aux caractéristiques de cette voie, à soutenir que le service instructeur n'a pas été en mesure d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable.

5. En second lieu, il ne ressort pas des pièces au dossier et notamment la carte des aléas naturels produite en défense que le terrain d'assiette se situe en zone inondable. Dès lors, le dossier de permis de construire et notamment le plan de masse n'avait pas à comporter des cotes " rattachées au système altimétrique de référence de ce plan. ", ce qu'exigent uniquement les dispositions précitées de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de permis de construire doit être écarté sur ce point.

En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions du plan local d'urbanisme de Sevrier :

6. Le projet de construction se situe en zone Up du plan local d'urbanisme communal correspondant à " des secteurs homogènes d'habitat à dominante individuelle, sensibles du point de vue du grand paysage lacustre, de par leur situation sur les coteaux ou proche du littoral, dont les caractéristiques doivent être respectées ".

S'agissant de l'article 3 U du règlement du PLU de Sevrier :

7. Aux termes de l'article 3.2 de la zone U du règlement écrit du plan local l'urbanisme : " Les occupations et utilisations du sol sont refusées sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à l'importance ou à la destination de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeubles envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie, de déneigement et d'enlèvement des ordures ménagères. Cette sécurité doit être appréciée compte-tenu notamment de la position des accès, de leur configuration, ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic () ".

8. Premièrement, il n'est pas contesté par les parties que le passage se faisant sur la parcelle n° 429 puis sur la parcelle n° 51, d'une largeur d'environ 3,5 m, ne pose pas de difficulté particulière. Deuxièmement, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le passage sur la courbe qui débouche le long de la piste cyclable sur la parcelle n° 50 et qui ne dessert que deux propriétés numéros 49 et 48, est suffisamment large pour permettre le passage de deux véhicules, la parcelle n° 50 servant de plate-forme pour l'arrêt d'un véhicule lorsque deux véhicules se croisent, sans entrainer un empiètement sur la piste cyclable et sans présenter de risque particulier.

9. Troisièmement, il n'est pas contesté par les défenseurs que la dernière portion de la servitude de passage, empruntant la parcelle AD n° 49, est d'une largeur de 2 m. Bien que cette dernière portion ne desserve que le terrain d'assiette sur lequel il est prévu d'édifier une maison individuelle, cette largeur est insuffisante pour permettre le passage d'un véhicule même léger. En outre, la piste cyclable qui longe le terrain d'assiette n'est pas accessible aux véhicules motorisés pour assurer l'intervention des engins de lutte contre l'incendie. Dans ces circonstances, les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté du 8 juillet 2021 méconnait les dispositions de l'article 3.2 du plan local d'urbanisme communal.

S'agissant de l'article 4 U du règlement du PLU de Sevrier :

10. Aux termes de l'article 4.3 du règlement écrit du plan local d'urbanisme : " Toute construction ou installation, toute surface imperméable nouvellement créée () doit être équipée d'un dispositif d'évacuation des eaux pluviales qui assure : - leur collecte (gouttière, réseaux), leur rétention (citerne ou massif de rétention), leur infiltration dans les sols (puits d'infiltration, massif d'infiltration) quand ceux-ci le permettent. Les canalisations de surverse et de débit de fuite doivent être dirigées : - dans le réseau d'eaux pluviales communal, s'il existe, - dans le fossé ou le ruisseau le plus proche, en l'absence de réseaux d'eaux pluviales. () ".

11. Les requérants font état de l'avis défavorable du service gestionnaire des eaux pluviales quant au projet de construction. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le service gestionnaire a demandé, le 23 février 2021, une étude hydraulique et une note de calcul indiquant le dispositif de gestion des eaux pluviales à mettre en place pour le projet de construction. La pétitionnaire a complété le dossier de permis de construire d'une étude technique, s'appuyant sur une note de calcul, qui préconise la mise en place d'un ouvrage de rétention sous l'aire de stationnement de véhicule. Le plan de masse PCMI 05 a inclus la cuve de rétention d'un volume de 2 m³ qui se situe sous l'emplacement de stationnement des véhicules. Ces éléments ont complété la demande de permis de construire, le 21 mai 2021, ainsi qu'en atteste le tampon du service instructeur et les visas de l'arrêté du 8 juillet 2021 qui mentionnent expressément ces pièces complémentaires du maître de l'ouvrage. En outre, le permis de construire a été accordé sous la prescription que le projet de construction soit équipé d'un dispositif d'évacuation des eaux pluviales assurant la collecte, la rétention et l'infiltration dans les sols des eaux pluviales ou du moins leur rejet dans le réseau des eaux pluviales. Enfin, les dispositions précitées de l'article 4.3 du plan local d'urbanisme n'imposent pas de préciser la profondeur du dispositif de rétention des eaux pluviales, les requérants ne produisant pas l'avis du gestionnaire des eaux pluviales en date du 27 juillet 2021 dont ils se prévalent, d'ailleurs postérieur à l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4.3 du règlement écrit du plan local d'urbanisme doit être écarté.

S'agissant de l'article 9 U du règlement du PLU de Sevrier :

12. Aux termes de l'article 9.2 Règle générale : " Le coefficient d'emprise au sol des constructions ne doit pas dépasser : () dans le secteur Up : 0,15 () ".

13. Les requérants soutiennent que le projet de construction excède les 68,10 m² de surface autorisée par rapport à la surface totale de la parcelle, en application de l'article 9.2 du règlement du plan local d'urbanisme du fait, de l'absence de prise en compte de la surface de l'entrée de 2,46 m² qui se situerait au-dessus du terrain naturel, s'ajoutant aux 67,16 m² de la surface de la construction. Toutefois, cette entrée située en dessous du terrain naturel, n'emporte aucune projection verticale du volume de la construction. Par suite, et en l'absence de prescriptions particulières dans le règlement précisant la portée de cette notion sur l'emprise au sol, la surface de l'entrée n'avait pas à être compatibilisée. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 9.2 du règlement écrit du plan local d'urbanisme doit être écarté.

S'agissant de l'article 10 U du règlement du PLU de Sevrier :

14. 14. Aux termes de l'article 10.2 du règlement écrit du plan local d'urbanisme : " () La hauteur et le gabarit des constructions, y compris les combles (C) ou les attiques (ATT) qui ne doivent comporter qu'un seul niveau, ne doivent pas excéder : () - les secteurs Up, 8 m et RDC ou RDCS + 1 niveau + C, ou peuvent s'en tenir au gabarit de l'existant si cette volumétrie est déjà dépassé. ".

15. Les requérants soutiennent que le dernier niveau n'est pas constitutif d'un comble mais d'un véritable étage. Il ressort toutefois des pièces du dossier et du plan de coupe que l'espace situé entre le dernier plancher et la toiture, est bordé de quatre murs s'élevant au droit de la façade de 1,48 mètre à 3,10 mètres. Cet espace est principalement situé au-dessus de l'égout du toit lequel est situé à la rupture de la pente à 1,48 mètre au-dessus du plancher, qu'il présente des fenêtres de dimensions moindres par rapport à celles des étages inférieurs, et qu'elles sont adaptées à la pente du toit d'une inclinaison de 40 %. Ainsi, eu égard à l'ensemble de ces caractéristiques, le niveau situé sous la toiture doit donc être regardé comme un comble. Par suite, le moyen doit donc être écarté.

S'agissant de l'article 12 U du règlement du PLU de Sevrier :

16. Aux termes de l'article 12.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Généralités : () Les dimensions minimum d'une place de stationnement sont de 5 m x 2,50 m ". Selon l'article 12.2 " Règle générale : A l'exception du secteur Uc-oap, concernant le stationnement des véhicules automobiles : - il est exigé au minimum pour les constructions à vocation d'habitat et pour toute opération de : deux logements et moins : 2 places par logement () ".

17. Les requérants soutiennent que le projet de construction ne comporte qu'une place de stationnement et que l'espace dédié est en réalité de 5 m x 4 m, ce qui est inférieur à la dimension minimum pour deux places de stationnement, celles-ci devant se situer exclusivement sur le terrain de construction, la parcelle AD n° 48.

18. Il ressort des pièces du dossier et notamment, d'une part, du plan 04-01 relatif au rez-de-chaussée que le projet de construction comporte sur le terrain d'assiette deux places de stationnement contiguës, d'une surface égale, et, d'autre part, du plan de masse PCM1 02 b que la largeur de ces deux emplacements est de 5 m, et non de 4 m comme l'affirment les requérants. Ainsi, le projet de construction comporte deux places de stationnement d'une surface suffisante au regard des dispositions mentionnées au point 16. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 12 U du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne les dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

19. L'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dispose que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

20. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

21. Les vices dont le présent jugement reconnaît, aux points 4 et 9, qu'ils entachent d'illégalité le permis de construire en litige, apparaissent susceptibles de faire l'objet d'un permis de construire de régularisation. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à Mme F K et à la commune de Sevrier un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de produire la mesure de régularisation nécessaire.

D E C I D E :

Article 1er :Il est sursis à statuer sur la requête, jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, imparti Mme F K et à la commune de Sevrier pour notifier au tribunal un permis de construire régularisant les vices tirés de l'insuffisance du permis de construire quant à l'accès au terrain d'assiette et de la méconnaissance des dispositions de l'article 3.2 U du règlement du plan local d'urbanisme.

Article 2 :Tous droits et moyens sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. B G, en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Sevrier et à Mme F K.

Délibéré après l'audience du 29 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Sauveplane, président,

- Mme Letellier, première conseillère,

- Mme Barriol, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 12 février 2024.

La rapporteure,

C. Letellier

Le président,

M. Sauveplane

La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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