jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2108774 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP LACHAT MOURONVALLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 décembre 2021 et 20 octobre 2022, Mme F C et Mme E B, représentées par Me Mouronvalle, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 août 2021 par lequel le maire d'Echirolles a délivré à la société Isère Habitat un permis de construire valant permis de démolir, portant sur la démolition de deux maisons individuelles et l'édification de deux immeubles collectifs de soixante-cinq logements sur les parcelles cadastrées sections AY n° 100, 101, 102 et 103 situées à l'angle du cours Jean Jaurès et de la rue Gabriel Péri ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Echirolles une somme de 3 100 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la compétence de l'auteur de l'arrêté n'est pas rapportée ;
- l'arrêté méconnaît les articles R. 423-1 et- R. 431-13 du code de l'urbanisme, dès lors qu'une partie du terrain d'assiette du projet appartient au domaine public ;
- le maire a entaché son arrêté d'erreur manifeste d'appréciation en n'opposant pas un sursis à statuer au vu de la hauteur du projet et des perspectives futures d'aménagement du quartier ;
- le projet méconnaît l'article 4.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal relatif à l'implantation par rapport aux voies et emprises publiques ;
- il méconnaît l'article 5.2 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal relatif à la végétalisation des toitures terrasse ;
- il méconnaît l'article 8.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal relatif à l'accès et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 avril 2022 et le 7 avril 2023, la commune d'Echirolles, représentée par Me Fessler, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérantes une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les requérantes n'ont pas intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 4 juillet 2022, la société Isère Habitat, représentée par Me Winckel, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérantes une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un courrier du 17 novembre 2023, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de surseoir à statuer au titre de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme afin de permettre la régularisation de plusieurs vices affectant la légalité de l'acte attaqué et les a invitées à présenter leurs observations.
Par un mémoire, enregistré le 20 novembre 2023, la société Isère Habitat a présenté des observations sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire, enregistré le 21 novembre 2023, la commune d'Echirolles a présenté des observations sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beytout,
- les conclusions de M. Lefebvre, rapporteur public,
- et les observations de Me Le Coq, avocate des requérants, de Me Fessler, avocate de la commune d'Echirolles, et de Me Winckell, avocat de la société Isère Habitat.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 août 2021, le maire d'Echirolles a délivré à la société Isère Habitat un permis de construire valant permis de démolir, portant sur la démolition de deux maisons individuelles et l'édification de deux immeubles collectifs de soixante-cinq logements sur les parcelles cadastrées sections AY n° 100, 101, 102 et 103 situées à l'angle du cours Jean Jaurès et de la rue Gabriel Péri. Mme C et Mme B ont formé un recours gracieux par courrier du 18 octobre 2021, rejeté par la commune par décision du 28 octobre 2021. Par la présente requête, elles demandent l'annulation de l'arrêté du 5 août 2021.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
3. En l'espèce, le projet porte sur la démolition de maisons individuelles pour réaliser deux immeubles, dont un de neuf étages comportant au total soixante-cinq logements. Mme B est voisine immédiate du projet qui surplombera sa propriété. Compte tenu de l'importance et de la localisation du projet, elle justifie donc d'un intérêt à agir. La requête est ainsi recevable au moins en tant qu'elle émane de Mme B.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la compétence de l'auteur de l'arrêté :
4. L'arrêté a été signé par Mme D A, 3ème adjointe, qui disposait d'une délégation de fonctions consentie par arrêté du 16 juillet 2020 régulièrement publié et transmis au représentant de l'Etat à effet, notamment, de prendre tous actes et arrêtés relatifs à l'urbanisme. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté doit donc être écarté.
En ce qui concerne la qualité du pétitionnaire pour présenter la demande :
5. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique ". Aux termes de l'article R. 431-35 du même code : " La déclaration préalable précise : a) L'identité du ou des déclarants ; () La déclaration comporte également l'attestation du ou des déclarants qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une déclaration préalable. ". Et aux termes de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet de construction porte sur une dépendance du domaine public, le dossier joint à la demande de permis de construire comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public ".
6. D'une part, il résulte de ces dispositions que les déclarations préalables doivent seulement comporter, comme les demandes de permis de construire en vertu de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme, l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 précité. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration ou d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Les tiers ne sauraient donc utilement, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, faire grief à l'administration de ne pas en avoir vérifié l'exactitude. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle déclaration ou d'une demande de permis de construire vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de s'opposer à la déclaration ou de refuser la demande de permis pour ce motif.
7. D'autre part, il résulte de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme que, saisi d'un moyen tiré de ce que des pétitionnaires n'avaient pas qualité pour déposer une demande de permis de construire incluant des aménagements sur le domaine public, le juge administratif ne peut se fonder sur l'absence de déclassement et de transfert de la propriété de la parcelle concernée pour leur refuser cette qualité, mais doit uniquement rechercher si, à défaut de déclassement et de transfert de la propriété de la parcelle, le dossier joint à la demande comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire (AOT) du domaine public.
8. En l'espèce, le projet nécessite de démolir l'ancienne mairie annexe et plusieurs dépendances attenantes appartenant à la commune d'Echirolles pour y édifier deux immeubles. Or à la date de l'arrêté attaqué, le 5 août 2021, si le conseil municipal d'Echirolles avait " autorisé " la société Isère Habitat à déposer une demande de permis de construire par une délibération du 28 juin 2021, aucune désaffectation ni aucune cession de la parcelle n'était intervenue et le dossier joint à la demande ne comportait aucune pièce exprimant l'accord du gestionnaire pour engager une procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public. Il n'a été procédé à ce déclassement et à cette cession que par deux délibérations du 8 novembre 2021. La légalité d'un acte s'appréciant en excès de pouvoir à la date de son édiction, les requérantes sont fondées à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions précitées des articles R. 423-1 et- R. 431-13 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne l'erreur manifeste d'appréciation à ne pas avoir opposé de sursis à statuer :
9. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. / () Il peut également être sursis à statuer : / () 3° Lorsque des travaux, constructions ou installations sont susceptibles de compromettre ou de rendre plus onéreuse la réalisation d'une opération d'aménagement, dès lors que le projet d'aménagement a été pris en considération par la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent et que les terrains affectés par ce projet ont été délimités, sauf pour les zones d'aménagement concerté pour lesquelles l'article L. 311-2 du présent code prévoit qu'il peut être sursis à statuer à compter de la publication de l'acte créant la zone d'aménagement concerté. /Le sursis à statuer ne peut être prononcé que si la décision de prise en considération prévue aux 2° et 3° du présent article et à l'article L. 102-13 a été publiée avant le dépôt de la demande d'autorisation. La décision de prise en considération cesse de produire effet si, dans un délai de dix ans à compter de son entrée en vigueur, l'exécution des travaux publics ou la réalisation de l'opération d'aménagement n'a pas été engagée () ".
10. En l'espèce, par une délibération du 28 juin 2021, le conseil municipal d'Echirolles a instauré dans le quartier où se trouve le terrain d'assiette du projet un périmètre de prise en considération dans lequel il est prévu de limiter la hauteur maximale des immeubles à R + 5. Les requérantes soutiennent que le maire d'Echirolles aurait dû opposer un sursis à statuer à la demande de la société Isère Habitat dès lors que la construction autorisée, compte tenu de sa hauteur en R + 9, est susceptible de compromettre le projet d'aménagement pris en considération par la délibération du 28 juin 2021. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la demande de permis a été déposée par la société Isère Habitat le 29 avril 2021, soit avant ladite délibération. Dans ces conditions, les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que le maire d'Echirolles a commis une erreur manifeste d'appréciation en n'opposant pas un sursis à statuer à la demande compte tenu de la hauteur du projet.
En ce qui concerne l'implantation du projet par rapport aux voies et emprises publiques :
11. Aux termes de l'article 4.1. du règlement de la zone UC1 du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole de Grenoble relatif à l'implantation par rapport aux voies et emprises publiques : " En complément des règles figurant ci-dessous, il convient de se reporter aux dispositions de l'article 4.1 des règles communes (dans les dispositions générales). / Règle générale : / Sauf indication contraire mentionnée sur le document graphique D1 " Atlas des formes urbaines : implantations et emprises ", ou D2 " Atlas des formes urbaines : hauteurs ", la distance comptée horizontalement de tout point de la construction au point le plus bas et le plus proche de l'alignement ou de la limite de fait opposés doit être au moins égale à la différence d'altitude entre ces deux points moins 2 mètres (L = H - 2) ". Aux termes de l'article 4.6 du règlement de la zone UC1 : " Lorsque la construction est édifiée à l'angle de deux voies d'inégale largeur, la façade édifiée sur la voie la plus étroite peut avoir la même hauteur que la façade édifiée sur la voie la plus large sur un linéaire de 15 m comptés à partir de l'angle de la construction. ". Enfin le lexique du PLUi définit les façades comme les parois extérieurs d'un bâtiment.
12. En l'occurrence, le bâtiment A du projet doit être implanté à l'angle de la rue Gabriel Péri et du cours Jean-Jaurès. Les requérantes soutiennent que la façade bordant la rue Gabriel Péri, d'une hauteur de 31 mètres, mais qui se situe à seulement 13,59 m de l'alignement opposé, en méconnaissance des dispositions de l'article 4.1, ne peut pas bénéficier de la dérogation prévue à l'article 4.6 dès lors qu'elle présente un linéaire supérieur à 15 m sur cette voie. Il ressort cependant des pièces du dossier de demande de permis de construire que le bâtiment A présente un linéaire de façade de 15 m côté rue Gabriel Péri, hors balcons, lesquels n'ont pas à être pris en compte dès lors que la mesure doit être faite au nu des façades. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 4.1 du règlement de la zone UC1 doit être écarté.
En ce qui concerne la végétalisation des toitures terrasses :
13. L'article 5.2 du règlement de la zone UC1 du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole de Grenoble dispose qu'il est nécessaire " qu'au moins 50% de la surface de la toiture soit végétalisée, sauf impossibilité technique liée à l'installation d'équipements utilisant l'énergie solaire (panneaux photovoltaïques, capteurs pour production d'eau chaude sanitaire etc) ou à un usage type agriculture urbaine, loisirs, restauration, nécessitant plus de 50% de la surface de la toiture ".
14. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier de demande que plus de 50 % de la toiture du bâtiment A supporte des panneaux photovoltaïques. Dans ces conditions, aucune végétalisation de la toiture de ce bâtiment n'est exigible en vertu des dispositions précitées. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5.2 doit donc être écarté.
En ce qui concerne l'accès au projet :
15. Aux termes de l'article 8.1 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole de Grenoble : " Les caractéristiques des accès doivent être définies en fonction de l'importance et de la destination des constructions et installations à réaliser, notamment en ce qui concerne la sécurité, la commodité de la circulation et l'approche des moyens de lutte contre l'incendie. Le nombre d'accès doit être limité au strict nécessaire. Les accès doivent être localisés et configurés en tenant compte : /- de la topographie et de la morphologie des lieux dans lesquels s'insère l'opération ; / - de la nature des voies sur lesquelles les accès sont susceptibles d'être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse des véhicules, intensité du trafic) ;/ - du type de trafic généré par l'opération (fréquence journalières, nombre de véhicules accédant au terrain, type de véhicules concernés) ; / - des conditions permettant l'entrée et la sortie des véhicules sur le terrain sans manœuvre sur la voie de desserte. / Lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, le projet doit privilégier la ou les solutions qui présentent la moindre gêne pour la circulation générale et permettent un accès aisé aux véhicules de secours et de services ". Et aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
16. D'une part, le portillon qui donne accès au terrain d'assiette rue Gabriel Péri n'est destiné qu'aux piétons et n'a pas vocation à être emprunté par des véhicules qui accèdent aux places de stationnement souterrain par la contre-allée du cours Jean Jaurès, de sorte que les requérantes ne peuvent utilement invoquer sa largeur insuffisante. D'autre part, compte tenu de la faible hauteur du bâtiment B prévu en fond de parcelles, en R + 2, le projet ne requiert pas la réalisation d'une voie pour engin. En outre, le bâtiment B est directement accessible depuis la rue Gabriel Péri qui le borde. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 8.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
17. L'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dispose que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
18. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
19. Le vice dont le présent jugement reconnaît, au point 8 qu'il entache d'illégalité le permis de construire en litige, apparaît susceptible de faire l'objet d'un permis de construire de régularisation. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à la société Isère Habitat et à la commune d'Echirolles un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de produire la mesure de régularisation nécessaire.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête, jusqu'à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, imparti à la société Isère Habitat et à la commune d'Echirolles pour notifier au tribunal une mesure de nature à régulariser le vice tiré de la méconnaissance des articles R. 423-1 et R. 431-13 du code de l'urbanisme.
Article 2 : Tous droits sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F C en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune d'Echirolles et à la société Isère Habitat.
Délibéré après l'audience du 23 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Beytout, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
La rapporteure,
E. BEYTOUT
Le président,
P. THIERRY La greffière,
A. ZANON
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026