lundi 24 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2108828 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 7 |
| Avocat requérant | SELARL CABINET GENTILHOMME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 décembre 2021, la SA Orange, représentée par Me Gentilhomme, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 septembre 2021 par laquelle la commune de Mâcot-la-Plagne a refusé de lui communiquer la convention conclue avec la société Valocime ainsi que la délibération du conseil municipal ayant autorisé le maire à signer cette convention, ensemble la décision du 22 novembre 2021 par laquelle la commune de Mâcot-la-Plagne a rejeté implicitement sa demande de communication des mêmes documents après saisine de la commission d'accès aux documents administratifs ;
2°) d'enjoindre à la commune de Mâcot-la-Plagne de communiquer les documents sollicités dans un délai de dix jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Mâcot-la-Plagne la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions de la commune refusant la communication de la convention conclue avec la société Valocime méconnaissent l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les décisions de la commune refusant de communiquer la délibération du conseil municipal ayant autorisé le maire à signer la convention méconnaissent l'article L. 2121-26 du code général des collectivités territoriales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2023, la commune de La Plagne-Tarentaise conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer, à titre subsidiaire, au rejet de la requête, en toute hypothèse, à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est sans objet dès lors que par délibération du 2 mai 2023, le conseil municipal a constaté la nullité de la convention dont la communication est demandée ;
- les conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet du 9 septembre 2021 sont irrecevables ;
- la délibération demandée ne pouvait être communiquée dès lors qu'elle n'existe pas.
Par un mémoire, enregistré le 8 juillet 2023, la SA Orange informe le tribunal qu'elle se désiste de ses demandes relatives à la communication de la délibération ayant autorisé le maire à signer et maintient le surplus de ses conclusions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'Hôte, vice-président,
- les conclusions de Mme d'Elbreil, rapporteure publique,
- et les observations de Me Guranna, représentant la SA Orange.
Considérant ce qui suit :
1. Le 26 juin 2008, la SA Orange a conclu avec la commune de Mâcot-la-Plagne, aux droits de laquelle vient depuis le 1er janvier 2016 la commune de La Plagne-Tarentaise, une convention permettant l'occupation de la parcelle communale cadastrée N 1552. Cette convention parvenant à expiration le 31 décembre 2021, la commune de La Plagne-Tarentaise a conclu le 22 janvier 2019 un contrat avec la société Valocime pour l'occupation de la même parcelle. Par un courrier du 6 juillet 2021, la SA Orange a demandé à la commune de La Plagne-Tarentaise de lui communiquer la convention conclue avec la société Valocime ainsi que la délibération du conseil municipal ayant habilité le maire à la signer. En l'absence de réponse, elle a saisi le 22 septembre 2021 la commission d'accès aux documents administratifs qui a émis, le 4 novembre 2021, un avis favorable sous réserve d'occultation des mentions susceptibles de porter atteinte à la vie privée et au secret des affaires. La SA Orange demande l'annulation, d'une part, de la décision implicite de rejet née, selon elle, le 9 septembre 2021 du silence gardé par la commune sur sa demande formée par courrier du 6 juillet 2021, d'autre part, de la décision implicite née le 22 novembre 2021 par laquelle la commune a confirmé son refus de communiquer les documents sollicités à la suite de l'avis de la commission d'accès aux documents administratifs.
Sur le désistement :
2. Dans son mémoire enregistré le 8 juillet 2023, la SA Orange a indiqué se désister de ses demandes relatives à la communication de la délibération ayant autorisé le maire à signer. Ce désistement est pur et simple. Rien ne fait obstacle à ce qu'il en soit donné acte.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
3. Il est constant que, le 22 janvier 2019, la commune de La Plagne-Tarentaise a conclu avec la société Valocime une convention autorisant l'occupation par cette dernière de la parcelle N 1552. La circonstance que, par une délibération du 2 mai 2023, le conseil municipal ait constaté la nullité de cette convention et, en tant que de besoin, en a prononcé la résiliation immédiate, n'a pas privé d'objet la demande de la SA Orange tendant à obtenir une copie de ce contrat. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer soulevée en défense doit être écartée.
Sur la recevabilité :
4. Il résulte des dispositions des articles R. 311-12, R. 311-13, R. 311-15 et R. 343-1 du code des relations entre le public et l'administration que, lorsque l'administration, saisie d'une demande de communication de documents administratifs, n'y a pas apporté de réponse dans un délai d'un mois, le demandeur dispose d'un délai de deux mois à compter du refus d'accès qui lui est ainsi opposé pour saisir la commission d'accès aux documents administratifs. En vertu des articles R. 343-4 et R. 343-5 du même code, une nouvelle décision de refus de l'administration, qui se substitue à la première, naît à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de l'enregistrement de la demande de l'intéressé par la commission. Il suit de là que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision initiale de refus sont irrecevables, seule la décision confirmant ce refus après avis de la commission étant susceptible de recours pour excès de pouvoir.
5. Au cas d'espèce, comme il a été dit au point 1, la SA Orange a demandé à la commune de La Plagne-Tarentaise la communication de documents par un courrier du 6 juillet 2021, réceptionné le 9 juillet. Le silence gardé pendant un mois par la commune sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet le 9 août 2021, et non le 9 septembre comme indiqué par erreur dans la requête. La SA Orange a alors saisi la commission d'accès aux documents administratifs le 22 septembre 2021. Le silence gardé à nouveau par la commune pendant deux mois a fait naître le 22 novembre 2021 une seconde décision implicite confirmant le refus initial. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que la SA Orange n'est recevable à demander l'annulation que de cette seconde décision du 22 novembre 2021. Les conclusions de la requête dirigées en revanche contre la décision du 9 août 2021 sont irrecevables.
Sur les conclusions aux fins d'annulation du refus implicite du 22 novembre 2021 :
6. Aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. () ". Aux termes de l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ". Aux termes de l'article L. 311-6 de ce code : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : / 1° Dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée, au secret médical et au secret des affaires, lequel comprend le secret des procédés, des informations économiques et financières et des stratégies commerciales ou industrielles et est apprécié en tenant compte, le cas échéant, du fait que la mission de service public de l'administration mentionnée au premier alinéa de l'article L. 300-2 est soumise à la concurrence ; / () ". Enfin, selon l'article L. 311-7 du code : " Lorsque la demande porte sur un document comportant des mentions qui ne sont pas communicables en application des articles L. 311-5 et L. 311-6 mais qu'il est possible d'occulter ou de disjoindre, le document est communiqué au demandeur après occultation ou disjonction de ces mentions. ".
7. La convention du 22 janvier 2019 conclue entre la commune de La Plagne-Tarentaise et la société Valocime, pour l'occupation d'une parcelle communale, constitue un document administratif au sens de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration. La commune de La Plagne-Tarentaise n'invoque en défense aucun des secrets protégés par les articles L. 311-5 et L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration et notamment ne se prévaut pas du secret des affaires visé au 1° de l'article L. 311-6. Elle ne soutient pas davantage que, le cas échéant, les mentions portant atteinte à l'un de ces secrets ne pourraient être occultées. Dans ces circonstances, elle avait l'obligation de communiquer une copie de la convention du 22 janvier 2019 à la SA Orange. Il suit de là que son refus de communiquer la convention en cause est illégal et doit être annulé.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que la commune de La Plagne-Tarentaise communique à la SA Orange la convention du 22 janvier 2019 conclue avec la société Valocime. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SA Orange, qui n'est pas la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par la commune de La Plagne-Tarentaise et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de cette dernière la somme de 1 500 euros au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de la SA Orange de ses conclusions relatives à la communication de la délibération ayant autorisé le maire à signer la convention du 22 janvier 2019.
Article 2 : La décision implicite du maire de La Plagne-Tarentaise du 22 novembre 2021 ayant refusé de communiquer à la SA Orange la convention du 22 janvier 2019 conclue avec la société Valocime est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au maire de La Plagne-Tarentaise de communiquer à la SA Orange, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, la convention du 22 janvier 2019 conclue entre la commune et la société Valocime pour l'occupation de la parcelle N 1552.
Article 4 : La commune de La Plagne-Tarentaise versera à la SA Orange la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la SA Orange et à la commune de La Plagne-Tarentaise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
V. L'HÔTE
La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2108828
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026