LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2200046

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2200046

jeudi 21 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2200046
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantLELONG & POLLARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 janvier 2022, Mme C A, représentée par Me Pollard, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 août 2021 par laquelle la directrice de l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) du centre hospitalier Alpes-Isère l'a exclue définitivement de la formation dispensée par cette structure, ainsi que la décision du 28 octobre 2021 rejetant son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à la directrice de l'IFSI de la réintégrer à compter du mois de septembre 2022, sous astreinte d'un montant de 50 euros par jour ;

3°) de mettre à la charge de l'IFSI la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée méconnait l'article 21 de l'arrêté du 21 avril 2007 en l'absence de convocation préalable lui expliquant les motifs de l'entretien et les sanctions encourues ; elle n'a pas pu se faire assister par une personne de son choix en méconnaissance du même article, ni préparer ses explications et a ainsi été privée d'une garantie essentielle ;

- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de fait dès lors qu'elle n'a pas accompli d'acte incompatible avec la sécurité des personnes prises en charge ;

- la sanction d'exclusion définitive est disproportionnée à sa situation.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 mars 2022, le centre hospitalier Alpes Isère, représenté par Me Bracq, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement de instituts de formation paramédicaux ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Coutarel, première conseillère ;

- les conclusions de M. Journé, rapporteur public ;

- et les observations de Me Teston, représentant le centre hospitalier Alpes Isère.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ancienne aide-soignante, a intégré l'IFSI du centre hospitalier Alpes Isère en septembre 2018. Lors de son stage de rattrapage du semestre 4, au sein du centre hospitalier de Voiron, elle a fait l'objet d'un rapport circonstancié en date du 15 juillet 2021 qui a mis en évidence diverses difficultés rencontrées par l'intéressée. Après avoir été convoquée devant la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants, le 5 août 2021, Mme A a été définitivement exclue de l'IFSI par décision de la directrice de l'Institut du 6 août 2021. Dans la présente instance, elle demande l'annulation de cette décision ainsi que celle rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 15 de l'arrêté du 21 avril 2007 : " La section rend, sans préjudice des dispositions spécifiques prévues dans les arrêtés visés par le présent texte, des décisions sur les situations individuelles suivantes : / 1. Etudiants ayant accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge ; () Le dossier de l'étudiant, accompagné d'un rapport motivé du directeur, est transmis au moins sept jours calendaires avant la réunion de cette section. / L'étudiant reçoit communication de son dossier dans les mêmes conditions que les membres de la section. La section entend l'étudiant, qui peut être assisté d'une personne de son choix. / L'étudiant peut présenter devant la section des observations écrites ou orales. / Dans le cas où l'étudiant est dans l'impossibilité d'être présent ou s'il n'a pas communiqué d'observations écrites, la section examine sa situation. () " Aux termes de l'article 16 du même arrêté : " Lorsque l'étudiant a accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge, le directeur de l'institut de formation, en accord avec le responsable du lieu de stage, et le cas échéant la direction des soins, peut décider de la suspension du stage de l'étudiant, dans l'attente de l'examen de sa situation par la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants. Cette section doit se réunir, au maximum, dans un délai d'un mois à compter de la survenue des faits. / Lorsque la section se réunit, en cas de suspension ou non, elle peut proposer une des possibilités suivantes : - soit alerter l'étudiant sur sa situation en lui fournissant des conseils pédagogiques pour y remédier ou proposer un complément de formation théorique et/ou pratique selon des modalités fixées par la section ; -soit exclure l'étudiant de l'institut de façon temporaire, pour une durée maximale d'un an, ou de façon définitive ". Aux termes de l'article 21 de cet arrêté : " Avant toute présentation devant la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires, l'étudiant est reçu en entretien par le directeur à sa demande, ou à la demande du directeur, d'un membre de l'équipe pédagogique ou d'encadrement en stage. / L'entretien se déroule en présence de l'étudiant qui peut se faire assister d'une personne de son choix et de tout autre professionnel que le directeur juge utile. () ".

3. Il résulte de la décision du 6 août 2021 que Mme A a été entendue par la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants. Par suite, elle ne peut se prévaloir des dispositions de l'article 21 de l'arrêté du 21 avril 2007 qui concerne la procédure suivie devant la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires, qui n'a pas été saisie en l'espèce. Si, par les éléments qu'elle allègue, Mme A peut être regardée comme soulevant le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 15 du même arrêté, il ressort des pièces du dossier que le courrier de convocation en date du 21 juillet 2021, notifié à l'intéressée le lendemain, mentionne qu'elle recevra communication de son dossier, accompagné d'un rapport motivé de la direction au moins sept jours calendaires avant la réunion de cette section, qu'elle peut être assistée de la personne de son choix et présenter devant la section des observations écrites ou orales. Il résulte du compte-rendu de la réunion du 5 août 2021 que Mme A n'a présenté aucune observation écrite ou orale sans qu'elle apporte le moindre élément au soutien de ses affirmations selon lesquelles elle n'aurait pas pu être représentée par une personne de son choix et préparer ses explications. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure entachant la décision contestée doit être écarté.

4. En deuxième lieu, la décision contestée se fonde sur les circonstances que Mme A ne parvient pas à se remettre en question, qu'elle ne prend pas la mesure de son manque de connaissances sur la sécurité des personnes prises en charge et qu'elle n'a pas le niveau attendu en troisième année de formation. Les difficultés rencontrées par Mme A et les insuffisances qui lui sont reprochées dans sa pratique professionnelle sont attestées par les rapports établis lors de ses différents stages. Si certains rapports mentionnent un souci de bien faire de l'intéressée, une grande capacité de travail et un très bon relationnel avec les patients, la plupart souligne des difficultés importantes par rapport aux soins techniques, un manque de pratique et de connaissances et une absence de liens entre la théorie et la pratique. Ainsi, le formateur du stage effectué entre le 11 mai 2020 et le 19 juin 2020 aux blocs opératoires précise " insuffisance sur le questionnement et les recherches pour l'analyse de situation. Non conforme aux attendus pour une fin de deuxième année ". L'appréciation de deuxième année indique que " cette 2ème année met en difficulté C, ses résultats scolaires sont justes, elle n'a pas validé en session 2 la pharmacologie. En stage, les professionnels notent les lacunes sur les savoirs fondamentaux et la non remise en question de C. Les analyses de situations ne sont pas au niveau attendu ". Il ressort du rapport motivé adressé par la direction de l'IFSI à la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants dont les énonciations ne sont pas contredites par les différents rapports de stages, que l'étudiante n'a pas le niveau attendu ni techniquement, ni en termes de connaissances. Au cours du stage de rattrapage du semestre 4 en unité de soins intensifs, il a été constaté " qu'elle ne connait pas les nomes de la glycémie capillaire, qu'elle n'a pas réagi face à un patient avec 80% de saturation et qu'elle n'a pas su faire un calcul de dose simple pour un pousse-seringue de morphine ". Il est indiqué à la directrice de l'IFSI le 19 juillet 2021 que l'étudiante n'est jamais laissée en autonomie au vu des difficultés qu'elle rencontre et du risque qu'elle pourrait faire encourir aux patients. Si Mme A soutient qu'elle n'a jamais accompli d'actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge et se prévaut de difficultés relationnelles avec sa formatrice, les appréciations sur son comportement et ses aptitudes professionnelles émanent de plusieurs professionnels exerçant dans des services différents. Les faits qui fondent la décision attaquée peuvent ainsi être regardés comme matériellement établis.

5. En dernier lieu, compte tenu du fait que l'intéressée approchait de la fin de sa formation, des insuffisances constatées, de la nature des faits reprochés et de son incapacité à prendre la mesure de son manque de connaissance, la directrice de l'IFSI n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que Mme A avait accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge. Le moyen correspondant doit donc être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

7. Les conclusions présentées par Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées eu égard à sa qualité de partie perdante dans l'instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme demandée par le centre hospitalier Alpes Isère au même titre.

D E C I D E :

Article 1er :

Article 2 :La requête de Mme A est rejetée.

Les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par le centre hospitalier Alpes Isère sont rejetées.Article 3 :

Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier Alpes Isère.

Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pfauwadel, président,

Mme Permingeat et Mme Coutarel, assesseurs.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.

La rapporteure,

A. Coutarel

Le président,

T. Pfauwadel

Le greffier,

G. Morand

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2200046

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions