jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2200545 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | BLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 janvier 2022, Mme B C, représentée par Me Blanc, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 mars 2019 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté implicitement son recours gracieux suite à la décision de refus de faire droit à sa demande d'échange de permis de conduire marocain contre un titre français équivalent ;
2°) de condamner l'Etat à verser à son conseil la somme de 1500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que la décision contestée est entachée :
- de défaut de motivation ;
- d'erreur de droit en application de l'article R. 222-3 du code de la route et de l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2022, le préfet de Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que celle-ci est infondée.
Par une décision en date du 16 mars 2022, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 12 janvier 2012 modifié fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application des articles L. 222-2-1 et R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La magistrate désignée a au cours de l'audience publique, présenté son rapport. Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C née le 17 septembre 1963 au Maroc a été naturalisée française par décret du 6 septembre 2000. Le 29 mars 2019 elle a déposé auprès de l'administration une demande d'échange de son permis de conduire obtenu des autorités du Maroc le 29 octobre 2018, contre un permis de conduire français. Par décision du 23 juin 2021 le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de faire droit à sa demande au motif que la demande d'échange de permis de conduire est tardive en application de l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012 modifié fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen. Mme C a présenté un recours gracieux contre cette décision, réceptionné par l'administration le 20 août 2021. En l'absence de réponse, une décision implicite de rejet du recours gracieux est née et Mme C en demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de motivation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :- restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. La décision du 23 août 2021 indique que le refus d'échange de titre en litige est opposé sur le fondement de l'article R 222-3 du code de la route et de l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012 susvisé, qui prévoit que la demande d'échange de permis de conduire doit être faite dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de la résidence normale en France et que, pour les français, cette résidence est présumée sauf preuve contraire à la charge du demandeur. La décision litigieuse précise en outre que le justificatif d'installation en France de Mme C indique la date du 1er septembre 2014. Ainsi la décision défavorable initiale est motivée en fait et en droit et par suite le rejet implicite du recours gracieux contre cette décision initiale défavorable doit être regardé comme étant fondé sur les mêmes motifs de fait et de droit. Le moyen tiré du défaut de motivation est écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'application erronée des textes applicables :
4. Selon l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D. 221-3. Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière, (). ". L'arrêté du Ministre de l'intérieur du 12 janvier 2012 en vigueur au 23 août 2021, prévoit à l'article 4 : " I. - Tout titulaire d'un permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit obligatoirement demander l'échange de ce titre contre un permis de conduire français dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France. II. () C. - Pour les Français, y compris ceux possédant également la nationalité de l'Etat ayant délivré le titre, la résidence normale en France est présumée, à charge pour eux d'apporter la preuve contraire. ". L'article 5 du même arrêté précise en outre : " I. - Pour être échangé contre un titre français, tout permis de conduire délivré par un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit répondre aux conditions suivantes : () II. - En outre, son titulaire doit : () D. - Apporter la preuve de sa résidence normale au sens du III de l'article R. 221-1 du code de la route sur le territoire de l'Etat de délivrance, lors de l'obtention des droits à conduire, en fournissant tout document approprié présentant des garanties d'authenticité. ()Entre autres documents permettant d'établir la réalité de cette résidence normale, il sera tenu compte, pour les Français, de la présentation d'un certificat d'inscription ou de radiation sur le registre des Français établis hors de France délivré par le consulat français territorialement compétent, ou, pour les ressortissants étrangers ne possédant pas la nationalité de l'Etat de délivrance, d'un certificat équivalent, délivré par les services consulaires compétents, rédigé en langue française ou, si nécessaire, accompagné d'une traduction officielle en français. Pour les ressortissants français qui possèdent également la nationalité de l'Etat qui a délivré le permis de conduire présenté pour échange, la preuve de cette résidence normale, à défaut de pouvoir être apportée par les documents susmentionnés, sera établie par tout document suffisamment probant et présentant des garanties d'authenticité. ". Selon l'article R. 221-1 du code de la route : " () III. - On entend par résidence normale le lieu où une personne demeure habituellement, c'est-à-dire pendant au moins 185 jours par année civile, en raison d'attaches personnelles et professionnelles, ou, dans le cas d'une personne sans attaches professionnelles, en raison d'attaches personnelles révélant des liens étroits entre elle-même et l'endroit où elle demeure. "
5. Il résulte de ces dispositions que Mme C pour obtenir l'échange de son permis de conduire marocain, obtenu le 29 octobre 2018, contre un permis de conduire français devait établir de façon probante que deux conditions étaient remplies cumulativement. D'une part, qu'elle avait sa résidence normale au Maroc lors de l'obtention de son permis marocain en 2018. D'autre part, que la demande d'échange intervienne dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France.
6. En l'espèce, au soutien de la condition de résidence normale au Maroc lors de l'obtention de son permis marocain en 2018, la requérante a présenté une déclaration sur l'honneur de résidence au Maroc du 19 août 2018 au 13 mars 2019 et une attestation d'une autorité de la préfecture de Meknes établie sur la propre déclaration de l'intéressée. En outre, les quatre pages d'un passeport non identifié sont présentées avec les mêmes dates pour l'entrée et la sortie du Maroc. De tels documents n'établissent pas de façon probante que Mme C avait sa résidence normale au Maroc au sens du III de l'article R. 221-1 du code de la route sur le territoire de l'Etat de délivrance, lors de l'obtention des droits à conduire le 29 octobre 2018. D'autre part, l'administration affirme sans être contredite, que pour vérifier la condition de délai imposée par l'article 4 précité, elle a demandé à la requérante un justificatif de la date de son retour en France après l'obtention de son permis de conduire étranger. Le justificatif produit par la requérante est un relevé d'inscription à Pôle Emploi indiquant des inscriptions du 1er septembre 2014 au 9 janvier 2017, puis du 11 mars 2017 au 14 novembre 2019 et enfin depuis le 22 janvier 2020. Une telle inscription n'est possible qu'avec une résidence sur le territoire français. Dès lors, Mme C n'est pas fondée à prétendre à une résidence normale au Maroc entre le 19 août 2018 au 13 mars 2019 comme allégué. Dans ces circonstances, le CERT était tenu de refuser la délivrance du permis de conduire français.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées par voie de conséquence du rejet des conclusions principales tendant à l'annulation des décisions attaquées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
La magistrate désignée,
D. ALa greffière,
V. Barnier
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026