mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2200634 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | RUBIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 2 février 2022, le 9 février 2023 et le 25 janvier 2024, M. A B, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'ordonner le déplacement du poteau irrégulièrement implanté sur sa propriété et de prononcer le versement d'une somme de 1000 euros à titre de dommages et intérêts, ou de mettre en œuvre une procédure de médiation.
Il soutient que :
- la convention de servitude est contraire à l'article 12 de la loi du 15 juin 1906, désormais codifié à l'article L. 323-4 du code de l'énergie qui ne permet pas d'implanter un support sur un terrain bâti et clos ;
- la convention de servitude n'est pas opposable aux tiers dès lors qu'elle n'a pas fait l'objet des mesures de publicité auprès du service de publicité foncière de Bourgoin-Jallieu mais auprès du service des impôts de Grenoble ; elle n'a pu être prise en compte par le notaire dans l'acte de vente ; la signature engageant ERDF ne comporte pas l'identité du signataire et l'identité du propriétaire est erronée (inversion nom/prénom) ;
- le déplacement est justifié par des raisons de sécurité et ne présente pas un coût si important au regard de l'ancienneté de l'équipement et alors que les nouvelles constructions sont alimentées par voie souterraine.
Par des mémoires en défense enregistrés le 6 octobre 2022 et le 18 janvier 2024, la Société Enedis, représentée par Me Rubin, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de M. B au versement d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative n'est pas compétente pour se prononcer sur la validité de la convention de servitude ;
- le requérant ne justifie pas de sa qualité et de son intérêt à agir ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'énergie ;
- la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie ;
- le décret n° 67-886 du 6 octobre 1967 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Permingeat, rapporteur public désigné en application de l'article R. 222-24 du code de justice administrative,
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a acquis le 15 octobre 2013 une maison d'habitation située aux Abrets (Isère) et implantée sur la parcelle numéro AT 237, issue de la fusion des parcelles AT 224 et 225. Un double poteau supportant un conducteur aérien et établi en limite est de sa parcelle, a chuté sur la clôture mitoyenne le 6 novembre 2018. M. B s'est opposé à la remise en état de l'ouvrage et a demandé en vain à Enedis de déplacer l'ouvrage qu'il estime irrégulièrement implanté dans son jardin.
2. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, de mettre en œuvre la procédure de médiation demandée par le requérant.
3. Contrairement à ce que soutient la société Enedis en défense, les conclusions de M. B visant à obtenir le déplacement ou la suppression d'un ouvrage public de sa propriété, relèvent de la compétence du juge administratif.
4. Lorsqu'il est saisi d'une demande tendant à ce que soit ordonnée la démolition d'un ouvrage public dont il est allégué qu'il est irrégulièrement implanté par un requérant qui estime subir un préjudice du fait de l'implantation de cet ouvrage et qui en a demandé sans succès la démolition à l'administration, il appartient au juge administratif, juge de plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, si l'ouvrage est irrégulièrement implanté, puis, si tel est le cas, de rechercher, d'abord, si eu égard notamment à la nature de l'irrégularité, une régularisation appropriée est possible, puis, dans la négative, en tenant compte de l'écoulement du temps, de prendre en considération, d'une part les inconvénients que la présence de l'ouvrage entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, notamment, le cas échéant, pour le propriétaire du terrain d'assiette de l'ouvrage, d'autre part, les conséquences de la démolition pour l'intérêt général, et d'apprécier, en rapprochant ces éléments, si la démolition n'entraîne pas une atteinte excessive à l'intérêt général.
5. Aux termes de l'article 12 de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie, dont les dispositions sont désormais reprises par les articles L. 323-3 et suivants du code de l'énergie : " () La déclaration d'utilité publique d'une distribution d'énergie confère, en outre, au concessionnaire () le droit : / 1° D'établir à demeure des supports et ancrages pour conducteurs aériens d'électricité, soit à l'extérieur des murs ou façades donnant sur la voie publique, soit sur les toits et terrasses des bâtiments () ; / 2° De faire passer les conducteurs d'électricité au-dessus des propriétés privées () ; / 3° D'établir à demeure () des supports pour conducteurs aériens, sur des terrains privés non bâtis, qui ne sont pas fermés de murs ou autres clôtures équivalentes () / L'exécution des travaux prévus aux alinéas 1° à 4° ci-dessus doit être précédée d'une notification directe aux intéressés et d'une enquête spéciale dans chaque commune ; elle ne peut avoir lieu qu'après approbation du projet de détail des tracés par le préfet. () ". L'article 1er du décret du 6 octobre 1967 portant règlement d'administration publique pour l'application de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie et de la loi du 16 octobre 1919 relative à l'utilisation de l'énergie hydraulique, applicable au litige, dispose que : " Une convention passée entre le concessionnaire et le propriétaire ayant pour objet la reconnaissance des servitudes d'appui, de passage, () prévues au troisième alinéa de l'article 12 de la loi du 15 juin 1906 susvisée peut remplacer les formalités prévues au quatrième alinéa dudit article. / Cette convention produit, tant à l'égard des propriétaires et de leurs ayants droit que des tiers, les effets de l'approbation du projet de détail des tracés par le préfet () ". Il résulte de ces dispositions que les servitudes mentionnées par l'article 12 de la loi du 15 juin 1906, codifié aux articles L. 323-3 et suivants du code de l'énergie, peuvent être instituées par une convention passée entre le concessionnaire d'un service de distribution d'énergie et le propriétaire de la parcelle concernée.
6. Il résulte de l'instruction que le poteau et les lignes électriques surplombant la parcelle dont M. B a fait l'acquisition le 15 octobre 2013, lesquels présentent le caractère d'ouvrages publics, ont été installés par la société ERDF, aux droits de laquelle vient la société Enedis, sur le fondement de servitudes consenties par l'ancien propriétaire de la parcelle par la voie d'une convention conclue le 7 juillet 2010 et enregistrée au service des impôts de Grenoble le 4 mars 2011. Contrairement à ce que soutient le requérant, la parcelle n'était pas bâtie ni close à la date à laquelle la convention a été signée et les dispositions de l'article L. 323-6 du code de l'énergie ne font pas obstacle au droit du propriétaire de se clore ou de bâtir après la pose de canalisations ou supports. Par suite, l'implantation des supports pour conducteurs aériens conformément à la convention de servitude conclue en juillet 2010 avec l'ancien propriétaire de la parcelle, n'est pas devenue irrégulière du fait de la construction et de la clôture édifiées à proximité de l'ouvrage. En outre, la circonstance que la convention n'a pas été publiée à la conservation des hypothèques, ni de ce fait, portée à la connaissance du notaire lors de la rédaction de l'acte de vente, n'a pas d'incidence sur sa validité s'agissant d'une servitude administrative instituée dans le cadre des dispositions énoncées au point 5.
7. Par ailleurs, en se bornant à contester le formalisme de la convention signée et à faire référence à l'existence d'un arrêté d'alignement du 7 octobre 2008, le requérant n'articule aucun moyen utile au litige.
8. Il résulte de ce qui précède que l'ouvrage public implanté sur le terrain de M. B avant sa chute en novembre 2018 n'est pas irrégulièrement implanté. Par suite, la demande du requérant visant à son déplacement doit être rejetée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense. Par voie de conséquence, la demande d'indemnisation du préjudice qu'il subit du fait de l'irrégularité de cette implantation doit également être rejetée.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme réclamée par Enedis en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Enedis en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la société Enedis.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Bailleul, premier conseiller,
Mme Coutarel, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
Le rapporteur,
C. Bailleul Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026