vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2200676 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | VIGNERON |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 6 janvier 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Grenoble a transmis au tribunal administratif de Melun le dossier de la requête de M. A présentée le 5 janvier 2022.
Par une ordonnance du 27 janvier 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Melun a renvoyé au tribunal administratif de Grenoble le dossier de la requête de M. A.
Par cette requête et un mémoire, enregistrés les 5 janvier 2022 et 26 juin 2022, M. A, représenté par Me Vigneron, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 décembre 2021 par lequel la préfète de la Drôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Drôme de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de deux jours, l'ensemble sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre à la préfète de la Drôme de produire son entier dossier et la fiche de renseignement déposée à l'appui de sa demande de titre de séjour ;
5°) mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête n'est pas tardive ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- le refus de séjour a été signé par une autorité n'ayant pas reçu délégation pour ce faire ;
- la préfète de la Drôme n'était pas compétente territorialement pour prendre à son égard une mesure d'éloignement ;
- la préfète de la Drôme a commis une erreur de droit en s'abstenant d'examiner ses demandes présentées sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle n'a pas procédé à un examen réel de sa situation ;
- le refus de séjour est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle justifiant son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'erreur de fait sur la durée de sa présence en France ;
- en lui opposant la circonstance que son contrat de travail était d'un mois seulement, la préfète a commis une erreur de droit dans la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le refus de séjour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire français devra être annulée par voie de conséquence de l'annulation du refus de séjour ;
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen réel de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision refusant un délai de départ volontaire devra être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision d'éloignement ;
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle n'est justifiée par aucune urgence ;
- la décision fixant le pays de destination devra être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision d'éloignement et du refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 21 mars 2022, la préfète de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un courrier du 14 avril 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la tardiveté de la requête qui a été présentée au-delà du délai de 48 heures imparti.
Vu les autres pièces du dossier.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 13 mai 2022.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'Hôte, vice-président,
- et les observations de Me Vigneron, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né en 2001, est entré irrégulièrement en France, selon ses déclarations, au cours de l'année 2016. A la suite d'une ordonnance de placement provisoire du 18 avril 2016 du tribunal de grande instance de Valence, puis d'un jugement en assistance éducative du 12 août 2016 du tribunal de grande instance de Toulon, il a été confié aux services de la protection de l'enfance du Var. Le 29 mars 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 17 décembre 2021, la préfète de la Drôme lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. D'autre part, aux termes du II de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. () ". Aux termes du II de l'article R. 776-5 de ce code : " Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 () ne sont susceptibles d'aucune prorogation () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été notifié par voie administrative à M. A le 3 janvier 2022, à 9 heures 45, et comportait l'indication des voies et délais de recours. La requête présentée par le requérant n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 5 janvier 2022, à 15 heures 15, soit postérieurement au délai de recours de quarante-huit heures prévu à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. A fait valoir qu'il aurait été empêché d'introduire son recours dans le délai imparti dans la mesure où il aurait été placé en garde à vue le 4 janvier, puis transféré le même jour dans un centre de rétention. Toutefois, il n'établit pas la réalité de la garde à vue en se bornant à produire une fiche de dépôt ne comportant aucun nom ni aucune mention permettant d'identifier l'individu concerné par cette mesure. En outre, s'il ressort des pièces du dossier qu'il a fait l'objet d'une retenue administrative dans les locaux de la police judiciaire de Neuilly-sur-Marne, il a été conduit au centre de rétention de Le Mesnil-Amelot le 4 janvier, où il est arrivé à 19 h 45, alors que le délai de recours n'était pas expiré. Il ne justifie pas avoir été empêché de former son recours contentieux directement auprès du centre de rétention, soit le soir même de son arrivée, soit le lendemain jusqu'à 9 h 45, alors, par ailleurs, qu'il produit la copie d'un recours gracieux formé auprès du préfet de la Drôme par un courrier daté du 4 janvier. Il n'explique pas, notamment, les raisons pour lesquelles il aurait été en mesure de présenter un recours gracieux mais pas d'introduire un recours contentieux. La circonstance qu'il n'ait pas pu prendre attache avec un avocat ne le privait pas de la faculté de former son recours contentieux par une requête sommaire introduite dans le délai imparti et de solliciter l'assistance d'un conseil, ainsi qu'il l'a fait d'ailleurs. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'ordonner un complément d'instruction, la requête de M. A est tardive et doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Vigneron et à la préfète de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
Mme Bardad, première conseillère,
Mme d'Elbreil, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.
Le président rapporteur,
V. L'HÔTE
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
N. BARDAD
La greffière,
C. BILLON
La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026