mercredi 19 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2200852 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 6 |
| Avocat requérant | LETELLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 11 février 2022 et le 7 février 2023, Mme B A, représentée par Me Letellier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 janvier 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de la Drôme a rejeté sa demande de prise en charge provisoire en qualité de jeune majeure ;
2°) d'enjoindre à la présidente du conseil départemental de la Drôme d'étudier sa demande de contrat jeune majeur ;
3°) de mettre à la charge du département de la Drôme une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son signataire ;
- la décision attaquée ne mentionne ni les voies et délais de recours, ni l'obligation de présenter un recours administratif préalable obligatoire, en méconnaissance des articles R. 223-2 du code de l'action et des familles et de l'article L. 412-3 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît l'article L. 225-5 du code de l'action sociale et des familles, et est entachée d'erreur d'appréciation, notamment au regard de sa date de naissance, la question de sa minorité ayant été tranchée par le juge judiciaire ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir, dans la mesure où elle a été prise par l'agent qui a refusé de reconnaître sa minorité.
Par des mémoires enregistrés le 11 octobre 2022 et le 9 février 2023, le département de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Le département de la Drôme fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête, un contrat jeune majeur lui ayant été proposé postérieurement à l'enregistrement de la requête;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Frapolli, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans ces affaires en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 14 avril 2023 le rapport de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, de nationalité ivoirienne, est entrée en France en 2019. Elle a été confiée au service de l'aide sociale à l'enfance du département de la Drôme par deux décisions du 21 novembre 2020 et du 7 avril 2021. Par un jugement du 29 octobre 2021, le juge des enfants a renouvelé son placement jusqu'au 5 novembre 2021, date de sa majorité fixée dans ledit jugement. Par une demande en date du 8 décembre 2021, Mme A a sollicité un contrat jeune majeur auprès du département de la Drôme qui lui a refusé par une décision du 4 janvier 2022. Par une ordonnance du 3 mars 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble, saisi par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu l'exécution de cette décision et enjoint au département de la Drôme de proposer à Mme A un accompagnement social et éducatif adapté à sa situation personnelle. Dans la présente instance, Mme A demande l'annulation de la décision du 4 janvier 2022.
Sur l'étendue du litige:
2. S'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant le juge de l'excès de pouvoir qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable et si le requérant indique, de sa propre initiative ou le cas échéant à la demande du juge, avoir exercé ce recours et, le cas échéant après que le juge l'y a invité, produit la preuve de l'exercice de ce recours ainsi que, s'il en a été pris une, la décision à laquelle il a donné lieu, le juge de l'excès de pouvoir doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.
3. Le 4 février 2022, Mme A a exercé contre la décision du 4 janvier 2022 le recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article L. 134-2 du code de l'action sociale et des familles. Par suite, en application du principe énoncé au point précédent, les conclusions à fin d'annulation que Mme A dirige contre la décision initiale du 4 janvier 2022 doivent être regardées comme dirigées contre la décision implicite de rejet, née du silence de l'administration à la suite de ce recours, qui s'y est substituée.
Sur le non-lieu opposé en défense:
4. Aux termes de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles dans sa version alors en vigueur : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental :/ 1° Les mineurs qui ne peuvent demeurer provisoirement dans leur milieu de vie habituel et dont la situation requiert un accueil à temps complet ou partiel, modulable selon leurs besoins, en particulier de stabilité affective, ainsi que les mineurs rencontrant des difficultés particulières nécessitant un accueil spécialisé, familial ou dans un établissement ou dans un service tel que prévu au 12° du I de l'article L. 312-1 ;/ () 4° ()/ Peuvent être également pris en charge à titre temporaire par le service chargé de l'aide sociale à l'enfance les mineurs émancipés et les majeurs âgés de moins de vingt et un ans qui éprouvent des difficultés d'insertion sociale faute de ressources ou d'un soutien familial suffisants./ Un accompagnement est proposé aux jeunes mentionnés au 1° du présent article devenus majeurs et aux majeurs mentionnés à l'avant-dernier alinéa, au-delà du terme de la mesure, pour leur permettre de terminer l'année scolaire ou universitaire engagée. ".
5. Eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, il appartient au présent juge non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner la situation de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler, s'il y a lieu, cette décision en accueillant lui-même la demande de l'intéressé s'il apparaît, à la date à laquelle il statue, qu'un défaut de prise en charge conduirait à une méconnaissance des dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives à la protection de l'enfance et en renvoyant l'intéressé devant l'administration afin qu'elle précise les modalités de cette prise en charge sur la base des motifs de son jugement.
6. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'ordonnance du 3 mars 2022 citée au point 1, Mme A a été reprise en charge par le département de la Drôme jusqu'au 4 novembre 2022. Puis, à la suite de son inscription en seconde année de CAP restauration au lycée professionnel Armorin de Crest, son accompagnement a été prolongé jusqu'au 31 octobre 2023. Par suite, à la date du présent jugement, eu égard à l'office du juge rappelé au point précédent, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et celles à fin d'injonction présentées par Mme A.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du département de la Drôme la somme demandée par Me Letellier au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme A aux fins d'annulation et d'injonction.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au département de la Drôme et à Me Letellier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2023.
Le magistrat désigné,
I. C
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 220085
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026