LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2200881

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2200881

mardi 5 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2200881
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantLABORIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 février 2022, la société Regards croisés, représentée par Me Laborie, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler les avis des sommes à payer valant ampliation du titre de recettes émis respectivement le 1er octobre 2021, le 29 novembre 2021 et le 29 novembre 2021 ;

2°) à titre principal, d'annuler la décision du 15 novembre 2021 par laquelle la communauté de communes du lac d'Aiguebelette lui demande le remboursement de la somme de 6 720 euros au titre des prestations non réalisées ainsi que le courrier non daté ;

3°) à titre principal, d'annuler la notification de la saisie à tiers détenteur du 29 décembre 2021 ;

4°) de mettre à la charge de la communauté de communes du lac d'Aiguebelette une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il revient à la commune de justifier que l'un des documents formant titre de recettes exécutoire comporte la signature de l'ordonnateur et de produire le bordereau de titre de recettes ;

- les avis des sommes à payer ne permettent pas de déterminer précisément les bases de sa liquidation et sont insuffisamment motivés ;

- les sommes réclamées ne présentent pas un caractère certain et exigible eu égard à la réalisation des prestations objets des titres exécutoires.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 avril 2024, la communauté de communes du lac d'Aiguebelette, représentée par Me Duraz, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Regards croisés au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Les parties ont été informées le 8 octobre 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de l'ordre de juridiction pour connaître des conclusions dirigées contre la notification à tiers détenteur du 29 décembre 2021.

Les parties ont été informées le 8 octobre 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre le courrier du 15 novembre 2021 et le courrier non daté qui constituent des actes préparatoires qui ne peuvent être regardés comme des décisions faisant grief.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le décret n° 2012-1246 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pollet,

- les conclusions de Mme Frapolli, rapporteure publique,

- et les observations de Me Laborie, représentant la société Regards croisés.

Considérant ce qui suit :

1. La société Regards croisés a entrepris des prestations de conception, structuration et lancement du projet Erasmus +CIT'Art au bénéfice de la communauté de communes du lac d'Aiguebelette. Par trois titres exécutoires émis le 1er octobre 2021 et le 29 novembre 2021, la communauté de communes a sollicité le remboursement de prestations non réalisées pour un montant total de 14 880 euros. Par la présente requête, la société Regards croisés demande l'annulation des titres exécutoires.

Sur la saisie administrative à tiers détenteur :

2. Aux termes du cinquième alinéa de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa version alors en vigueur : " 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. () ". Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : () c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution. ".

3. Il ressort de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.

4. Par suite, s'agissant d'une créance non fiscale des collectivités territoriales, en application des dispositions précitées, seul le juge de l'exécution était compétent pour connaître des conclusions dirigées contre la notification de la saisie à tiers détenteur du 29 décembre 2021.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par la société Regards croisés tendant à l'annulation de la notification de la saisie à tiers détenteur sont rejetées comme présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Sur le courrier du 15 novembre 2021 et celui non daté :

6. La société Regards croisés demande l'annulation du courrier du 15 novembre 2021 et du courrier non daté de la communauté de communes du lac d'Aiguebelette. Toutefois, de telles décisions ne constituent que des actes préparatoires à l'émission de titres exécutoires générés ultérieurement par la communauté de communes du lac d'Aiguebelette et sont dès lors insusceptibles de recours.

Sur les titres exécutoires :

7. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. Les recettes sont liquidées pour leur montant intégral, sans contraction avec les dépenses. Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation ".

8. Un état exécutoire doit indiquer les bases de liquidation de la dette. En application de ce principe, l'administration ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge de ce débiteur.

9. En l'espèce, les titres exécutoires attaqués ne précisent ni les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle ils ont été émis, ni les éléments de calcul sur lesquels ils se fondent. Si la communauté de communes du lac d'Aiguebelette fait valoir que deux des trois titres en litige comportent une référence à un certificat administratif joint, ces références sont peu précises. Par ailleurs, les certificats administratifs joints, ne comportent pas les bases de liquidation et les éléments de calcul des sommes réclamées.

10. Par suite, la société Regards croisés est fondée à demander l'annulation des avis des sommes à payer valant ampliation des titres de recettes émis respectivement le 1er octobre 2021, le 29 novembre 2021 et le 29 novembre 2021.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

11. Les conclusions présentées par la communauté de communes du lac d'Aiguebelette, la partie perdante, doivent être rejetées. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la communauté de communes du lac d'Aiguebelette une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions tendant à annuler la notification de la saisie à tiers détenteur du 29 décembre 2021 sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Les avis de sommes à payer valant ampliation des titres de recette émis respectivement le 1er octobre 2021, le 29 novembre 2021 et le 29 novembre 2021 sont annulés.

Article 3 : La communauté de communes du lac d'Aiguebelette versera à la société Regards croisés la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Regards croisés et à la communauté de communes du lac d'Aiguebelette.

Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Vial-Pailler, président,

M. Villard, premier conseiller,

Mme Pollet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.

La rapporteure,

MA. POLLET

Le président,

C. VIAL-PAILLERLe greffier,

G. MORAND

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions