jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2201082 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 1er février 2022 et le 20 janvier 2023, Mme C B représentée par Me Iosca, demande au tribunal de Marseille :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet, par le ministre de l'intérieur le 30 novembre 2021, de son recours gracieux présenté le 7 octobre 2021 pour le retrait des décisions ayant conduit à l'annulation de son permis de conduire ;
2°) d'annuler la décision 48SI du 13 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul et les décisions de retrait de points ayant conduit à ce solde nul ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui reconstituer son capital de points et de lui restituer son titre de conduite dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que la notification du pli 48SI, envoyé en recommandé, est irrégulière faute d'indication du bureau de poste pour la récupérer ;
- la réalité des infractions n'est pas établie ;
- elle n'a pas bénéficié des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par ordonnance du 3 février 2022 la présidente du tribunal administratif de Marseille a transmis la requête de Mme B domiciliée dans la Drôme, au tribunal administratif de Grenoble.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut à titre principal que la requête est frappée de forclusion et à titre subsidiaire au rejet de la requête.
Il soutient que celle-ci est infondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application des articles L. 222-2-1 et R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La magistrate désignée a au cours de l'audience publique, présenté son rapport. Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B demande au tribunal d'annuler la décision 48SI du 13 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul et les décisions de retrait de points ayant conduit à ce solde nul. La requérante demande en outre l'annulation de la décision implicite du ministre de l'intérieur rejetant son recours gracieux formé le 7 octobre 2021 contre les décisions précitées.
Sur l'étendue du litige
2. Il ressort du relevé d'information intégral de la requérante daté du 29 mars 2022 et produit par le ministre de l'intérieur à l'appui de son mémoire en défense, que les points retirés à la suite des infractions commises les 22 octobre 2018 et 2 novembre 2019 ont été restitués respectivement les 7 mai 2019 et 16 mai 2020 soit antérieurement à la requête. Par suite, les conclusions dirigées contre ces décisions sont irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Mme B conteste les retraits de points afférents aux onze autres infractions commises les 9 décembre 2017 (- 1 point), 24 mars 2018 (- 1 point), 5 avril 2018 (- 1 point), 18 octobre 2018 (- 1 point), 23 novembre 2020 (- 1 point), 5 décembre 2020 (- 1 point), 15 décembre 2020 (- 1 point), 7 février 2021 à 13H14 (- 1 point), 7 février 2021 à 21H45 (- 1 point), 9 février 2021 (- 1 point) et 22 mars 2021 (- 2 points) soit un total de 12 points.
En ce qui concerne l'absence d'information préalable :
4. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code ; qu'il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. L'information prévue par ces dispositions du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, par suite, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation. Toutefois, lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, l'omission de cette formalité est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation.
S'agissant des infractions commises les 18 octobre 2018, 23 novembre 2020, 5 décembre 2020, 15 décembre 2020, 7 février 2021 à 13H14, 7 février 2021 à 21H45, 9 février 2021 et 22 mars 2021 :
5. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral de Mme B que celle-ci s'est acquittée des huit amendes forfaitaires correspondant à ces infractions, la requérante a payé les amendes forfaitaires relatives à ces infractions relevées par radar automatique, ainsi que le prouvent les mentions " tribunal d'instance ou de police de CNT-CSA (centre national de traitement - contrôle sanction automatisé) ". Il découle de cette seule constatation que la requérante a nécessairement reçu les avis de contravention pour ces infractions. Il suit de là que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable de la contrevenante, dès lors que l'intéressée n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci seraient inexacts ou incomplets. Dans ces conditions Mme B n'est pas fondée à soutenir que les décisions de retrait de points prises à la suite de ces infractions l'auraient été au terme de procédures irrégulières.
S'agissant des infractions commises les 9 décembre 2017 et 24 mars 2018 :
6. En ce qui concerne les infractions du 9 décembre 2017 et du 24 mars 2018 relevées par radar automatique, le ministre de l'intérieur produit deux documents émanant de la trésorerie du centre de contrôle automatisé de Rennes attestant des paiements des amendes forfaitaires majorées afférentes, le 25 mai 2020 et le 24 juin 2020. Mme B qui ne fait pas valoir que ces règlements seraient intervenus selon la voie du recouvrement forcé, a dès lors nécessairement reçu à l'adresse de son domicile des avis d'amendes forfaitaires majorées relatives à ces infractions établis sur les modèles du centre d'enregistrement et de révision des formulaires administratifs (CERFA) comportant les mentions exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code la route. Par suite, le moyen tiré de ce que les retraits de points n'auraient pas été précédés de l'information requise par les dispositions du code la route doit être écarté.
S'agissant de l'infraction commise le 5 avril 2018 :
7. Il résulte du relevé d'information intégral du permis de conduire de Mme B que l'infraction relevée le 5 avril 2018 a été constatée par un radar automatique et a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur produit à l'instance, d'une part, un document d'amende forfaitaire majorée à l'adresse de Mme B au 28 avenue du 8 mai 1945 à 84700 Sorgues, mentionnant l'infraction du 5 avril 2018 à Avignon et le décompte de la somme à payer de 180 euros arrêtée au 18 août 2018, et d'autre part, l'enveloppe retournée au service émetteur de Rennes indiquant une présentation au destinataire le 29 août 2018 avec la mention " pli avisé et non réclamé ". La requérante n'a pas répliqué utilement concernant ces éléments précis. En tout état de cause, comme il a été dit au point 6 la requérante s'était acquittée au cours des mois précédents de deux amendes forfaitaires majorées et avait bénéficié alors de l'ensemble des informations légalement exigées. Dans ces conditions l'éventuel défaut d'information préalable au retrait de ce point n'a pas eu pour effet de priver Mme B d'une garantie instituée par la loi.
En ce qui concerne la réalité des infractions :
8. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route, " la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Il résulte des dispositions combinées des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route et des articles 529 et suivants du code de procédure pénale que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée ;
9. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral de la requérante que celle-ci s'est acquittée de dix amendes forfaitaires et amendes forfaitaires majorées correspondant à ces infractions et qu'un titre exécutoire a été émis pour l'amende forfaitaire majorée de la onzième infraction. Il suit de là que la réalité de ces infractions doit être tenue pour établie conformément aux dispositions susmentionnées de l'article L. 223-1 du code de la route, la requérante n'alléguant pas avoir formé de requête en exonération au titre de ces amendes.
10. Il résulte de ce qui précède, d'une part, que les conclusions à fin d'annulation des retraits de points qui ont conduit au solde nul du permis de conduire de la requérante, ne peuvent être que rejetées.
11. Il résulte de ce qui précède, d'autre part, que les conclusions à fin d'annulation de la décision 48SI du 13 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité du permis de conduire de Mme B, pour solde de points nul, sont rejetées ainsi que les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 7 octobre 2021 contre les décisions précitées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Les conclusions accessoires à fin d'injonction doivent être rejetées par voie de conséquence du rejet des conclusions principales tendant à l'annulation des décisions en litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
La magistrate désignée,
D. ALa greffière,
V. Barnier
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026