jeudi 14 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2201133 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | JUGNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 février 2022 et un mémoire enregistré le 4 juin 2024 non communiqué, M. B A, représenté par Me Jugnet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle l'administration pénitentiaire a implicitement rejeté le recours hiérarchique qu'il a formé le 25 janvier 2021 contre le refus du chef d'établissement du centre pénitentiaire d'Aiton de le proposer à la liste d'aptitude pour l'accès au corps de commandement du personnel de surveillance au titre de l'année 2020 ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de prendre un arrêté prononçant son élévation au grade de capitaine ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les lignes directrices de gestion en matière de promotion et de valorisation des parcours 2021/2023 n'exigent pas une mobilité géographique s'il existe des postes vacants au sein de la même résidence administrative ;
- des postes étant vacants dont un au sein du centre pénitentiaire d'Aiton, il répondait à tous les critères fixés pour être proposé à la liste d'aptitude, ce qui rendait sa candidature obligatoire ; l'administration a commis une erreur de droit en ne l'inscrivant pas sur la liste d'aptitude soumise à la commission administrative paritaire ;
- un agent de l'administration pénitentiaire, exerçant au CP d'Aiton et soumis lui aussi à mobilité, a été promu ; il est dans une situation identique à celle de cet agent promu ; cette méconnaissance du principe d'égalité de traitement des agents publics n'est justifiée par aucune circonstance exceptionnelle ni aucun intérêt du service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 janvier 2024, le garde des Sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- M. A a formé un recours hiérarchique à l'encontre du mémoire qu'il conteste le 25 janvier 2021 ; l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration n'est pas applicable aux agents ; sa requête, enregistrée seulement le 23 février 2022, est donc tardive ;
- le mémoire de non proposition contesté ne constituant qu'une mesure préparatoire, la requête est également irrecevable pour ce motif ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n° 2006-441 du 14 avril 2006 portant statut particulier des corps du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire ;
- l'arrêté du 2 octobre 2020 fixant à titre dérogatoire le nombre d'emplois pourvus par les différentes voies de promotion dans le corps de commandement du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire et le corps des chefs des services pénitentiaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ban,
- les conclusions de M. Callot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, major pénitentiaire, a occupé le poste de chef du travail formation au centre pénitentiaire d'Aiton. Par une note du 23 octobre 2020, la direction de l'administration pénitentiaire a précisé les modalités d'élaboration de la liste d'aptitude pour l'accès au corps de commandement du personnel de surveillance au titre de l'année 2020 dans le cadre d'un plan de requalification. Le chef d'établissement du centre pénitentiaire d'Aiton a transmis à la direction interrégionale des services pénitentiaires de Lyon un " mémoire de non proposition " d'inscription de M. A sur cette liste d'aptitude. Par sa lettre du 25 janvier 2021 adressée par voie hiérarchique au président de la commission administrative paritaire qui avait examiné les candidatures à cette liste d'aptitude et transmise le lendemain par le chef d'établissement au directeur interrégional des services pénitentiaires de Lyon, M. A doit être regardé comme ayant exercé un recours hiérarchique contre ce refus. Par sa requête, il demande l'annulation de la décision ayant implicitement rejeté son recours.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les dispositions de la présente sous-section ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents ". Cette sous-section comprend l'article L. 112-3, aux termes duquel : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception () ", ainsi que l'article L. 112-6, aux termes duquel : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation. Le défaut de délivrance d'un accusé de réception n'emporte pas l'inopposabilité des délais de recours à l'encontre de l'auteur de la demande lorsqu'une décision expresse lui a été régulièrement notifiée avant l'expiration du délai au terme duquel est susceptible de naître une décision implicite ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : () 5° Dans les relations entre l'administration et ses agents ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour contester une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics. Ce n'est qu'au cas où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, l'auteur de la demande adressée à l'administration reçoit notification d'une décision expresse de rejet qu'il dispose alors, à compter de cette notification, d'un nouveau délai pour se pourvoir.
5. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête () ". Aux termes de l'article R. 413-5 du même code : " Les requêtes sont enregistrées par le greffier en chef (). Elles sont en outre marquées, ainsi que les pièces qui y sont jointes, d'un timbre indiquant la date de leur arrivée ". Aux termes de l'article R. 413-6 de ce code : " Le greffier en chef () délivre aux parties un certificat qui constate l'arrivée de la requête au greffe ". Aux termes de l'article R. 414-7 du même code, applicable aux avocats en application de l'article R. 414-1 : " Les formalités prévues par les articles R. 413-5 et R. 413-6 sont réalisées par voie électronique. L'arrivée de la requête et des différents mémoires est certifiée par l'accusé de réception délivré par voie électronique ".
6. En l'absence de réponse de l'administration à la lettre de M. A du 25 janvier 2021, une décision implicite de rejet est née le 25 mars 2021. Le délai de recours de deux mois dont il disposait pour demander l'annulation de cette décision a commencé à courir à compter de cette date et lui était opposable alors même que sa demande n'a pas fait l'objet d'un accusé de réception mentionnant les voies et délais de recours. Si le requérant produit un document daté du 25 mai 2021 issu de l'application Télérecours et intitulé " Préparer l'envoi ", seul l'accusé de réception délivré par l'application informatique, tel que prévu par l'article R. 414-7 du code de justice administrative, vaut justification de la date de réception d'une requête par le greffe du tribunal. M. A n'allègue, par ailleurs, aucun dysfonctionnement de l'application Télérecours. Dès lors, la requête de M. A, dûment enregistrée seulement le 23 février 2022, est tardive et, par suite, irrecevable. Ses conclusions doivent donc être rejetées dans leur ensemble sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre fin de non-recevoir opposée par le ministre de la justice.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
M. Ban, premier conseiller.
M. Doulat, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2024.
Le rapporteur,
J-L. Ban
La présidente,
A. Triolet
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602914
Le tribunal administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté les demandes de M. A... B..., ressortissant tunisien, visant à l’annulation d’un arrêté préfectoral du 8 mai 2026 l’obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour de deux ans, et d’un arrêté du 12 mai 2026 l’assignant à résidence. Le juge a estimé que les moyens soulevés, tirés notamment de l’incompétence de l’auteur de l’acte, du défaut de motivation, de la méconnaissance des articles 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, n’étaient pas fondés. La solution retenue confirme la légalité des décisions contestées, en application des dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602912
Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. B... contre l'arrêté préfectoral du 5 mai 2026 lui interdisant le retour sur le territoire français pour un an. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et ne révélait pas de défaut d'examen particulier de sa situation. Il a estimé que l'interdiction de retour, fondée sur les articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne méconnaissait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et n'était pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602898
Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en référé, a rejeté la demande de M. C... visant à suspendre l'arrêté préfectoral du 23 février 2026 suspendant son permis de conduire pour six mois, ainsi que le refus d'aménagement par un éthylotest antidémarrage. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (incompétence, défaut de motivation, erreur d'appréciation, méconnaissance de l'article R. 224-6 du code de la route) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions. La condition d'urgence n'a pas été examinée. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602803
Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, était saisi par M. B... d’un recours en excès de pouvoir contre des arrêtés du 6 mai 2026 du préfet de la Seine-Maritime portant obligation de quitter le territoire français, interdiction de retour et assignation à résidence. Le préfet a toutefois retiré ces arrêtés par un arrêté du 22 mai 2026, rendant la requête sans objet. En conséquence, le tribunal a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales de M. B.... Il a néanmoins admis l’intéressé au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et a rejeté sa demande de frais de justice, faute de justificatifs.
01/06/2026