mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2201497 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BERNARD DUGUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 mars 2022, Mme Baron, représentée par Me Bernard Duguet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Savoie a retiré son agrément d'assistante maternelle ;
2°) de mettre à la charge du département de la Haute-Savoie une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée :
- est entachée de vice de procédure dès lors que le département ne justifie pas de la régularité de la convocation de la CCPD conformément aux dispositions de l'article R. 421-3 du code de l'action sociale et des familles ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles.
Une mise en demeure de produire a été adressée au département de la Haute-Savoie le 9 mai 2023.
Par lettre du 19 octobre 2023, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative l'instruction est susceptible d'être close le 9 novembre 2023, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée le 29 octobre 2024 par l'avis d'audience du même jour.
Un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2024, pour le département de la Haute-Savoie n'a pas été communiqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fourcade,
- les conclusions de Mme Frapolli, rapporteur public,
- et les observations de Me Bernard Duguet, représentant Mme Baron.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Baron est agréée en qualité d'assistante maternelle depuis 2003. Par la présente requête, elle demande l'annulation de la décision du 13 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Savoie a retiré son agrément.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
3. La requête de Mme Baron a été communiquée au département de la Haute-Savoie qui a été mis en demeure de produire un mémoire en défense. Cette mise en demeure étant restée sans effet jusqu'à la date de la clôture d'instruction, le département doit être réputé avoir admis l'exactitude matérielle des faits allégués par Mme Baron dont l'inexactitude ne ressort d'aucune des pièces du dossier.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
4. Le recours pour excès de pouvoir a pour objet, non de sommer le défendeur de justifier a priori de la légalité de la décision attaquée, mais de soumettre au débat des moyens sur lesquels le juge puisse statuer. A cet égard, le défendeur n'est tenu de verser des éléments au débat que si les moyens invoqués sont appuyés d'arguments ou de commencements de démonstration appelant une réfutation par la production d'éléments propres à l'espèce.
5. En l'espèce, Mme Baron se borne à faire valoir qu'il appartient au département de justifier de la régularité de la convocation de la commission consultative paritaire départementale (CCPD) qui s'est réunie le 17 décembre 2021, conformément aux dispositions de l'article R. 421-3 du code de l'action sociale et des familles, sans dire ce qui la conduit à soutenir que des irrégularités auraient pu être commises sur ce point. La décision attaquée n'est ainsi pas entachée d'irrégularité de procédure au seul motif que l'administration n'a pas produit d'éléments susceptibles de faire émerger des moyens.
6. La décision attaquée comporte les motifs de droit et de fait qui la fondent. Elle est par suite suffisamment motivé.
7. Aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. (). L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne. () ". Aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. () ".
8. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil chez l'assistant maternel garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis et de procéder au retrait de l'agrément de l'assistant maternel si ces conditions ne sont plus remplies. A cette fin, dans l'hypothèse où il est informé de suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant, de la part du bénéficiaire de l'agrément ou de son entourage, il lui appartient de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant est exposé à de tels comportements ou risque de l'être. Par ailleurs, si la légalité d'une décision doit être appréciée à la date à laquelle elle a été prise, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de tenir compte, le cas échéant, d'éléments factuels antérieurs à cette date mais révélés postérieurement.
9. En l'espèce, aucune responsabilité de la requérante dans la survenue des fractures constatées dans la nuit du 24 au 25 septembre 2021 sur l'enfant Maelo, 7 mois, ne ressort des pièces du dossier. En outre, l'enquête pénale à fait l'objet d'un classement sans suite le 23 septembre 2022, les circonstances des faits n'ayant pu être clairement établies.
10. Toutefois, la visite domiciliaire réalisée le 27 septembre 2022 par la puéricultrice de la PMI a relevé plusieurs manquements aux règles de sécurité.
11. En premier lieu, a été constaté l'ajout d'un matelas dans un lit parapluie en méconnaissance des préconisations tendant à prévenir la mort inattendue du nourrisson, ce que la requérante ne conteste pas, se bornant à faire valoir que la présence de matelas n'est pas à l'origine des blessures de Maelo. Toutefois, indépendamment de la question de la survenue de ces blessures, le manquement aux règles de sécurité est caractérisé.
12. En deuxième lieu, la présence d'une centrale vapeur au sol accessible aux enfants constitue, même verrouillée et débranchée, un manquement aux règles de sécurité.
13. En troisième lieu, il résulte des déclarations de la requérante qu'une couchette, posée verticalement sur le mur, a chuté dans une pièce où se trouvaient les enfants alors que Mme Baron préparait le gouter dans la cuisine. Même si aucune conséquence dommageable n'a été occasionnée par cette chute, il s'agit également d'un manquement aux règles de sécurité.
14. En quatrième lieu, il est constant que Mme Baron en accueillant 3 enfants de moins de 1 an et 1 de plus de 1 an, méconnaissait les conditions de son l'agrément, limité à l'accueil de 2 enfants de moins de 1 an et 2 enfants de plus de 1 an. Cette méconnaissance par Mme Baron des conditions de son agrément n'est pas au nombre de celles listées à l'article R.421-26 du code de l'action sociale et des familles qui ne peuvent justifier un retrait d'agrément qu'après avertissement. En l'espèce, la prise en charge d'un nombre excessif d'enfants trop jeunes présentait un risque pour leur sécurité compte tenu notamment de la présence d'un escalier que la requérante empruntait quotidiennement pour se rendre dans la salle de jeux.
15. Il résulte de ce qui précède, malgré les nombreuses attestations exprimant la satisfaction de parents, que le département n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en prenant la décision attaquée.
16. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il y a également lieu de rejeter ses conclusions fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme Baron est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A Baron et au département de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Fourcade, première conseillère,
Mme Pollet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2024.
La rapporteure,
F. FOURCADE
Le président,
C. VIAL-PAILLERLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026