mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2201861 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET COLL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 28 mars 2022 et le 6 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Coll, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté n°2022/01/28A du 10 janvier 2022 par lequel le maire de Bourgoin-Jallieu a prolongé sa disponibilité d'office pour une durée de 6 mois, soit jusqu'au 8 juillet 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bourgoin-Jallieu une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son signataire ; la délégation de signature produite par le défendeur est trop générale ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation, en méconnaissance des dispositions du code des relations entre le public et l'administration ; notamment, le visa du procès-verbal du comité médical sans en indiquer les motifs ni joindre ledit avis à la décision attaquée est insuffisant à satisfaire l'exigence de motivation ;
- l'arrêté attaqué est entaché de vices de procédure, faute d'avoir été informé de la date à laquelle le comité médical allait se réunir, ni examiné par un médecin expert de sa pathologie, en méconnaissance des articles 4, 17 et 38 du décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ; il n'a pas non plus été informé de ses droits avant que l'arrêté en cause ne soit pris, ni de la possibilité de consulter son dossier ; il n'a pas non plus été informé de la possibilité de pouvoir faire entendre le médecin de son choix ;
-il est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation, faute pour son employeur d'avoir fait les diligences requises pour adapter son poste de travail, d'avoir cherché à le reclasser et en premier lieu de l'avoir invité à demander son reclassement ;
-il est entaché d'une deuxième erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles 17 et 37 du décret du 30 juillet 1987, sa situation devant conduire l'administration, au lieu de le placer en disponibilité d'office, de reconnaître imputable au service sa rechute. Sa rechute est imputable à des tâches imposées, qui ne tenaient pas compte de ses restrictions médicales. " Au demeurant, au regard de son état de santé, il aurait pu être placé en congé de longue maladie en attente de statuer sur sa demande de rechute d'un accident de service ".
Par un mémoire enregistré le 15 juin 2023, la commune de Bourgoin-Jallieu conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au motif que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 10 janvier 2022 en tant qu'il porterait refus d'imputabilité au servie de la dégradation de l'état de santé de M. A à la suite d'un précédent accident, cet arrêté n'ayant pas cette portée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n°86-68 du 13 janvier 1986 relatif aux positions de détachement, de disponibilité, de congé parental des fonctionnaires territoriaux et à l'intégration ;
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 juin 2024 :
- le rapport de Mme Frapolli,
- les conclusions de M. C,
- et les observations de Me Cottignies, représentant la commune de Bourgoin-Jallieu.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, agent de maîtrise principal titulaire né en 1964 et employé par la commune de Bourgoin-Jallieu, a été victime d'un accident de service le 13 décembre 2011 alors qu'il exerçait au service des espaces verts. A la suite, il a été placé en congé de maladie imputable au service du 13 décembre 2011 au 7 mars 2016. Une date de consolidation de son état de santé a été fixée au 1er juillet 2014. Une allocation temporaire d'invalidité lui a été attribuée. A son retour dans le service, le 8 mars 2016, il a été affecté à des fonctions de gardien d'équipements municipaux avant de regagner le service des espaces verts en janvier 2018, à sa demande et sur avis favorable du médecin de prévention. A compter du 8 octobre 2020 il a été placé en congé de maladie ordinaire puis, à l'expiration de ses droits, en disponibilité d'office à compter du 9 octobre 2021. Dans la présente instance, il demande au Tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté susvisé du 10 janvier 2022 par lequel le maire de Bourgoin-Jallieu a prolongé sa disponibilité d'office initiale entre le 9 janvier 2022 et le 8 juillet 2022, en tant également que cet arrêté porterait refus d'imputabilité au service d'une rechute. Parallèlement, le 15 septembre 2021, M. A a demandé à son employeur la reconnaissance de l'imputabilité au service de la rechute de son accident du 13 décembre 2011. Dans une instance distincte n°2203591, M. A a demandé au Tribunal d'annuler pour excès de pouvoir le refus qui a été opposé à cette demande par un arrêté ultérieur du 11 avril 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation présentées dans l'instance numéro 2201861 en tant que l'arrêté du 10 janvier 2022 porterait refus de reconnaissance d'imputabilité au service d'une rechute d'accident :
2. Pendant l'instruction de la demande de reconnaissance d'imputabilité au service de la dégradation de son état de santé à compter d'octobre 2020, formulée le 29 septembre 2021, la disponibilité d'office initiale du requérant a été prolongée par l'arrêté attaqué du 10 janvier 2022. Ainsi, ce dernier n'a ni pour objet ni pour effet de rejeter sa demande du 29 septembre 2021, alors au surplus qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'eu égard à la durée du délai d'instruction de cette demande, l'administration aurait dû le placer dans une autre position administrative. Par suite, les conclusions et moyens dirigées contre l'arrêté du 10 janvier 2022 en tant qu'il porterait refus de reconnaissance d'imputabilité au service de l'aggravation de son état de santé sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation:
Sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête ;
3. Aux termes de l'article 4 du décret du 30 juillet 1987 susvisé dans sa version alors en vigueur : " Le comité médical est chargé de donner à l'autorité compétente, dans les conditions fixées par le présent décret, un avis sur les questions médicales soulevées par l'admission des candidats aux emplois publics, l'octroi et le renouvellement des congés de maladie et la réintégration à l'issue de ces congés, lorsqu'il y a contestation./ Il est consulté obligatoirement pour :/ () f) La mise en disponibilité d'office pour raison de santé et son renouvellement ; ()/ Le secrétariat du comité médical informe le fonctionnaire :/ -de la date à laquelle le comité médical examinera son dossier ;/ -de ses droits concernant la communication de son dossier et de la possibilité de faire entendre le médecin de son choix ;/ -des voies de recours possibles devant le comité médical supérieur. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 17 du décret du 30 juillet 1987 : " Lorsque, à l'expiration de la première période de six mois consécutifs de congé de maladie, le fonctionnaire est inapte à reprendre son service, le comité médical est saisi pour avis de toute demande de prolongation de ce congé dans la limite des six mois restant à courir./ Lorsque le fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du comité médical. En cas d'avis défavorable, s'il ne bénéficie pas de la période de préparation au reclassement prévue par le décret du 30 septembre 1985 susvisé, il est soit mis en disponibilité, soit reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis de la commission de réforme. Le paiement du demi-traitement est maintenu, le cas échéant, jusqu'à la date de la décision de reprise de service, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite. () ". Aux termes du dernier alinéa de l'article 38 du décret du 30 juillet 1987 : " Le renouvellement de la mise en disponibilité est prononcé après avis du comité médical. Toutefois, lors du dernier renouvellement, l'avis est donné par la commission de réforme. ". Aux termes de l'article 19 du décret du 13 janvier 1986 susvisé : " La mise en disponibilité peut être prononcée d'office à l'expiration des droits statutaires à congés de maladie prévus au premier alinéa du 2°, au premier alinéa du 3° et au 4° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 et s'il ne peut, dans l'immédiat, être procédé au reclassement du fonctionnaire dans les conditions prévues aux articles 81 à 86 de la loi du 26 janvier 1984./ La durée de la disponibilité prononcée en vertu du premier alinéa du présent article ne peut excéder une année. Elle peut être renouvelée deux fois pour une durée égale. Si le fonctionnaire n'a pu, durant cette période, bénéficier d'un reclassement, il est, à l'expiration de cette durée, soit réintégré dans son administration s'il est physiquement apte à reprendre ses fonctions dans les conditions prévues à l'article 26, soit, en cas d'inaptitude définitive à l'exercice des fonctions, admis à la retraite ou, s'il n'a pas droit à pension, licencié./ Toutefois, si, à l'expiration de la troisième année de disponibilité, le fonctionnaire est inapte à reprendre son service, mais s'il résulte d'un avis du conseil médical qu'il doit normalement pouvoir reprendre ses fonctions ou faire l'objet d'un reclassement avant l'expiration d'une nouvelle année, la disponibilité peut faire l'objet d'un troisième renouvellement. ".
4. Préalablement à la réunion du comité médical départemental chargé d'examiner la situation de M. A, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait été informé par le secrétariat, de la date de réunion de ce comité, de ses droits concernant la communication de son dossier et de la faculté dont il disposait de faire entendre un médecin de son choix, pas plus enfin des voies de recours possibles devant le comité médical supérieur. L'irrégularité ainsi commise a privé M. A d'une garantie et a été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision contestée. Or contrairement à ce que soutient le défendeur, M. A fonde bien le moyen tiré du vice de procédure sur la méconnaissance de l'article 4 du décret du 30 juillet 1987, qu'il cite in extenso en faisant apparaître en caractère gras les passages utiles.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté susvisé du10 janvier 2022 par lequel le maire de Bourgoin-Jallieu a prolongé sa disponibilité d'office pour une durée de 6 mois.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative:
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Bourgoin-Jallieu une somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées par la commune de Bourgoin-Jallieu, la partie perdante, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté susvisé du10 janvier 2022 par lequel le maire de Bourgoin-Jallieu a prolongé la disponibilité d'office de M. A pour une durée de 6 mois est annulé.
Article 2 : La commune de Bourgoin-Jallieu versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Bourgoin-Jallieu.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, premier conseiller,
Mme Fourcade, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
Le rapporteur,
I. FRAPOLLI
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2201861
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026