jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2201920 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées le 30 mars 2022, M. B, représenté par Me Mathis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 22 novembre 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de le rétablir dans ses droits aux conditions matérielles d'accueil à compter du mois de novembre 2021, dans un délai de 48 heures à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991
M. B soutient que la décision en litige :
- est insuffisamment motivée ;
-est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- est entachée d'une erreur de droit, et méconnait plus particulièrement les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 mars 2023, l'OFII conclut au rejet de la requête.
L'Office fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, né le 22 novembre 2002, de nationalité sierra-léonaise, est entré sur le territoire français en décembre 2020 selon ses déclarations et a déposé le 8 janvier 2021 une demande d'asile auprès de la préfecture de l'Isère. Il a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'OFII le 8 janvier 2021. Ayant constaté que l'intéressé avait franchi irrégulièrement les frontières italiennes le 22 août 2020, le préfet du Rhône a décidé, par arrêté du 8 mai 2021, sa remise aux autorités italiennes aux fins d'examen de sa demande d'asile. M. B ayant été déclaré en fuite par le préfet de l'Isère le 9 septembre 2021, le directeur territorial adjoint de l'OFII a, par décision du 14 octobre 2021, retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil de M. B. La demande de rétablissement de ses conditions matérielles présentée le 3 novembre 2021 par M. B auprès de l'OFII a été rejetée par ce dernier par une décision du 22 novembre 2021, dont l'intéressé demande l'annulation.
Sur les conclusions aux fins de bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 8 mars 2022. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur sa demande d'admission provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; / () Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. "
4. Il résulte de ces dispositions que dans le cas où, comme en l'espèce, les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement du 3° de l'article L. 551-16, le demandeur peut, lorsque les raisons ayant conduit à la décision ont cessé, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'OFII, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil.
5. Il ressort des pièces du dossier que suite à l'arrêté de remise aux autorités du préfet du Rhône du 8 mai 2021, les modalités de départ pour l'Italie ont été notifiées à M. B le 8 septembre 2021 à 12h30. Aux termes de ce document daté du 8 septembre 2021, M. B devait se présenter le lendemain, soit le jeudi 9 septembre 2021 à 4h00 du matin à l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry, en communiquant au préalable et au plus tard le 8 septembre 2021 à 16h00 un test PCR négatif ou un schéma vaccinal complet. En notifiant les modalités de départ moins de 24 heures avant le départ, en fixant une heure de présentation incompatible avec les transports en commun existants et en exigeant la réalisation d'un test PCR et la communication des résultats en moins de 4 heures, le préfet du Rhône doit être regardé comme ayant placé M. B dans l'impossibilité de respecter ses propres exigences. Dans ces circonstances, M. B est fondé à soutenir que, compte tenu du motif de sa non-présentation aux autorités le jour de son transfert vers l'Italie, l'OFII ne pouvait fonder sa décision refusant le rétablissement des conditions matérielles d'accueil sur le fait que l'intéressé ne justifiait pas des raisons pour lesquelles il n'avait pas respecté ses obligations. L'Office français de l'immigration et de l'intégration a ainsi méconnu les dispositions précitées. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision du 22 novembre 2021 refusant à M. B le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'exécution par le présent jugement de la décision du 22 novembre 2021 implique que l'Office français de l'immigration et de l'intégration rétablisse au profit de M. B le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 14 octobre 2021 date de cessation des conditions matérielles d'accueil précédemment accordées. Il y a lieu d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Mathis renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'OFII le versement de la somme de 900 euros à Me Mathis, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire de M. B.
Article 2 : La décision du 22 novembre 2021 refusant de rétablir les conditions matérielles d'accueil au profit de M. B est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir les conditions matérielles d'accueil au profit de M. B à compter du 14 octobre 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'OFII versera à Me Mathis une somme de 900 euros sous réserve du renoncement à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient
Mme Triolet, présidente,
M. Doulat, premier conseiller,
M. Villard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
Le rapporteur,
F. A
La présidente,
A. TRIOLET
La greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026