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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2202165

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2202165

jeudi 7 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2202165
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantMARCEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 avril 2022, M. C A représenté par Me Marcel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2022 par lequel le préfet de l'Isère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros qui sera versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. A soutient que :

La décision de refus de titre de séjour :

- est entachée d'un défaut de motivation ;

- est entachée d'un vice de procédure à défaut de produire un avis médical régulier de l'OFII ;

- le préfet s'est estimé lié par l'avis de l'OFII ;

- la décision méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a méconnu l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

La décision portant obligation de quitter le territoire sans délai :

- doit être annulée par voie de conséquence ;

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'absence de délai volontaire n'est pas suffisamment motivée ;

La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- méconnaît l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

La décision fixant le pays de destination :

- doit être annulée par voie de conséquence ;

-est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête. Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- et les observations de Me Marcel, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant malien né le 6 mai 2001, a déclaré être entré en France en mars 2017 et a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance. Il a sollicité le 10 avril 2019 la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L.313-11 2° bis du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 25 septembre 2019, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer le titre sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Le tribunal administratif de Grenoble a rejeté le recours de M. A à l'encontre de cet arrêté par un jugement du 31 décembre 2020. Le 6 mai 2021, M. A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à titre principal, et des articles L. 423-22, 423-23 et L. 422-1 du même code, à titre subsidiaire. Par un arrêté du 11 mars 2022, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer le titre sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un délai d'un an et a fixé le pays de destination. Par une requête enregistrée le 8 avril 2022, M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

3. L'arrêté attaqué, qui mentionne les éléments de faits propres à la situation du requérant et énonce les considérations de droit sur lesquelles il est fondé, est suffisamment motivé au regard de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

4. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable () ".

5. Aux termes de l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis () au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé ". Aux termes de l'article R. 313-23 de ce code : " Le collège () composé de trois médecins, émet un avis () Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () Le demandeur dispose d'un délai d'un mois à compter de l'enregistrement de sa demande en préfecture pour transmettre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration le certificat médical mentionné au premier alinéa. L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. () ". Enfin, l'article 6 de l'arrêté ministériel du 27 décembre 2016 dispose que : " () Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".

6. En premier lieu, le préfet a produit l'avis émis le 1er octobre 2021 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur l'état de santé de M. A. L'avis est signé par trois médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration à la suite d'un rapport médical établi le 16 septembre 2021 par un médecin qui n'a pas siégé au sein du collège. La circonstance que le préfet n'a pas communiqué au requérant les éléments tirés de la bibliothèque d'information sur le système de soin des pays d'origine (BISPO) dont le collège de médecins de l'OFII s'est notamment servi pour apprécier la condition d'accès aux soins dans le pays d'origine et formuler l'avis contesté ne peut entacher d'illégalité cette décision, dès lors qu'aucune disposition ni aucun principe n'impose une telle communication préalablement à l'intervention d'une décision de refus de titre de séjour. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'avis aurait été rendu plus de trois mois après la transmission du certificat médical. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.

7. En deuxième lieu, il ne ressort ni de l'arrêté attaqué ni des autres pièces du dossier que le préfet s'est cru à tort lié par l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. A. Ainsi, contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet n'a pas méconnu l'étendue de sa compétence. Par suite, le moyen doit être écarté.

8. En troisième lieu, l'avis du collège des médecins mentionne que l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale, dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Le compte-rendu d'évaluation neuropsychologique produit par le requérant ne permet pas de contredire l'avis du collège des médecins de l'OFII. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

9. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

10. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ; 2. Il ne peut y avoir d'ingérence dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

11. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'au jour de l'arrêté contesté le requérant résidait en France depuis cinq ans. Si M. A soutient que cette durée est longue au regard de son jeune âge, il convient également de noter que sa demande de titre de séjour a été rejetée en 2019 et qu'il n'a pas exécuté l'obligation de quitter le territoire français prononcée concomitamment à ce rejet. Célibataire, sans enfant, il n'allègue pas avoir de liens familiaux en France et ne justifie pas de l'existence de liens personnels d'une intensité particulière ou d'une intégration professionnelle, alors que ses parents et sa demi-sœur résident au Mali. Ainsi, la décision contestée ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnaît donc ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

12. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée, par laquelle le préfet de l'Isère a refusé au requérant la délivrance du titre sollicité, serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

13. La décision refusant au requérant un titre de séjour n'étant pas illégale, ce dernier n'est pas fondé à demander l'annulation, par voie de conséquence, de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

14. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment l'atteinte à la vie privée et familiale invoquée par le requérant n'est pas établie. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

15. L'arrêté du 11 mars 2022, qui vise les articles L.612-2 et L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle notamment que M. A s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire français alors qu'il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement, qu'il n'a pas exécutée, présentant ainsi un risque de se soustraire à une nouvelle mesure. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant refus de départ volontaire doit être écarté.

16. M. A entre dans les catégories d'étrangers qui, en application de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, présente un risque de se soustraire à une nouvelle mesure et peut faire l'objet d'un refus de délai de départ volontaire. Il ne fait valoir aucune circonstance précise qui ferait matériellement obstacle à ce qu'il quitte immédiatement le territoire français et rendrait nécessaire l'octroi d'un délai de départ volontaire. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet n'aurait pas examiné sa situation personnelle avant de lui refuser tout délai, ni que la décision serait entachée d'une erreur de droit.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

18. En l'espèce, la décision attaquée mentionne les conditions de séjour du requérant en France, les liens en France mais également les attaches fortes dans son pays d'origine où résident des membres de sa famille, et la circonstance qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée. Malgré l'absence de menace d'atteinte à l'ordre public, le préfet de l'Isère n'a pas méconnu les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant une interdiction de retour par une décision suffisamment motivée. De même, il n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation en limitant à un an la durée de cette interdiction laquelle peut atteindre un maximum de trois ans.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

19. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision fixant le pays de destination de son éloignement.

20. M. A soutient que s'il devait retourner au Mali, il ne pourrait pas poursuivre sa scolarité et ne pourrait pas trouver des perspectives professionnelles. En se bornant à évoquer des considérations générales sur le Mali, le requérant n'établit pas les conséquences alléguées que son retour au Mali auraient sur sa situation personnelle. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit par conséquent être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et au titre des frais liés au litige doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Marcel et au préfet de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Paquet, présidente,

M. B et Mme D, premiers conseillers.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.

La rapporteure,

AS. D

La présidente,

D. Paquet

La greffière,

J. Bonino

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2202165

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