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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2202432

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2202432

jeudi 4 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2202432
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 avril 2022, M. A D, représenté par Me Tournoud, demande au tribunal :

1°) de lui accorder la réduction des majorations de recouvrement et des intérêts moratoires calculés sur la somme de 136 000 euros correspondant à un paiement partiel des impositions dues ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la demande de consignation qu'il a formulée a été rejetée le 29 septembre 2015 si bien que les sommes versées après cette date, et au-delà de la somme de 25 000 euros consignée le 13 octobre 2015, correspondent à des paiements partiels qui ne peuvent servir de base au calcul des pénalités de recouvrement et des intérêts moratoires ;

- quoi qu'il en soit, la consignation n'a pas été effectuée dans l'intérêt du débiteur puisqu'elle l'expose au paiement d'intérêts moratoires sur une somme de 136 000 euros dont il avait perdu la disposition.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 mai 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller,

- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par une lettre du 18 janvier 2022, le comptable public a mis en demeure M. D de s'acquitter de la somme 390 942 euros correspondant aux suppléments d'impôt sur le revenu dus au titre de l'année 2012 et mis en recouvrement le 30 avril 2015, aux cotisations sociales supplémentaires qui lui ont été réclamées au titre de la même année par voie de rôle du 30 juin 2015, aux majorations de 10 % établies sur le fondement de l'article 1730 du code général des impôts et aux intérêts moratoires calculés à la suite du rejet de sa requête par un jugement du 2 décembre 2021 numéro 1805381 et 1901812. Le contribuable a contesté le montant des majorations de recouvrement et des intérêts moratoires par une lettre du 3 février 2022. Sa réclamation ayant été rejetée par une décision du 28 février 2022, il demande, dans la présente instance, la réduction des majorations de recouvrement et des intérêts moratoires calculés à tort sur la somme de 136 000 euros correspondant, selon lui, à un paiement partiel des sommes réclamées.

2. Aux termes de l'article 1730 du code général des impôts : " 1. Donne lieu à l'application d'une majoration de 10 % tout retard dans le paiement des sommes dues au titre de l'impôt sur le revenu, des contributions sociales recouvrées comme en matière d'impôt sur le revenu, de la taxe d'habitation, des taxes foncières sur les propriétés bâties et non bâties, des impositions recouvrées comme les impositions précitées et de l'impôt de solidarité sur la fortune. 2. La majoration prévue au 1 s'applique : / a. Aux sommes comprises dans un rôle ou mentionnées sur un avis de mise en recouvrement qui n'ont pas été acquittées dans les quarante-cinq jours suivant la date de mise en recouvrement du rôle () "

3. Il résulte de l'instruction que les majorations de 10 % sont arrêtées à la date du 15 juin 2015 et du 15 août 2015, en l'absence de paiement par M. D des sommes réclamées par voie de rôles le 30 avril 2015 et le 30 juin 2015. Il est constant qu'il n'a pas effectué le paiement de la somme de 227 365 euros au 15 juin 2015 ni de la somme de 80 974 euros au 15 août 2015. Par suite, le moyen qu'il soulève selon lequel les sommes consignées au-delà du 29 septembre 2015 correspondraient à des paiements partiels, est sans incidence sur le montant des majorations qui lui sont réclamées.

4. Selon l'article L. 209 du livre des procédures fiscales : " Lorsque le tribunal administratif rejette totalement ou partiellement la demande d'un contribuable tendant à obtenir l'annulation ou la réduction d'une imposition établie en matière d'impôts directs à la suite d'une rectification ou d'une taxation d'office, les cotisations ou fractions de cotisations maintenues à la charge du contribuable et pour lesquelles celui-ci avait présenté une réclamation assortie d'une demande de sursis de paiement donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires au taux de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts. Ces intérêts moratoires ne sont pas dus sur les cotisations ou fractions de cotisations d'impôts soumises à l'intérêt de retard mentionné à l'article 1727 du code général des impôts. Les intérêts courent du premier jour du treizième mois suivant celui de la date limite de paiement jusqu'au jour du paiement effectif des cotisations. Ils sont recouvrés dans les mêmes conditions et sous les mêmes garanties, sûretés et privilèges que les impositions auxquelles ils s'appliquent "

5. Il résulte de l'instruction que M. D a présenté en 2015, deux réclamations assorties d'une demande de sursis de paiement des suppléments d'impôt sur le revenu et des contributions sociales mis en recouvrement le 30 avril 2015 et le 30 juin 2015, au titre de l'année 2012. Par suite, l'administration a pu légalement réclamer à l'intéressé des intérêts moratoires sur le fondement des dispositions citées au point précédent à la suite du rejet de ses requêtes par un jugement du 2 décembre 2021 numéro 1805381 et 1901812.

6. M. D, dont les versements ont, par ailleurs, été intégralement consignés à titre de garantie, conformément à sa demande, n'est pas fondé à soutenir que du fait de la décision du comptable public refusant les garanties proposées, les sommes qu'il a versées à titre conservatoire vaudraient paiement de sa dette.

7. En outre, l'administration ayant fait une exacte application des dispositions de l'article L. 209 du livre des procédures fiscales citées au point 4, il ne peut utilement faire valoir que la consignation des sommes n'a pas été effectuée dans l'intérêt du débiteur.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par M. D doivent être rejetées ainsi que celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de M. D est rejetée.

Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. A D et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 18 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Pfauwadel, président,

Mme Bailleul et Mme C, assesseurs.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.

Le rapporteur,

C. Bailleul

Le président,

T. Pfauwadel

Le greffier,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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