jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2202473 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | COHEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 19 avril 2022 et le 21 juin 2022, M. C B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours gracieux du 31 mars 2022 demandant l'annulation de la décision référencée 48SI du 16 juin 2017 et l'annulation de cette décision ;
2°) d'annuler les décisions de retraits de points imputés à son permis de conduire pour les infractions des 8 octobre 2016 et 17 janvier 2016 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire avec ses points restitués ;
4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que:
- sa requête est recevable dès lors qu'il ne peut produire la décision attaquée du fait du refus implicite de l'administration de lui transmettre la copie de la décision référencée 48SI du 16 juin 2017 demandée le 31 mars 2022 ;
- irrégularité de la notification de la décision 48SI en application de la réglementation postale qui n'a pas été respectée notamment par l'absence de mentions substantielles devant figurer sur le pli contenant la décision ;
- l'adresse portée sur le pli en cause est erronée puisqu'il établit par des factures qu'à cette date il avait une autre adresse ;
- les décisions de retraits de points pour les infractions des 8 octobre 2016 et 17 janvier 2016 portées sur le relevé d'information intégral le concernant méconnaissent l'obligation d'information préalable obligatoire aux retraits de points qui lui est due en application des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité de ces infractions n'est pas établie puisqu'il n'a pas payé les amendes correspondantes ni reçu les titres exécutoires ;
- le relevé d'information intégral est inexact puisqu'il n'a pas restitué son permis de conduire comme il l'établit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2022, le ministre de l'intérieur conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire au rejet de l'ensemble de ses conclusions.
Il soutient que :
- la requête est tardive dès lors que la décision 48SI du 16 juin 2017 a été présentée à cette date et n'a pas été retirée à la poste ;
- à titre subsidiaire les autres moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application des articles L. 222-2-1 et R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La magistrate désignée a au cours de l'audience publique, présenté son rapport. Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B conteste les retraits de points imputés à son permis de conduire pour les infractions des 17 janvier 2016 et 8 octobre 2016 et la décision référencée 48SI du 16 juin 2017 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul.
Sur la recevabilité de la requête et la fin de non recevoir opposée par l'administration :
2. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué () ". Selon l'article R.421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Le requérant fait valoir qu'il est dans l'impossibilité de produire la décision 48SI du 16 juin 2017 du fait du refus implicite de l'administration de lui en délivrer une copie et qu'il n'a pas eu notification de cette décision car l'adresse portée sur le pli revenu à l'expéditeur est erronée.
3. Le pli produit à l'instance par l'administration a été présenté à l'Albenc le 16 juin 2017 et retourné à l'expéditeur avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Ce pli portait l'adresse 329 route de Bivan 38470 L'Albenc alors que le requérant produit à l'instance deux factures de Gaz et Electricité de Grenoble, à son nom, pour les périodes du 10 février au 30 juin 2017 et du 25 novembre 2017 au 25 février 2018. L'administration n'a pas répliqué suite à la communication de ces éléments.
4. Aucun principe général ni aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obligation au titulaire d'un permis de conduire de déclarer à l'autorité administrative sa nouvelle adresse en cas de changement de domicile. Il en résulte qu'alors même qu'il n'aurait pas signalé ce changement aux services compétents, la présentation à une adresse où il ne réside plus du pli notifiant une décision relative à son permis de conduire et prise à l'initiative de l'administration n'est pas de nature à faire courir à son encontre le délai de recours contentieux. La circonstance qu'il serait également titulaire du certificat d'immatriculation d'un véhicule, et soumis en cette qualité, par les dispositions de l'article R. 322-7 du code de la route, à l'obligation de signaler ses changements de domicile aux services compétents en la matière, est à cet égard sans incidence (CE 31/12/2919 - N° 434958 Dominique Chelle).
5. Dans ces conditions le recours gracieux daté du 31 mars 2022 et réceptionné le 4 avril 2022 par le ministère de l'intérieur a pu seul faire courir le délai de recours contentieux contre la décision 48SI du 16 juin 2017. Par suite la requête enregistrée le 19 avril 2022 est recevable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223 1 du même code ; qu'il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. L'information prévue par ces dispositions du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, par suite, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation. Toutefois, lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, l'omission de cette formalité est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation.
7. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. Toutefois, la seule circonstance que le contrevenant n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
8. Les infractions des 17 janvier 2016 (- 3 points) et 8 octobre 2016 (- 3 points) dont les retraits de points sont contestés ont donné lieu à deux procès-verbaux électroniques que l'administration produit à l'instance. Toutefois ces procès-verbaux ne comportent pas la signature du contrevenant ni aucune mention de refus de signer sous les informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route absentes aussi. En outre l'administration ne produit aucune attestation ni aucun document établissant que les amendes forfaitaires majorées, mentionnées dans le relevé d'information intégral daté du 8 juin 2022, ont été acquittées au moyen de documents comportant l'ensemble des informations requises.
9. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête que M. B est fondé à demander l'annulation des retraits de points afférents aux infractions des 17 janvier 2016 et 8 octobre 2016 et par suite l'annulation de la décision référencée 48SI du 16 juin 2017 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Eu égard aux motifs du présent jugement, l'exécution de celui-ci implique nécessairement, la restitution au capital de points affectés au permis de conduire de M. B des six points retirés à la suite des infractions des 17 janvier 2016 et 8 octobre 2016. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur qu'il rétablisse ces points dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve de la commission de nouvelles infractions justifiant des retraits de points et qu'il réexamine, dans le même délai, la situation de l'intéressé pour en tirer les conséquences sur son capital de points et son droit de conduire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions de retraits de points afférentes aux infractions des 17 janvier 2016 et 8 octobre 2016 sur le permis de conduire de M. B sont annulées ainsi que la décision du ministre de l'intérieur référencée 48SI du 16 juin 2017 constatant l'invalidité du permis de conduire de M. B.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de rétablir six points sur le permis de conduire de M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve de la commission de nouvelles infractions justifiant des retraits de points et qu'il réexamine, dans le même délai, la situation de l'intéressé pour en tirer les conséquences sur son capital de points et son droit de conduire.
Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
La magistrate désignée,
D. ALa greffière,
V. Barnier
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026