mardi 6 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2202492 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MABILON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 avril 2022 et des mémoires complémentaires, enregistrés les 30 avril et 22 juin 2022, M. E G, représenté par Me Mabilon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2021 par lequel la préfète de la Drôme lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, à la préfète de la Drôme de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " en qualité de conjoint de français ;
3°) d'ordonner, à titre subsidiaire, à la préfète de la Drôme de réexaminer sa demande d'admission au séjour dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard, et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire au séjour ;
M. G soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- a été signée par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de fait ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision d'obligation de quitter le territoire :
- a été signée par un autorité incompétente ;
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- méconnaît l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de délivrance du titre de séjour sollicité ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 412-1 et L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2022, la préfète de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. G n'est fondé.
Par ordonnance du 22 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 23 juin 2022.
M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 11 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Wyss a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. G, ressortissant chilien, a déclaré être entré sur le territoire français le 19 février 2020, muni de son passeport en cours de validité. Le 22 octobre 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 20 décembre 2021, la préfète de la Drôme lui a refusé la délivrance du titre sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur ce qui concerne les moyens communs :
2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme D, directrice de cabinet de la préfète de la Drôme, qui disposait d'une délégation de signature à cette fin, consentie par arrêté du 27 août 2021, régulièrement publié. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet acte, qui manque en fait, doit être écarté.
3. L'arrêté litigieux mentionne les éléments de faits propres à la situation du requérant et énonce les considérations de droit sur lesquelles il est fondé. Il est par suite suffisamment motivé.
Sur le refus de titre de séjour :
4. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
5. Si M. G fait valoir qu'il vit avec une ressortissante française avec laquelle il a conclu le 23 août 2021 un pacte civil de solidarité, cette relation était en tout état de cause très récente à la date de la décision attaquée. En outre, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a vécu trente-deux ans dans son pays d'origine où il a nécessairement créé des liens et des attaches personnelles et familiales. Dès lors, eu égard aux conditions et à la brièveté de son séjour sur le territoire français, M. G n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige méconnaitrait les dispositions de l'article L. 423-23 précité ou serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
6. L'illégalité de la décision portant refus de délivrance du titre sollicité n'étant pas démontrée, la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas illégale. Dès lors, l'exception d'illégalité soulevée par le requérant ne peut qu'être écartée.
7. M. G soutient que la décision de la préfète de la Drôme méconnaît son droit à être entendu. Toutefois, d'une part, en sollicitant un titre de séjour auprès de l'administration, il ne pouvait ignorer qu'en cas de refus de sa demande il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. D'autre part, M. G ne fait état d'aucun élément pertinent qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration et qui aurait été susceptible d'influer sur le prononcé ou les modalités d'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que son droit à être entendu préalablement à une décision administrative défavorable résultant du principe général du droit de l'Union européenne de bonne administration a été méconnu.
8. Si le requérant fait valoir que le centre de ses intérêts est désormais en France, il ne ressort pas des pièces du dossier, tels qu'évoquées au point 5, que l'obligation de quitter le territoire en litige porte une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. M. G se prévaut de sa présence nécessaire auprès de Junho, le fils de son épouse, notamment du fait d'un abandon de celui-ci par son père biologique. Toutefois, le requérant ne démontre ni que le père biologique de l'enfant ne contribue pas à son entretien ou à son éducation ni qu'il a la responsabilité juridique de Junho. Dès lors et en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 20 décembre 2021par lequel la préfète de la Drôme lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, avec obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de destination. Sa requête doit par suite être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E F, à Me Mabilon et à la préfète de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président,
M. Villard et Mme Vaillant, premiers conseillers,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 septembre 2022.
Le président, rapporteur,
J-P Wyss
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
N. Villard Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026