Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2202637

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2202637
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantCLEMENT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a examiné la requête de M. B contestant le refus du préfet de la Drôme d'accorder le regroupement familial pour son épouse et sa fille. En cours d'instance, le préfet a délivré des titres de séjour aux deux intéressées, régularisant leur situation. Le tribunal a donc constaté que les conclusions en annulation étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer. Les conclusions accessoires au titre des frais de justice ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 avril 2022, M. C B, représenté par Me Clément, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2022 par lequel le préfet de la Drôme a rejeté sa demande de regroupement familial au bénéfice de sa femme et de sa fille mineure, Mmes A B et Noureleslam B ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit et d'erreur de fait au regard des dispositions de l'article R. 434-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle retient comme motif la présence en France de manière irrégulière de sa famille alors que sa fille est mineure ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 août 2024, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- des titres de séjour ont été délivrés à Mmes A B et Noureleslam B ;

- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par une lettre du 7 août 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation dès lors que le préfet de la Drôme a délivré des titres de séjour à Mmes A B et Noureleslam B.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Ruocco-Nardo, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant tunisien né le 2 août 1966, titulaire d'une carte de résident valable du 22 février 2018 au 22 février 2028, a sollicité le bénéfice du regroupement familial au profit de sa femme et de sa fille mineure, Mmes A B et Noureleslam B. Par une décision du 7 mars 2022, le préfet de la Drôme a refusé de faire droit à sa demande. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.

2. Le préfet de la Drôme produit deux captures d'écran attestant de la délivrance à Mmes A B et Noureleslam B de titres de séjour accordés respectivement les 4 janvier 2023 et 8 août 2023, lesquels ont été renouvelés le 23 novembre 2023 et le 22 décembre 2023. Les intéressées séjournant depuis ces dates en situation régulière sur le territoire français, les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre la décision du 7 mars 2022 refusant le bénéfice du regroupement familial sont devenues sans objet.

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de M. B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Drôme.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. L'Hôte, président,

M. Lefebvre, premier conseiller,

M. Ruocco-Nardo, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.

Le rapporteur,

T. RUOCCO-NARDO

Le président,

V. L'HÔTE

La greffière,

A. MULLER

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.