mercredi 24 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2202656 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DABBAOUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 avril 2022, M. A, représenté par Me Dabbaoui, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 7 avril 2022 par lesquelles le préfet de la Haute-Savoie l'a obligé à quitter le territoire français et fait interdiction d'y revenir pendant une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre audit préfet, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de l'autoriser provisoirement au séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. A soutient que :
L'obligation de quitter le territoire est :
- insuffisamment motivée ;
- dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'un vice de procédure faute pour lui d'avoir pu présenter les pièces justificatives de sa demande ;
- entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
L'interdiction de retour :
- est insuffisamment motivée ;
La décision fixant le pays de destination
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2022, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Le préfet conteste les moyens soulevés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- l'arrêté du 27 avril 2021 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme B, en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né en juillet 2000, dit être entré en France en août 2018. Par un arrêté du 19 novembre 2018, le préfet de la Haute-Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire en raison d'un séjour irrégulier et l'a assigné à résidence en lui impartissant une obligation de pointage qui n'a pas été respectée. Le 12 décembre 2019, M. A a demandé le statut de réfugié, qui lui a été refusé en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 2 novembre 2021. M. A a ensuite adressé un " formulaire de demande de rendez-vous pour une admission exceptionnelle au séjour " qui a été réceptionné en préfecture le 4 janvier 2022. Par l'arrêté du 7 avril 2022, le préfet de la Haute-Savoie a refusé la demande d'admission exceptionnelle, obligé le requérant à quitter le territoire dans le délai de trente jours avec interdiction d'y revenir pendant un an et a fixé le pays de destination.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
4. Aux termes de l'article R. 431-3 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2, est effectuée () à la préfecture ou à la sous-préfecture. / Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale ".
5. Le requérant fait valoir, à l'encontre de la mesure d'éloignement et par la voie de l'exception, que le refus de titre est irrégulier dès lors l'arrêté a été rendu après qu'il a simplement adressé une demande de rendez-vous et qu'il n'a pas été en mesure de faire valoir ses arguments. Le préfet, dont l'arrêté ne mentionne que la date de réception de cette demande de rendez-vous et ne fait état d'aucune présentation en préfecture, ne conteste pas dans ses écritures qu'il n'a jamais invité le requérant à produire les pièces utiles, ainsi que le prévoit le formulaire de demande de rendez-vous, ni invité le requérant à se présenter en préfecture. Par suite, M. A est fondé à soutenir que le refus d'admission exceptionnelle au séjour méconnaît les dispositions précitées et est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.
6. Il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire, et par voie de conséquence l'interdiction de retour, doivent être annulées.
7. Aux termes de l'article L. 614-16 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
8. Le présent jugement implique par application des dispositions précitées que le préfet statue à nouveau sur la demande de titre de séjour de M. A, dans un délai de deux mois, après l'avoir dûment convoqué en préfecture et lui avoir permis de remettre les pièces utiles à l'instruction de sa demande. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
9. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Dabbaoui, avocat de M. A, d'une somme de 900 euros, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 7 avril 2022 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Savoie de procéder au réexamen de la demande de M. A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'État versera à Me Dabbaoui la somme de 900 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A, à Me Dabbaoui et au préfet de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente,
Mme Triolet, première conseillère,
Mme Beauverger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 août 2022.
La rapporteure,
A B
La présidente,
D. JourdanLa greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026