mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2202847 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | ALDEGUER |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire enregistrés, sous le numéro 2202847, le 9 mai 2022 et le 13 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Aldeguer, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 mars 2022 du président du conseil départemental de l'Isère le plaçant d'office en congé de longue maladie pour la période du 24 novembre 2021 au 23 août 2022 ;
2°) d'enjoindre au département de l'Isère de le réintégrer ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Isère la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un vice de procédure ;
- il est entaché d'une erreur de droit ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir et d'un détournement de procédure.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 août 2022, le département de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
II. Par une requête enregistrée, sous le numéro 2205826, le 13 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Aldeguer, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022 du président du conseil départemental de l'Isère le plaçant d'office en congé de longue maladie pour la période du 24 août 2022 au 23 novembre 2022 ;
2°) d'enjoindre au département de l'Isère de le réintégrer ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Isère la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un vice de procédure ;
- il est entaché d'une erreur de droit ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 août 2022, le département de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
III. Par une requête enregistrée, sous le numéro 2207554, le 18 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Aldeguer, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 novembre 2022 du président du conseil départemental de l'Isère le plaçant d'office en congé de longue maladie pour la période du 24 novembre 2022 au 23 février 2023 ;
2°) d'enjoindre au département de l'Isère de le réintégrer ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Isère la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un vice de procédure ;
- il est entaché d'une erreur de droit ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'un détournement de procédure.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 janvier 2023, le département de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pollet,
- les conclusions de Mme Frapolli, rapporteure publique,
- et les observations de Me Aldeguer, représentant M. B, et de Mme G, représentant le département de l'Isère.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, adjoint administratif principal, affecté à la direction de l'autonomie au sein du département de l'Isère a été placé par un arrêté du 21 mars 2022 en congé de longue maladie d'office du 24 novembre 2021 au 23 août 2022. Par un arrêté du 12 juillet 2022, M. B a été placé d'office en congé de longue maladie pour la période du 24 août 2022 au 23 novembre 2022. Par un arrêté du 8 novembre 2022, M. B a été placé d'office en congé de longue maladie pour la période du 24 novembre 2022 au 23 février 2023. M. B demande l'annulation des trois arrêtés le plaçant d'office en congé de longue maladie.
Sur la jonction :
2. Les affaires visées ci-dessus concernent la situation d'un même fonctionnaire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul et même jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
3. L'arrêté attaqué du 21 mars 2022 a été signé par Mme C F et les arrêtés attaqués du 12 juillet 2022 et du 8 novembre 2022 ont été signés par M. E D, au bénéfice d'une délégation de signature consentie par le président du conseil départemental afin de gérer la carrière des agents le 30 septembre 2021, régulièrement publiée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.
4. L'octroi, à l'initiative de l'administration, d'un congé de longue maladie n'est pas au nombre des décisions qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions litigieuses seraient insuffisamment motivées, doit être écarté comme inopérant.
5. Aux termes de l'article L. 822-6 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit à des congés de longue maladie, dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. ". Aux termes de l'article 7 du décret n°87-602 du 30 juillet 1987 : " I.-Lorsque sa situation fait l'objet d'un examen par un conseil médical réuni en formation restreinte, le secrétariat du conseil médical informe le fonctionnaire de la date à laquelle le conseil médical examinera son dossier, de son droit à consulter son dossier et des voies de contestation possibles devant le conseil médical supérieur. II.-Lorsque sa situation fait l'objet d'un examen par un conseil médical réuni en formation plénière, le secrétariat du conseil médical informe le fonctionnaire de la date à laquelle le conseil médical examinera son dossier, de son droit à consulter son dossier et de son droit d'être entendu par le conseil médical. () III.-Le fonctionnaire peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux. Il peut, en outre, être accompagné ou représenté par une personne de son choix. () L'avis du conseil médical en formation plénière est motivé. ()". Aux termes de l'article 9 du même décret : " Le médecin du service de médecine préventive prévu à l'article 108-2 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée compétent à l'égard du fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir s'il le demande communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion. Il remet obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus aux articles 24, 33 et 37-7 ci-dessous. () ".
6. Il ressort des dispositions de l'article 7 du décret du 30 juillet 1987 que le fonctionnaire doit notamment être informé de la date à laquelle le comité médical examinera son dossier. Il ressort des pièces du dossier et notamment des courriers du 1er mars 2022, du 28 juin 2022 et du 25 octobre 2022 que M. B a été informé de la tenue des comités médicaux des 11 mars 2022, 8 juillet 2022 et 4 novembre 2022.
7. Il résulte des dispositions précitées du décret du 30 juillet 1987 que l'avis du comité médical, qui ne lie pas l'administration, n'a pas le caractère d'une décision. S'il résulte des dispositions de l'article 7 de ce décret que les avis du conseil médical, réuni en formation plénière, doivent être motivés, ni cet article ni aucune autre disposition légale ou réglementaire ne prévoit la motivation des avis rendus par ce conseil médical en formation restreinte. Ainsi, d'une part, il ressort des pièces du dossier que l'avis rendu le 11 mars 2022 en formation plénière est dûment motivé, et d'autre part, que les avis du 8 juillet 2022 et du 4 novembre 2022, rendus en formation restreinte n'avaient pas à être motivés.
8. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le médecin du service des relations sociales, santé et prévention du département de l'Isère a produit un rapport écrit le 20 décembre 2021.
9. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté dans toutes ses branches.
En ce qui concerne la légalité interne :
10. M. B se prévaut d'une erreur de droit, d'une erreur manifeste d'appréciation, d'un détournement de pouvoir et d'un détournement de procédure. Toutefois, ces moyens sont dépourvus de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, M. B ne produit aucun élément susceptible de remettre en cause les constats tendant à reconnaître son inaptitude temporaire à ses fonctions.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés attaqués.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit à la demande présentée par M. B, partie perdante, sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes présentées par M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
M. Villard, premier conseiller,
Mme Pollet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.
La rapporteure,
MA. POLLET
Le président,
C. VIAL-PAILLERLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 2205826 2207554
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026