Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2202969

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2202969
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCANS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 mai 2022, Mme C B A, représentée par Me Cans, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 21 janvier 2022 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté sa demande tendant à bénéficier des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile, ensemble le refus opposé à son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au directeur de l'OFII de lui attribuer un lieu d'hébergement dans le délai de 8 jours et de lui allouer l'allocation pour demandeurs d'asile avec effet rétroactif à compter du 21 janvier 2022 dans le délai de 48 h courant à compter de la date de notification du jugement, le tout sous astreinte journalière de 100 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- le refus en litige n'est pas suffisamment motivé ;

- le directeur de l'OFII s'est cru, à tort, en situation de compétence liée ;

- le directeur de l'OFII n'a pas examiné sa situation ;

- le refus en litige est entaché d'un vice de procédure en l'absence d'entretien individuel pour évaluer sa vulnérabilité ;

- ce refus méconnaît l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- ce refus est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

L'OFII a présenté un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2023, par lequel il conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requérante a obtenu, en cours d'instance, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil qu'elle réclamait puis le statut de réfugiée.

Mme B A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 13 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Permingeat, premier conseiller.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante nigériane, est entrée en France en juin 2015. Elle n'a présenté une demande d'asile, assortie d'une demande tendant à bénéficier des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile, que 6 ans et demi plus tard. Le directeur de l'OFII ayant rejeté cette seconde demande par décision du 21 janvier 2022, elle en demande, dans la présente instance, l'annulation pour excès de pouvoir, ensemble le refus opposé à son recours gracieux.

2. En cours d'instance, Mme B A s'est vue délivrer l'allocation pour demandeur d'asile à compter, ainsi qu'elle le demandait, de la date de sa demande d'asile. Dès lors et dans les circonstances de l'espèce, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions à fin d'annulation, d'injonction et d'astreinte.

3. L'Etat n'étant pas partie dans la présente instance, les conclusions que Mme B A dirige à son encontre au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir, injonction et astreinte présentées par Mme B A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B A, à Me Cans et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Pfauwadel, président,

Mme Bailleul, premier conseiller,

Mme Permingeat, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.

Le rapporteur,

F. Permingeat

Le président,

T. Pfauwadel

Le greffier,

M. D

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°22029693