mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2203186 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | KUMMER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mai 2022, Mme A B, représentée par Me Kummer, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 mars 2022 par lequel le maire de la commune de Marcilloles l'a licenciée pour insuffisance professionnelle et l'a radiée des cadres ;
2°) d'enjoindre à la commune de Marcilloles de retirer l'arrêté du 30 mars 2022 de son dossier administratif dans un délai d'un mois à compter de la lecture du présent jugement sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à la commune de Marcilloles de la réintégrer dans ses effectifs et de reconstituer sa carrière dans le délai d'un mois à compter de la lecture du présent jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Marcilloles une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les faits ne sont pas matériellement établis ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de fait ;
- il est entaché d'erreur de droit ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2022, la commune de Marcilloles, représentée par Me Verne conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les faits sont établis et justifient un licenciement pour insuffisance professionnelle.
Vu :
- la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pollet,
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public,
- et les observations de Me Kummer, représentant Mme B et les observations de Me Auger représentant la commune de Marcilloles.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, attachée territoriale, exerce les fonctions de secrétaire de mairie au sein de la commune de Marcilloles. Le 17 novembre 2021, le conseil de discipline a émis un avis défavorable à son licenciement pour insuffisance professionnelle. Par un arrêté du 30 mars 2022, le maire de la commune de Marcilloles l'a licenciée pour ce motif.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 553-1 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire peut être licencié dans les cas suivants :
() 3° Pour insuffisance professionnelle dans les conditions mentionnées aux articles L. 553-2 et L. 553-3 ; () ".
3. Le licenciement pour inaptitude professionnelle d'un agent public ne peut être fondé que sur des éléments révélant l'inaptitude de l'agent à exercer normalement les fonctions pour lesquelles il a été engagé, s'agissant d'un agent contractuel, ou correspondant à son grade, s'agissant d'un fonctionnaire, et non sur une carence ponctuelle dans l'exercice de ces fonctions. Lorsque la manière de servir d'un fonctionnaire exerçant des fonctions qui ne correspondent pas à son grade le justifie, il appartient à l'administration de mettre fin à ses fonctions. Une évaluation portant sur la manière dont l'agent a exercé de nouvelles fonctions correspondant à son grade durant une période suffisante et révélant son inaptitude à un exercice normal de ces fonctions peut, alors, être de nature à justifier légalement son licenciement.
4. La décision en litige a été prise pour les motifs suivants : un manque de rigueur et de fiabilité dans l'exécution de ses tâches, une incapacité à assumer les responsabilité d'un attaché territorial et à définir les priorités entre ses différentes tâches, un manque de réactivité dans l'exercice de ses tâches, un manque d'investissement dans l'exercice de ses fonctions et un désintérêt pour ses missions, des insuffisances relationnelles avec ses collègues, les conseillers municipaux et les usagers.
5. En premier lieu, l'apparition des difficultés dès 2015 est corroborée de manière constante par les appréciations figurant dans les comptes-rendus d'entretien professionnel réalisés au titre de l'année 2015 mentionnant des " difficultés relationnelles avec un autre agent administratif " et que " l'organisation et la gestion des priorités sont à améliorer pour une meilleure efficacité ". Au titre de l'année 2016, il est mentionné une : " amélioration attendue en ce qui concerne l'efficacité au travail, la gestion du temps et des priorités ". Au titre de l'année 2017, il est mentionné un " temps d'accueil des personnes beaucoup trop long (discussions) ", une " dispersion dans le travail, difficultés à se consacrer aux priorités, il en résulte des oublis, des retards " et qu'une " amélioration de l'organisation et plus de rigueur sont indispensables ". Au titre de l'année 2018, il est mentionné la " nécessité d'améliorer l'organisation du travail : gestion des priorités, efficacité dans les tâches " et " plus de rigueur et d'attention attendues ". Au titre de l'année 2019, il est mentionné que " les élus estiment que l'agent a des difficultés pour s'organiser, pour effectuer les tâches demandées correctement, à faire preuve de discrétion et de ponctualité et a du mal à trouver une place dans l'équipe administrative de par son attitude. Des efforts importants sont attendus ". Enfin au titre de l'année 2020, il est indiqué : " il est rappelé à l'agent les difficultés récurrentes constatées par les élus : manque de rigueur ayant pour conséquences des oublis, des erreurs trop fréquents / manque d'efficacité et d'organisation : difficultés dans l'organisation de son travail, gestion inadaptée des priorités / mauvaise gestion de la transmission des informations / ces difficultés ont été formulées régulièrement, notamment lors des entretiens individuels et par des courriers./ les élus ne constatent pas d'évolution positive et trouvent que l'agent ne démontre pas de volonté d'évoluer. " en outre est également mentionné un " comportement changeant vis-à-vis des usagers ".
6. En deuxième lieu, ces difficultés sont corroborées par deux courriers de rappel à l'ordre adressés à l'intéressée le 2 août 2019 et le 6 février 2020 lui rappelant notamment des oublis et erreurs récurrentes, des difficultés d'organisation, un temps trop important consacré à l'accueil ou aux appels téléphoniques et des discussions qui dépassent les sujets sur lesquels elle est sollicitée.
7. Par ailleurs, les difficultés mentionnées supra sont corroborées notamment par les propos de membres du conseil municipal attestant de ce que l'intéressée présente un comportement inadapté tant avec les élus qu'avec les usagers et les échanges de courriels entre le maire et l'intéressée. En outre, les différents envois de courriels réalisés par Mme B révèlent un manque de discrétion professionnelle et des erreurs récurrentes d'orientation des courriels, notamment l'envoi à l'ensemble du conseil municipal de courriels relatifs à des informations publicitaires et à un chien divaguant tandis que les courriels relatifs à la formation des conseillers municipaux ou à la tenue d'évènements publics sont transmis tardivement. Enfin, la circonstance tirée de ce que sa fiche de poste a été enrichie à la suite du départ d'un agent non remplacé en 2020 est sans incidence sur les constats mentionnés supra.
8. Par suite, il résulte de tout ce qui précède que les moyens tirés du défaut d'établissement de la matérialité des faits, de l'erreur de fait, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés. Ainsi, les conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
9. Les conclusions présentées par Mme B partie perdante, doivent être rejetées. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Marcilloles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Marcilloles.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, première conseillère,
Mme Pollet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
La rapporteure,
MA. POLLET
Le président,
C. VIAL-PAILLERLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026