mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2203360 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GHANASSIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juin 2022, M. C, représenté par Me Ghanassia, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 15 juin 2019, par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a maintenu sous récépissés depuis lors, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer sa demande de titre de séjour dans les cinq jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi 91-647 du 10 juillet 1991.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête. Il fait valoir qu'il a pris à l'encontre de M. C une obligation de quitter le territoire et que les moyens de la requête ne sont pas, en tout état de cause, fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 juin 2022 sous le numéro 2203361 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- la loi 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Rouyer, greffier d'audience, M. A a lu son rapport et entendu Me Ghanassia, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
Sur l'étendue du litige :
1. M. C ressortissant algérien est entré en France au mois de février 2017. Il est père d'un enfant français né le 5 octobre 2017. Il a déposé en février 2019 une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article 6-4° de l'accord franco-algérien. Il ressort également des pièces du dossier de M. C qu'à la date de l'enregistrement du présent recours, le préfet de l'Isère n'avait toujours pas statué sur la demande l'intéressé. Si, le 7 juin 2022, cette autorité a pris à l'encontre de M. C un arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, cette circonstance a pour effet que la décision expresse de refus de titre de séjour se substitue à la décision implicite de rejet attaquée. Les conclusions de la requête doivent donc être regardées comme tournées vers cette nouvelle décision. Toutefois, le juge des référés n'est pas saisi dans la présente instance de conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire, qui pourra faire le cas échéant l'objet d'un contentieux distinct.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () " ; qu'enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre ; qu'il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. En l'espèce, le refus de titre de séjour a pour conséquence d'abroger le récépissé au bénéfice duquel M. C se trouvait. Cette situation l'empêche donc de travailler et de subvenir à ses besoins, alors même que l'employeur de M. C était prêt à l'embaucher sur un contrat à durée indéterminée et que l'absence de stabilité professionnelle ne permet pas à l'intéressé d'obtenir un logement plus adapté pour recevoir son fils et de contribuer davantage à l'entretien de celui-ci. La condition d'urgence est donc, à la date de la présente ordonnance, remplie.
5. Même si le préfet de l'Isère conteste que M. C puisse bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 6-4° de l'accord franco-algérien, la décision de refus de titre de séjour fait obstacle à la poursuite normale de la vie privée et familiale du requérant. En cela, elle porte une atteinte excessive son droit à mener une vie privée et familiale, compte tenu à la fois de l'ancienneté de son séjour en France et de sa qualité de père d'un enfant français. Il suit de là que les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant sont de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il en va de même de l'erreur manifeste d'appréciation consistant à avoir maintenu M. C sous récépissé pendant trois années pour enfin lui refuser le titre de séjour sollicité, d'ailleurs immédiatement après l'enregistrement de ce recours.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision de refus de titre de séjour du 7 juin 2022, d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer la demande de M. C à la lumière de ce qui a été dit et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Cette injonction de réexamen de la demande est assortie d'une astreinte de 50 euros par jour de retard passé un délai de 30 jours à compter de la notification de l'ordonnance.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'aide juridictionnelle :
7. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ; que le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée, et peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.
8. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de condamner l'Etat à verser à Me Ghanassia une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon les modalités et sous les conditions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
9. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce d'admettre M. C à l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B C est admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de l'arrêté du préfet de l'Isère en date du 7 juin 2022 est suspendue en tant qu'il rejette la demande de titre de séjour de M. C.
Article 3: Il est enjoint au préfet de l'Isère de réexaminer la demande de titre de séjour de M. C et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. L'injonction de réexamen de la demande est assortie d'une astreinte de 50 euros par jour de retard passé un délai de 30 jours à compter de la notification de l'ordonnance.
Article 4 : L'Etat versera à Me Ghanassia une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon les modalités et sous les conditions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à Me Ghanassia et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 12 juillet 2022.
Le juge des référés, La greffière,
P. A L. Rouyer
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026