jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2203485 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS BARD |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête enregistrée le 8 juin 2022, sous le n° 2203485, et un mémoire enregistré le 15 mars 2024, la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Compenseo, la société par actions simplifiées (SAS) Maxi Led, Mme B D et M. E A, représentés par Me Fiat, demandent au tribunal :
1°) de reconnaitre la responsabilité pour faute du maire de la commune de Livron-sur-Drôme, agissant au nom de l'Etat, et du préfet de la Drôme au titre de l'inexécution de l'arrêt de la chambre correctionnelle de la cour d'appel de Grenoble du 23 mars 2021, ou, à défaut, leur responsabilité sans faute en application de l'article L. 480-9 du code de l'urbanisme ;
2°) de les enjoindre à exécuter l'arrêt de la chambre correctionnelle de la cour d'appel de Grenoble du 23 mars 2021 dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat de la commune de Livron-sur-Drôme une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur intérêt à agir est justifié ;
- la remise en état des lieux ordonnée par le juge pénal n'est pas effective ;
- la responsabilité tant du préfet, que du maire pour faute est engagée dès lors qu'aucune justification légale tenant à la sauvegarde de l'ordre public ou de la sécurité publique ne permet à l'administration de justifier de son inertie dans l'exécution de la décision pénale ;
- leur préjudice est démontré.
Par des mémoires en défense enregistrés le 9 novembre 2022 et le 20 mars 2023, la commune de Livron-sur-Drôme, représentée par Me Bard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise solidairement à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a tout mis en œuvre pour l'exécution des condamnations pénales ;
- les requérants ne démontrent pas l'existence des troubles anormaux du voisinage qu'ils invoquent.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 février 2024, le préfet de la Drôme conclut à titre principal au non-lieu à statuer sur la requête, à titre subsidiaire à l'irrecevabilité des conclusions et à titre infiniment subsidiaire au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est dépourvue d'objet, les mesures visant à contraindre le contrevenant à exécuter l'arrêt rendu par la cour d'appel de Grenoble ayant d'ores et déjà été mises en œuvre par l'Etat ;
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir ;
- les requérants ne justifient pas d'une quelconque habilitation leur permettant d'agir dans le présent contentieux a fortiori alors que les activités exercées par les sociétés requérantes ne sont pas autorisées par le plan local d'urbanisme en secteur agricole ;
- les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables ;
- il ne peut être reproché une carence de l'Etat concernant le recouvrement des astreintes et la remise en état des lieux d'office ;
- le préjudice allégué n'est pas établi ;
- le préjudice allégué n'est pas légitime.
Par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'offices tirés de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la reconnaissance de la responsabilité du maire de Livron-sur-Drôme et du préfet de la Drôme, une telle déclaration de droit n'entrant pas dans l'office du juge administratif et de l'irrecevabilité des conclusions tendant à enjoindre au maire et au préfet de la Drôme d'exécuter l'arrêt de la chambre correctionnelle de la cour d'appel de Grenoble, ces conclusions à fin d'injonction étant présentées à titre principal.
Par une ordonnance du 6 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 7 octobre 2024.
Un mémoire présenté pour le préfet de la Drôme, enregistré le 13 janvier 2025, postérieurement à la clôture d'instruction, n'a pas été communiqué.
II - Par une requête enregistrée le 12 septembre 2022, sous le n° 2205856, et un mémoire enregistré le 15 mars 2024, la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Compenseo, la société par actions simplifiées (SAS) Maxi Led, Mme B D et M. E A, représentés par Me Fiat, demandent au tribunal :
1°) de reconnaitre la responsabilité pour faute du maire de la commune de Livron-sur-Drôme, agissant au nom de l'Etat, et du préfet de la Drôme au titre de l'inexécution de l'arrêt de la chambre correctionnelle de la cour d'appel de Grenoble du 23 mars 2021, ou, à défaut, leur responsabilité sans faute en application de l'article L. 480-9 du code de l'urbanisme ;
2°) de les enjoindre à exécuter l'arrêt de la chambre correctionnelle de la cour d'appel de Grenoble du 23 mars 2021 dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat et de la commune de Livron-sur-Drôme une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur intérêt à agir est justifié ;
- la remise en état des lieux ordonnée par le juge pénal n'est pas effective ;
- la responsabilité tant du préfet, que du maire pour faute est engagée dès lors qu'aucune justification légale tenant à la sauvegarde de l'ordre public ou de la sécurité publique ne permet à l'administration de justifier de son inertie dans l'exécution de la décision pénale ;
- leur préjudice est démontré.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 octobre 2022, la commune de Livron-sur-Drôme, représentée par Me Bard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise solidairement à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a tout mis en œuvre pour l'exécution des condamnations pénales ;
- les requérants ne démontrent pas l'existence des troubles anormaux du voisinage qu'ils invoquent.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 février 2024, le préfet de la Drôme conclut à titre principal au non-lieu à statuer sur la requête, à titre subsidiaire à l'irrecevabilité des conclusions et à titre infiniment subsidiaire au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est dépourvue d'objet, les mesures visant à contraindre le contrevenant à exécuter l'arrêt rendu par la cour d'appel de Grenoble ayant d'ores et déjà été mises en œuvre par l'Etat ;
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir ;
- les requérants ne justifient pas d'une quelconque habilitation leur permettant d'agir dans le présent contentieux a fortiori alors que les activités exercées par les sociétés requérantes ne sont pas autorisées par le plan local d'urbanisme en secteur agricole ;
- les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables ;
- il ne peut être reproché une carence de l'Etat concernant le recouvrement des astreintes et la remise en état des lieux d'office ;
- le préjudice allégué n'est pas établi ;
- le préjudice allégué n'est pas légitime.
Par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'offices tirés de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la reconnaissance de la responsabilité du maire de Livron-sur-Drôme et du préfet de la Drôme, une telle déclaration de droit n'entrant pas dans l'office du juge administratif et de l'irrecevabilité des conclusions tendant à enjoindre au maire et au préfet de la Drôme d'exécuter l'arrêt de la chambre correctionnelle de la cour d'appel de Grenoble, ces conclusions à fin d'injonction étant présentées à titre principal.
Par une ordonnance du 6 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 7 octobre 2024.
Un mémoire présenté pour le préfet de la Drôme, enregistré le 13 janvier 2025, postérieurement à la clôture d'instruction, n'a pas été communiqué.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Coutarel, première conseillère,
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public,
- et les observations de Me Fiat, représentant les requérants, et de Me Brochard, représentant la commune de Livron-sur-Drôme.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2203485 et n° 2205856 présentées par les mêmes requérants présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur les conclusions tendant à la reconnaissance de la responsabilité du maire de Livron-sur-Drôme et du préfet de la Drôme :
2. Les conclusions de la requête, en tant qu'elles demandent au tribunal de reconnaitre la responsabilité du maire de Livron-sur-Drôme et du préfet de la Drôme, ne tendent ni à l'annulation d'un acte administratif ni à la condamnation de la commune ou de l'Etat, mais constituent une action en déclaration de droit irrecevable.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
3. Les requérants présentent des conclusions à fin d'injonction à titre principal, sans demander l'annulation d'une décision du maire de Livron-sur-Drôme ou du préfet de la Drôme leur refusant de faire exécuter l'arrêt de la chambre correctionnelle de la cour d'appel de Grenoble du 23 mars 2021. Par suite, leurs conclusions tendant à ce que le tribunal ordonne au maire de Livron-sur-Drôme et au préfet d'exécuter cet arrêt sont irrecevables.
Sur les frais d'instance :
4. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par les requérants doivent par suite être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Livron-sur-Drôme sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2203485 et n° 2205856 présentées par la SELARL Compenseo et autres sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Livron-sur-Drôme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D au titre des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Livron-sur-Drôme et au préfet de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Permingeat et Mme Coutarel, assesseures.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
La rapporteure,
A. Coutarel Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. Palmer
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 - 2205856
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026