mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2203525 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
I°/ Par une requête n° 2203525 enregistrée le 9 juin 2022, Mme A, représentée par Me Roussey, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 22/1424 du 12 avril 2022 par lequel la communauté d'agglomération du Grand Annecy a procédé à son reclassement administratif ;
2°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération de réexaminer sa situation et de la réintégrer immédiatement dans ses fonctions, au grade, à l'échelon et à l'ancienneté retenue avant sa mise en disponibilité illégale, c'est-à-dire au grade d'agent social, échelon 10 et pour une ancienneté retenue depuis le début de ses fonctions,
3°) de mettre à la charge de la Communauté d'agglomération du Grand Annecy une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté attaqué :
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'incompétence ;
- méconnait les article L. 411-5 et suivant et L.522-1 et suivant du code général de la fonction publique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 janvier 2024, la Communauté d'agglomération du Grand Annecy, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La communauté d'agglomération conteste les moyens invoqués.
Par lettre du 9 janvier 2024, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative l'instruction est susceptible d'être close le 30 janvier 2024, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par ordonnance du 21 mai 2024.
II°/ Par une requête n° 2203525 enregistrée le 9 juin 2022, Mme A, représentée par Me Roussey, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 mai 2022 par laquelle la communauté d'agglomération du Grand Annecy a refusé de procéder à son reclassement effectif au sein de ses effectifs ;
2°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération de réexaminer sa situation et de la réintégrer immédiatement dans ses fonctions, au grade, à l'échelon et à l'ancienneté retenue avant sa mise en disponibilité illégale.
3°) de mettre à la charge de la Communauté d'agglomération du Grand Annecy une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'incompétence ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en raison de l'arrêté du 12 avril 2022 portant reclassement indiciaire ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en raison de sa motivation fondée sur l'avis du comité médical émis le 14 octobre 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 janvier 2024, la Communauté d'agglomération du Grand Annecy, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La communauté d'agglomération conteste les moyens invoqués.
Par lettre du 9 janvier 2024, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative l'instruction est susceptible d'être close le 30 janvier 2024, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par ordonnance du 21 mai 2024.
Par une lettre du 10 septembre 2024, des pièces complémentaires ont été demandées aux parties pour compléter l'instruction, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
En réponse à ce courrier le département a produit des pièces le 12 septembre 2024.
Vu :
- les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
- le décret n° 86-68 du 13 janvier 1986 relatif aux positions de détachement, hors cadres, de disponibilité, de congé parental des fonctionnaires territoriaux et à l'intégration ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ;
- le décret n° 2021-1818- du 24 décembre 2021 modifiant l'organisation des carrières des fonctionnaires de catégorie C de la fonction publique territoriale et portant attribution d'une bonification d'ancienneté exceptionnelle ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fourcade,
- les conclusions de Mme Frapolli, rapporteur public,
- et les observations de Me Bastard-Rosset, représentant la communauté d'agglomération du Grand Annecy.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, agente sociale territoriale, exerçait les fonctions d'aide à domicile au sein de la communauté d'agglomération du Grand Annecy. Elle a été placée en congé de maladie du 29 avril 2016 au 28 avril 2017. Après épuisement de ses droits à congé de maladie ordinaire, elle a été placée en disponibilité d'office du 29 avril 2017 au 28 avril 2018 par un arrêté du 3 mai 2018. Ce placement en disponibilité d'office a été renouvelé pour une durée d'un an par un arrêté du 24 octobre 2018. L'arrêté du 20 septembre 2019 portant second renouvellement de la mise en disponibilité a été annulé par un jugement rendu le 14 décembre 2021 au motif que la requérante, qui n'avait pas été déclarée inapte à tous postes n'avait pas été invitée à présenter une demande de reclassement. Par une première requête, Mme A conteste l'arrêté du 12 avril 2022 procédant à son reclassement indiciaire. Par une seconde requête, elle conteste le refus opposé le 23 mai 2022 à sa demande de reclassement pour raison de santé.
2. Les requêtes n°2203525 et 2203527 concernent la situation d'un même agent et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'elles fassent l'objet d'un seul jugement.
Sur la légalité de l'arrêté n° 22/1424 du 12 avril 2022 :
3. L'arrêté attaqué a été signé par M. B, directeur général des services, qui bénéficiait à ce titre d'une délégation de signature accordée par la présidente de la communauté d'agglomération par un arrêté du 21 juillet 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté manque en fait et doit être écarté.
4. La décision qui procède à un reclassement indiciaire ne figure pas au nombre des décisions qui doivent être obligatoirement motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme inopérant. Au surplus, l'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application et notamment, le décret n° 2021-1818- du 24 décembre 2021 modifiant l'organisation des carrières des fonctionnaires de catégorie C de la fonction publique territoriale et portant attribution d'une bonification d'ancienneté exceptionnelle, et présente la situation comparée de l'intéressée avant et après le reclassement en litige.
5. Aux termes de l'article 7 du 24 décembre 2021 modifiant l'organisation des carrières des fonctionnaires de catégorie C de la fonction publique territoriale et portant attribution d'une bonification d'ancienneté exceptionnelle : " I- A la date d'entrée en vigueur du présent décret, les fonctionnaires appartenant à un cadre d'emplois de catégorie C ou de même niveau régis par le décret du 12 mai 2016 susvisé et qui détiennent un grade situé en échelle de rémunération C1 ou C2 ainsi que les fonctionnaires détachés dans les mêmes grades de l'un de ces cadres d'emplois sont reclassés conformément au tableau de correspondance suivant : () ". Aux termes de l'article 10 du décret précité : " Au titre de l'année 2022, une bonification d'ancienneté d'un an est attribuée aux fonctionnaires régis, à la date d'entrée en vigueur du présent décret, par le décret du 12 mai 2016 susvisé () ".
6. Il ressort de l'arrêté contesté que le reclassement auquel il procède résulte de la simple application du décret du 24 décembre 2021 modifiant l'organisation des carrières des fonctionnaires de catégorie C de la fonction publique territoriale et portant attribution d'une bonification d'ancienneté exceptionnelle, qui modifie le nombre d'échelons et la durée de certains échelons des grades de divers cadres d'emplois de la fonction publique territoriale classés dans les échelles de rémunération C1 et C2. L'article 7 de ce décret prévoit notamment que les fonctionnaires qui, comme Mme A, appartenaient à cette date à un cadre d'emplois de catégorie C ou de même niveau régis par le décret du 12 mai 2016 et qui détenaient un grade situé en échelle de rémunération C1 et étaient classés au 10ème échelon de cette échelle sont reclassés au 9ème échelon de la nouvelle échelle instituée en conservant leur ancienneté d'échelon dans la limite de la durée de l'échelon. L'article 10 du même décret du 24 décembre 2021 octroie au titre de l'année 2022 une bonification d'ancienneté d'un an à ces mêmes fonctionnaires et prévoit qu'elle est appliquée, le cas échéant, après le reclassement effectué conformément aux dispositions de l'article 7. Par suite, Mme A, qui ne conteste pas la légalité de l'arrêté du 12 avril 2022 au regard des dispositions du décret du 24 décembre 2021, ne peut utilement invoquer la méconnaissance des articles L. 411-5 et suivants et L. 522-1 et suivants du code général de la fonction publique définissant les notions de grade, emploi, échelon et des types d'avancement.
7. L'arrêté attaqué, qui a pour seul objet le reclassement juridique de l'intéressée en application d'une réforme réglementaire, est sans lien avec la demande de reclassement effective formée par l'intéressée en février 2022 et qui fera l'objet d'une décision de rejet le 23 mai 2022. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le caractère " virtuel " de l'arrêté du 12 avril 2022 l'entache d'illégalité.
Sur la légalité de la décision du 23 mai 2022 portant refus de reclassement effectif :
8. La décision attaquée a été signée par M. B, directeur général des services, qui bénéficiait à ce titre d'une délégation de signature accordée par la présidente de la communauté d'agglomération par un arrêté du 21 juillet 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté manque en fait et doit être écarté.
9. La décision du 23 mai 2022 fait ainsi état des circonstances de fait et de droit qui la fondent. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
10. Pour les motifs exposés au point 6 et 7 du présent jugement, l'arrêté n° 22/1424 du 12 avril 2022, ne constitue pas la base légale de la décision du 23 mai 2022 et ne traite pas de la même question juridique. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision du 23 mai 2022 serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation en raison de l'illégalité de l'arrêté du 12 avril 2022 doit être écarté.
11. Aux termes de l'article L. 826-3 du code de la fonction publique : " Le fonctionnaire reconnu inapte à l'exercice de ses fonctions par suite de l'altération de son état de santé dont le poste de travail ne peut être adapté, peut être reclassé dans un emploi d'un autre corps ou cadre d'emplois en priorité dans son administration d'origine ou, à défaut, dans toute administration ou établissement public mentionnés à l'article L. 2, s'il a été déclaré en mesure de remplir les fonctions correspondantes. /Le reclassement peut être réalisé par intégration dans un autre grade du même corps, du même cadre d'emplois ou le cas échéant, du même emploi. / Le reclassement est subordonné à la présentation d'une demande par l'intéressé. ()"
12. Par la décision du 23 mai 2022, le département refuse de donner une suite favorable à la demande de reclassement de Mme A au motif qu'elle a été déclarée inapte de manière totale et définitive à tous postes par le comité médical lors de sa séance du 14 octobre 2020. Pour contester cette décision, la requérante se fonde sur une expertise du docteur C rendue le 29 juillet 2019 et favorable à une reprise d'activité avec une seule réserve " éviter le soulèvement de poids trop lourds ". Toutefois, ce même médecin, un an plus tard, le 20 aout 2020, conclut à l'inaptitude totale et définitive de l'intéressée aux fonctions d'aide à domicile, ainsi qu'à toutes fonctions. Par deux avis du 14 octobre 2020, la commission de réforme, d'une part, a considéré que l'intéressée était inapte définitivement à toutes fonctions et le comité médical, d'autre part, a émis un avis favorable au renouvellement de sa mise en disponibilité dans l'attente de sa mise à la retraite pour invalidité. Mme A ne produit aucune pièce, contemporaine ou postérieure à 2020, notamment médicale, de nature à remettre en cause le sens des avis précités. Par suite, la décision du 23 mai 2022, qui se prononce sur la situation de Mme A à la date de son édiction, n'est pas entachée d'erreur d'appréciation.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fins d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées. Il en va de même par voie de conséquence des conclusions à fins d'injonction.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
14. Les conclusions présentées par Mme A, la partie perdante, doivent être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la communauté d'agglomération du Grand Annecy.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme A sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la communauté d'agglomération du Grand Annecy sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à la Communauté d'agglomération du Grand Annecy.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Fourcade, première conseillère.
M. Villard, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,
F. FOURCADE
Le président,
C. VIAL-PAILLERLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 2203527
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026