jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2203616 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELAS CMS BUREAU FRANCIS LEFEBVRE LYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juin 2022, M. A C, représenté par Me Cunin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 mai 2022 par laquelle le maire de la commune de Crest a rejeté sa demande de décharge de l'obligation de payer le titre exécutoire du 14 décembre 2016 ;
2°) de le décharger de la somme de 66 060,40 euros ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Crest une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la signataire de la décision était incompétente pour ce faire ;
- la décision n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 novembre 2023, la commune de Crest, représentée par Me Belluc conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. C une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- il y a lieu d'opposer l'autorité de la chose jugée au requérant, dès lors que le tribunal administratif de Grenoble, par jugement en date du 31 décembre 2019, a rejeté comme irrecevable le recours de l'intéressé à l'encontre du titre exécutoire du 14 décembre 2016 ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un courrier du 20 décembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions dirigées contre la mise en demeure du 24 novembre 2021 dès lors que la contestation de cet acte relatif au recouvrement d'une créance communale relève du juge de l'exécution.
Par un courrier, enregistré le 6 janvier 2025, M. C a produit ses observations sur le moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Derollepot, premier conseiller,
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public,
- et les observations de Me Punzano, substituant Me Cunin, avocat de M. C, et de Me Millanvois, avocat de la commune de Crest.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 30 mars 2007, le conseil municipal de Crest a approuvé le programme d'aménagement d'ensemble (PAE) du quartier Armorin-Rozier et décidé de mettre à la charge des constructeurs la somme de 1 045 269 euros hors taxes correspondant aux besoins des futurs habitants du secteur, à raison de 53,58 euros par mètre carré de surface hors œuvre nette construite. M. C a obtenu le 25 mai 2012 un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement de treize lots. L'article 6 de cette autorisation mentionne le montant de la participation à verser au titre du PAE, soit la somme de 132 120,80 euros. La commune de Crest a émis le 14 décembre 2016 un titre exécutoire d'un montant de 66 060,40 euros pour obtenir paiement par M. C du premier acompte de la participation au PAE mise à sa charge. Par un jugement n° 1704409-1902827 du 31 décembre 2019 devenu définitif sur ce point, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté comme tardives les conclusions en annulation formées à l'encontre de ce titre. Une mise en demeure valant commandement de payer a été adressée à M. C le 24 novembre 2021. Dans la présente instance, M. C, qui demande l'annulation du refus opposé le 2 mai 2022 par la commune de Crest à sa demande de décharge de l'obligation de payer du 22 avril 2022, doit être regardé comme demandant l'annulation de cette mise en demeure.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales () ". Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : () ; c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ".
3. Il ressort de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales est de la compétence du juge de l'exécution.
4. En l'espèce, M. C conteste la mise en demeure de payer émise pour le recouvrement de la somme de 66 060,40 euros. Il ressort des pièces du dossier que celle-ci correspond à la participation au PAE du quartier Armorin-Rozier, telle que prévue par la délibération du 30 mars 2007 en vertu des dispositions de l'article L. 332-9 du code de l'urbanisme alors en vigueur. Elle constitue donc une créance non fiscale d'une collectivité territoriale. Ainsi, seul le juge de l'exécution est compétent pour connaître des conclusions dirigées contre l'acte de recouvrement qu'est la mise en demeure du 24 novembre 2021 valant commandement de payer contestée. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées en tant qu'elles sont présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur les frais liés au litige :
5. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. C doivent dès lors être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Crest tendant à la condamnation de M. C à ce même titre.
D É C I D E :
Article 1er :La requête de M. C est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 :Les conclusions de la commune de Crest présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune de Crest.
Copie en sera adressée à la directrice départementale des finances publiques de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Coutarel, première conseillère,
M. Derollepot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
Le rapporteur,
A. Derollepot
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026