mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2203692 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | GIROT-MARC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juin 2022, M. B, représenté par Me Girot Marc, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée " 48SI " du 4 avril 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul et la décision de retrait des points pour l'infraction commise le 4 septembre 2021 ainsi que les autres décisions de retraits de points ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de créditer de quatre points son permis de conduire correspondant à l'infraction commise le 4 septembre 2021.
Il soutient que :
- sa requête est recevable car dans le délai de recours ;
- les décisions de retraits de points n'ont pas été précédées de l'information préalable obligatoire en application des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route et il n'en a pas eu notification ;
- l'infraction du 4 septembre 2021 ne lui est pas imputable car c'est son fils qui conduisait et qu'il en a attesté. En outre, il a fait une requête au tribunal de police de Grenoble contre l'avis à tiers détenteur pour l'amende forfaitaire majorée pour l'infraction du 4 septembre 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'elle n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application des articles L. 222-2-1 et R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La magistrate désignée a au cours de l'audience publique, présenté son rapport. Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B conteste particulièrement la décision de retrait de quatre points imputés à son permis de conduire pour l'infraction commise le 4 septembre 2021 mais aussi les autres retraits de points affectant son permis de conduire. Il demande en outre l'annulation de la décision référencée " 48SI " datée du 4 avril 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul.
2. Il ressort du relevé d'information intégral de M. B, daté du 1er juillet 2022 et produit par le ministre de l'intérieur au soutien de son mémoire en défense, que le requérant a bénéficié le 30 janvier 2016, d'une reconstitution totale des 12 points de son permis de conduire. Ce document mentionne en outre, un certain nombre d'infractions ayant donné lieu à retraits de points dont certains ont été restitués lorsque le délai minimum requis entre deux infractions était respecté. Cependant, il ressort de ce relevé d'information que sept infractions ayant chacune été sanctionnée de retrait de points ont abouti à l'invalidation du permis de conduire du requérant.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la notification des décisions de retraits de points :
3. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette notification a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. La circonstance que l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité, dès lors que la décision procédant au retrait des derniers points récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur. Ainsi, M. B ne peut utilement se prévaloir de ce que les retraits de points en litige ne lui auraient pas été notifiés avant l'intervention de la décision constatant la perte de validité de son permis de conduire.
En ce qui concerne la réalité des infractions :
4. Selon l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () Lorsque le nombre de points est nul, le permis perd sa validité. La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Il résulte des dispositions combinées des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route et des articles 529 et suivants du code de procédure pénale que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée ;
5. En l'espèce, il ressort du relevé d'information intégral de M. B que six infractions ont donné lieu à retrait de points sans restitution soit les infractions commises les 30 juin 2019 (- 1 point), 26 mai 2020 (- 1 point), 29 avril 2020 (- 1 point), 29 septembre 2020 (- 1 point), 22 février 2021 (- 4 points) et 16 janvier 2021 (- 1 point) ont toutes fait l'objet d'amendes forfaitaires que le requérant a payées. Comme il est dit au point 4, la réalité des infractions est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors que sont inscrites, dans le système national des permis de conduire, les mentions du paiement des amendes forfaitaires c'est-à-dire la mention " AF Amende forfaitaire ".
En ce qui concerne la réalité et l'imputabilité de l'infraction commise le 4 septembre 2021 :
6. M. B fait valoir, d'une part, que cette infraction ne lui est pas imputable et qu'il l'établit par l'attestation rédigée par son fils reconnaissant avoir été au volant de son véhicule lorsque l'infraction a été commise. D'autre part, le requérant produit sa " requête en incident contentieux devant le tribunal de police de Grenoble sur le fondement de l'article 530-2 du code de procédure pénale ", requête présentée contre l'avis à tiers détenteur pour l'amende forfaitaire majorée correspondant à l'infraction du 4 septembre 2021.
7. Toutefois il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur la recevabilité d'une réclamation contre le titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée, laquelle est appréciée par l'officier du ministère public sous le contrôle de la juridiction pénale devant laquelle l'auteur de la réclamation dispose d'un recours. Si le titulaire du permis de conduire peut utilement faire valoir devant le tribunal administratif, à l'appui d'une contestation relative au retrait de points, que la réalité de l'infraction n'est pas établie compte tenu de l'annulation du titre exécutoire du fait d'une réclamation, il ne saurait se borner à justifier de la présentation de cette réclamation mais doit établir qu'elle a été regardée comme recevable et a par suite entraîné l'annulation du titre. Cette preuve peut être apportée soit par un document émanant de l'autorité judiciaire, soit, au besoin, par le document couramment nommé " bordereau de situation des amendes et des condamnations pécuniaires ", tenu par le comptable public pour chaque contrevenant et dont la personne concernée peut obtenir communication en application de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'infraction au code de la route relevée le 4 septembre 2021 a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée à l'encontre du requérant. Si ce dernier produit à l'instance une réclamation contre ce titre exécutoire devant l'officier du ministère public près le tribunal de police de Grenoble, il ne produit aucun document permettant d'établir que cette réclamation avait été regardée comme recevable et avait, par suite, entraîné l'annulation du titre exécutoire.
9. En outre, le moyen tiré de l'imputabilité de l'infraction du 4 septembre 2021 à une autre personne que le requérant est inopérant devant le Tribunal administratif dès lors que seul le juge judiciaire est compétent pour en connaître.
En ce qui concerne l'absence d'information préalable :
10. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223 1 du même code. Il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. L'information prévue par ces dispositions du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, par suite, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation.
11. Toutefois, la seule circonstance que le contrevenant n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
12. En l'espèce il ressort du relevé d'information intégral de M. B, que ce dernier a payé des amendes forfaitaires relatives aux infractions relevées les 30 juin 2019, 26 mai 2020, 29 avril 2020, 29 septembre 2020, 22 février 2021 et 16 janvier 2021. Pour ces infractions, il est ainsi établi que le requérant a nécessairement reçu les avis de contravention qui comportent les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. En outre, la seule circonstance que le contrevenant n'aurait pas été informé, avant les retraits des 4 points correspondant à l'infraction du 4 septembre 2021 de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder, n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante dès lors que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion de l'infraction récente précitée du 22 février 2021, au demeurant pour la même infraction de non respect de l'arrêt à un feu rouge fixe ou clignotant.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions de retraits de points suite aux sept infractions commises les 30 juin 2019, 26 mai 2020, 29 avril 2020, 29 septembre 2020, 22 février 202, 16 janvier 2021 et 4 septembre 2021, sont rejetées ainsi que les conclusions à fin d'annulation de la décision référencée " 48SI " du 4 avril 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité du permis de conduire de M. B pour solde de points nul.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Les conclusions accessoires à fin d'injonction doivent être rejetées par voie de conséquence du rejet des conclusions principales tendant à l'annulation des décisions en litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.
La magistrate désignée,
D. ALa greffière,
L. Bourechak
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2203692
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026