mardi 10 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2203732 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP FAYOL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 juin 2022, le 8 décembre 2022 et le 15 juin 2023, Mme E B, représentée par la SCP Fayol et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté n°2022C-A168 du 26 avril 2022 par lequel le président du centre communal d'action sociale de Valence l'a révoquée de ses fonctions à compter du 25 juin 2022 ;
2°) d'enjoindre au président du centre communal d'action sociale de Valence, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, de la réintégrer sans délai dans ses fonctions et de reconstituer sa carrière ;
3°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de Valence une somme de 4 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure, eu égard à l'irrégularité de l'avis du conseil de discipline tenant à la partialité de l'un de ses membres ;
- la matérialité des faits reprochés n'est pas établie ;
- les motifs de la décision sont entachés d'erreur dans la qualification juridique des faits ;
- la sanction est disproportionnée par rapport aux faits reprochés.
Par des mémoires enregistrés le 28 octobre 2022, le 10 janvier 2023 et le 19 juillet 2023 (ce dernier non communiqué), le centre communal d'action sociale de Valence conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au motif que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 septembre 2023 :
- le rapport de Mme Frapolli,
- les conclusions de M. D,
- les observations de Me Blanc, représentant Mme B,
- et les observations de Me Garaudet, représentant le centre communal d'action sociale de Valence.
Vu les notes en délibéré produites par les parties le 29 septembre 2023 et le 3 octobre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, agent social principal de 1ère classe, était employée par le centre communal d'action sociale (CCAS) de Valence depuis 1988 en qualité d'agent d'hébergement au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Marie-France Préault. Dans la présente instance, elle demande au Tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté susvisé du 26 avril 2022 par lequel le président du CCAS de Valence l'a révoquée de ses fonctions.
Sur les conclusions à fin d'annulation:
Sans qu'il soit besoin de se prononcer sur tous les moyens de la requête ;
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 532-5 du code général de la fonction publique: " Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe de l'échelle des sanctions de l'article L. 533-1 ne peut être prononcée à l'encontre d'un fonctionnaire sans consultation préalable de l'organisme siégeant en conseil de discipline au sein duquel le personnel est représenté. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme G C (A) a siégé en qualité de représentante du personnel au sein du conseil de discipline réuni le 13 avril 2022 qui a émis un avis favorable à la révocation de Mme B. Or cette dernière fait valoir, plusieurs photographies extraites des réseaux sociaux à l'appui, que Mme C entretient des liens amicaux avec Mme F, agent également affecté à l'EHPAD Marie-France Préault et contre laquelle une sanction disciplinaire avait été envisagée en septembre 2019 en raison des faits de harcèlement moral dont l'accusaient deux agents du service, parmi lesquels Mme B. En se bornant à soutenir que Mme C n'était plus affectée au CCAS depuis 2010, date à laquelle elle a rejoint les effectifs de la commune de Valence, le CCAS n'établit pas qu'elle n'aurait eu aucune influence sur les autres membres du conseil de discipline alors qu'étaient en débat les agissements d'un agent en conflit ouvert avec l'une de ses connaissances, avec laquelle elle était encore très proche au moins jusqu'à juin 2020. Par ailleurs et contrairement à ce que soutient le CCAS, il ne saurait être reproché à l'agent poursuivi, qui découvre en séance la composition du conseil de discipline, son abstention à demander le déport de l'un de ses membres. Dans ces circonstances, la délibération du conseil de discipline n'a pas offert les garanties d'impartialité requises pour qu'elle put être tenue pour régulière.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code général de la fonction publique : " L'agent public ne peut exercer, à titre professionnel, une activité privée lucrative de quelque nature que ce soit sous réserve des dispositions des articles L. 123-2 à L. 123-8. () ". Aux termes de l'article L. 123-7 de ce code : " L'agent public peut être autorisé par l'autorité hiérarchique dont il relève à exercer une activité à titre accessoire, lucrative ou non, auprès d'une personne ou d'un organisme public ou privé. () ".
5. La révocation en litige a été prise au motif que Mme B aurait exercé à titre professionnel une activité privée lucrative alors qu'elle était en congé de maladie.
6. Toutefois, s'il est constant que Mme B se rendait fréquemment auprès d'une personne âgée de sa connaissance, ni le rapport d'agence de recherches privées engagée par la collectivité, ni le procès-verbal de constat d'huissier des 12, 14, 18 et 19 janvier 2022, ni au demeurant les témoignages produits par la collectivité en défense n'établissent le caractère lucratif des visites de Mme B. Dès, lors, cette dernière est fondée à soutenir que les faits fondant la décision en litige ne sont pas matériellement établis.
7. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté susvisé du 26 avril 2022 par lequel le président du centre communal d'action sociale de Valence a révoqué Mme B de ses fonctions à compter du 25 juin 2022 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement, en vertu de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que le centre communal d'action sociale de Valence réintègre Mme B dans ses effectifs et reconstitue sa carrière dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de Valence une somme de 1 500 euros à verser à Mme B. Les conclusions présentées par le centre communal d'action sociale de Valence, partie perdante, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté n°2022C-A168 du 26 avril 2022 par lequel le président du centre communal d'action sociale de Valence a révoqué Mme B de ses fonctions à compter du 25 juin 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au président du centre communal d'action sociale de Valence de réintégrer Mme B dans ses effectifs et de reconstituer sa carrière dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Article 3: Le centre communal d'action sociale de Valence versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5: Le présent jugement sera notifié à Mme E B et au centre communal d'action sociale de Valence.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, premier conseiller,
Mme Fourcade, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.
Le rapporteur,
I. FRAPOLLI
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 220373
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026